Wednesday, July 02, 2008

LES RACINES DE LA PAUVRETE EN AFRIQUE


La finance contre les peuples africains: L'Afrique trahie

par Damien Millet

Source : L’Afrique sans dette, CADTM / Syllepse 2005

URL: http://www.cadtm.org

Les dirigeants des pays d'Afrique, quand bien même ils ont été élus, sont avant tout les « poulains » des multinationales et de la finance mondialisée. Ces pays sont ainsi dirigés par ceux qui ont su s'allier telle grande puissance, tel réseau mafieux, telle grande entreprise stratégique. La Françafrique, analysée au scalpel par François-Xavier Verschave et l'association Survie |1|, a ses bons élèves qui multiplient les décennies au pouvoir et servent les intérêts de ceux qui leur ont permis d'être aussi haut placés : Blaise Compaoré au Burkina Faso (le tombeur de Thomas Sankara), Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou Nguesso au Congo (le tombeur de Marien Ngouabi), Eyadema Gnassingbé au Togo |2| (le tombeur de Sylvanus Olympio), Omar Bongo au Gabon, Idriss Déby au Tchad ou encore Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie. Ce réseau d'intérêts peu avouables se renforce avec quelques nouveaux venus, par exemple François Bozizé en République centrafricaine, Joseph Kabila en RDC ou Mohammed VI au Maroc. D'autres dirigeants sont sous contrôle des États-Unis, comme Paul Kagamé au Rwanda, Yoweri Museveni en Ouganda, Olusegun Obasanjo au Nigeria ou encore Marc Ravalomanana à Madagascar. Parfois ils savent se parer d'habits démocratiques mais des élections régulières et le multipartisme peuvent tout à fait être de simples alibis. Ce sont toujours les intérêts financiers qui pilotent derrière Abdoulaye Wade au Sénégal, Amadou Toumani Touré au Mali, Mamadou Tandja au Niger, John Kufuor au Ghana ou Thabo Mbeki en Afrique du Sud. Certains d'entre eux, comme Mwai Kibaki au Kenya ou Levy Mwanawasa en Zambie, parviennent à susciter un temps l'espoir d'une démarche nouvelle. Seules quelques voix discordantes, sans être pour autant des modèles, loin de là, se font vraiment entendre, comme Robert Mugabe au Zimbabwe, mis au ban des nations pour avoir cautionné l'expropriation forcée des vastes propriétés agricoles des Blancs. D'une manière générale, nombreux sont ceux parmi les puissants qui déclarent aimer l'Afrique, la soutenir, l'aider, c'est très à la mode. Mais ne nous y fions pas, car au fond, les peuples africains ont été trahis : par les grandes puissances du Nord qui imposent toujours des mesures qui servent leurs intérêts géopolitiques et commerciaux ; par des classes dirigeantes africaines qui ont fait le choix de piétiner le développement humain des populations pour favoriser leur propre pouvoir et la volonté de leurs mentors. Financière, commerciale, environnementale, humaine, détaillons cette trahison aux multiples facettes.

Un discours officiel mensonger

Le citoyen peu curieux, qui n’a accès qu’aux informations superficielles des médias contrôlés par de puissants groupes de presse, est persuadé que la santé économique des pays du Sud s’améliore. A en croire la Banque mondiale, la pauvreté décroît à toute allure. A en croire les gouvernements des pays industrialisés, la générosité inonde le monde et l’aide offerte aux pays pauvres est remarquable et salutaire. A en croire le FMI, la croissance mondiale est illimitée et les pays du Sud vont exporter de plus en plus de produits tropicaux à des prix de plus en plus intéressants. Mensonges ! Sous cette partie émergée et biaisée, l’iceberg de la dette et de la pauvreté demeure, massif. La trahison médiatique est bien résumée par un article de Michael Holman dans le très libéral Financial Times : « L’égoïsme et l’autosatisfaction des gouvernements occidentaux, des dispensateurs d’aide et des âmes charitables cachent à la fois la gravité de la crise et l’inefficacité des politiques mises en œuvre pour arrêter le déclin du continent. [...] Quel crédit accorder aux chiffres de la Banque mondiale concernant le Mali, le Malawi ou le Mozambique, qu’il s’agisse du nombre de postes de radio pour 1 000 habitants ou du taux d’alphabétisation ? Ils reposent souvent sur des extrapolations vieilles de plusieurs décennies ! [...] La situation de l’Afrique s’est, j’en suis convaincu, détériorée, mais les conditions dans lesquelles travaillent les journalistes, les diplomates et les bailleurs de fonds se sont sans nul doute améliorées. Les avions sont plus confortables, les ordinateurs et les téléphones satellitaires facilitent les communications, les véhicules à quatre roues motrices sont plus fiables et les hôtels plus attentifs à nos besoins. Mais ce confort accru, justement, est trompeur. Si vous observez l’Afrique à partir de ce cocon, vous pouvez très bien avoir l’impression que les choses vont mieux |3|. »

Les gouvernants de cette Afrique dominée et mutilée ne font ainsi qu’exécuter les ordres de la finance internationale. Ils sont implicitement chargés de faire marcher droit leur peuple pour l’insérer dans la mondialisation néolibérale qui règne sans partage sur le monde depuis la chute du mur de Berlin à l’aube des années 1990. Les présidents élus démocratiquement n’échappent pas à la règle. Au Mali, par exemple, où les élections d’Alpha Oumar Konaré en 1992 puis d’Amadou Toumani Touré en 2002 ont été données en modèle à tout le continent, le constat dressé par l’ancienne ministre de la Culture de Konaré, Aminata Traoré, est limpide : « Si le droit de regard et de contrôle que les membres des sociétés civiles africaines voudraient exercer sur leurs dirigeants leur est contesté d’abord par les deux puissantes institutions de Bretton Woods, le torpillage au niveau local est laissé au soin des gouvernants |4|. »

Torpillage récompensé

La corruption est la récompense de ce torpillage. Les puissants tolèrent les détournements à cette fin. Ils les encouragent même, puisque les multinationales installées au Nord ont longtemps pu bénéficier de déductions d’impôts pour les sommes distribuées en dessous de table à des responsables étrangers |5|. La Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales n’existe que depuis novembre 1997, et n’est entrée en vigueur en France qu’en septembre 2000 |6|. Il fait guère de doute que le même mécanisme, devenu plus discret, existe toujours, continuant d’alimenter les campagnes électorales au Nord et les comptes secrets dans les paradis fiscaux.

Quel président d’un pays industrialisé ignorait que Mobutu était un dictateur corrompu ? Comment penser que le président de la Banque mondiale ou que le directeur général du FMI puisse ignorer que les peuples africains ne profitent en rien des richesses de leur pays ? Pourquoi les chefs d’État africains, dans leur grande majorité, perpétuent-ils le système actuel ? La corruption est-elle le facteur déterminant ? Pourquoi ne refusent-ils pas de rembourser la dette extérieure ? Comment un chef d’État digne de ce nom peut-il accepter de sacrifier à ce point le développement humain dans son pays si ce n’est justement parce qu’il y trouve son compte ?

A l’analyse, force est de constater que tout cela fait système. La dette, la pauvreté et la corruption sont imbriquées. La corruption n’est pas juste un délit commis par quelques brebis égarées dont il suffirait de se débarrasser. Elle est inhérente au système tel qu’il est devenu, qui conduit naturellement à l’accumulation de capitaux par les classes dirigeantes des pays du Sud, puis à leur évaporation en direction du Nord grâce à l’ingénierie des experts financiers et des banques privées. L’argent de la dette est un des principaux moteurs de cette pompe à finances si discrète, mais si efficace. Les dirigeants africains remboursent la dette parce qu’ils ont un intérêt personnel à ce que leur pays continue de rembourser. La corruption est l’huile qui permet au mécanisme de domination actuel de ne pas se gripper. La pauvreté en découle.

L’argument selon lequel l’annulation de la dette profiterait forcément aux dictateurs et aux corrompus en place ne sert qu’à protéger les corrompus : cette annulation couplée à des mesures drastiques de redistribution de la richesse permettrait de financer le développement sans recourir à l’endettement et, sous le strict contrôle des populations locales, de leurs organisations et de leurs parlements, permettrait enfin de lutter efficacement contre la corruption puisqu’elle en couperait le moteur principal. Et, en arrêtant l’hémorragie de capitaux, on lutterait beaucoup plus efficacement contre la pauvreté qu’en instituant des programmes d’aide qui sont juste palliatifs puisqu’ils ne remettent pas en cause les mécanismes qui génèrent la pauvreté.

Corruption, avantage comparatif nigérian…

Quelques chiffres et quelques exemples permettent de mieux appréhender le phénomène. Selon l’ONG Transparency International dans un rapport publié en juillet 2003, « pour le seul continent africain, l’étendue de la corruption se traduit par une ponction de 148 milliards de dollars par an sur l’ensemble de l’économie |7| ». C’est ainsi qu’un tiers du revenu moyen des Kenyans passe dans des dépenses liées à la corruption.

Le cas du Nigeria est emblématique. Premier producteur de pétrole africain, il a été dirigé entre 1993 et 1998 par un dictateur nommé Sani Abacha. Quand il était au pouvoir, Abacha exigeait notamment, lors de la passation des marchés publics, des commissions qui étaient versées sur les comptes d’hommes d’affaires complices à qui il demandait ensuite des versements ou des achats en sa faveur. La lumière se fait peu à peu. La société allemande Ferrostaal est suspectée d’avoir participé au système organisé par Abacha, tout comme la française Dumez, devenue filiale de la multinationale Vinci, qui aurait versé environ 8 millions de dollars. La multinationale états-unienne Halliburton, anciennement dirigée par Dick Cheney (vice-président de George W. Bush) et impliquée dans la reconstruction de l’Irak en 2004, est également soupçonnée de pots-de-vin au profit d’Abacha. Le montant des détournements d’Abacha pendant son passage au pouvoir est estimé à 5 milliards de dollars. Depuis son décès en 1998, des enquêtes ont été diligentées à la demande des autorités nigérianes. En septembre 2000, les autorités suisses ont miraculeusement retrouvé la trace d’environ 700 millions de dollars appartenant à Abacha, qu’elles ont accepté de rendre au Nigeria en plusieurs fois. En même temps, elles ont reconnu un « comportement défaillant » pour 12 banques dont le Crédit suisse et le Crédit Agricole Indosuez |8|. Les autorités britanniques, qui ont reconnu que leurs banques abritaient au moins 1,3 milliard de dollars, refusent pour l’instant de rendre l’argent à son véritable propriétaire : le peuple nigérian. Les sommes effectivement rendues pour le moment par le Royaume-Uni sont dérisoires.

Selon la Commission nigériane de lutte contre les crimes économiques et financiers, l’argent public détourné au Nigeria (y compris les rétro-commissions |9|) et placé à l’étranger est estimé à 170 milliards de dollars |10|. Mais il ne faut pas croire que ceci fut l’apanage du temps d’Abacha. Par exemple, la justice nigériane suspecte la multinationale française Sagem d’avoir versé près d’un million de dollars à sept hauts responsables nigérians en 2001 pour obtenir le marché des cartes d’identité infalsifiables, estimé à 214 millions de dollars.

Ailleurs les exemples ne sont pas vraiment différents… Dans le petit État du Swaziland, où la situation alimentaire est très précaire, le roi Mswati III a dépensé 1,2 million d’euros pour les cérémonies liées à son anniversaire ; il s’est offert la voiture la plus chère du monde, construite par DaimlerChrysler et vendue 500 000 dollars sans compter les accessoires, et a offert une BMW à dix de ses épouses. Cette seule dépense a représenté l’équivalent du salaire journalier de l’ensemble de la population active |11|. De Frederick Chiluba, ancien syndicaliste et ancien président zambien poursuivi par la justice de son pays pour des détournements, à Teodoro Nguema Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et ministre d’État chargé des Infrastructures et des Forêts, qui s’est offert la première Rolls Royce du pays, les proches du pouvoir n’hésitent pas à profiter de leur situation pour s’accaparer les richesses de leur pays.

Hémorragie

On pourrait croire que la misère régnant en Afrique peut s’expliquer par le fait qu’elle ne produit pas suffisamment de richesses. Ce n’est absolument pas le cas. Ces richesses existent, mais elles ne restent pas sur le continent noir, elles le quittent sans lui profiter. On estime qu’en 1999, 70 % de la fortune privée nigériane était investie à l’étranger |12|. Selon l’UNECA, la fuite des capitaux est équivalente au PIB de l’Afrique subsaharienne et directement liée à la dette : « D’après des données récentes pour 30 pays, la fuite des capitaux au cours des 27 dernières années [1970-1996] a été d’environ 187 milliards de dollars. La fuite cumulée des capitaux, y compris les intérêts imputés, représentait à la fin de 1996 près de 274 milliards de dollars. L’Angola, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et la République démocratique du Congo ont enregistré les fuites de capitaux les plus élevées. [...] D’après les données disponibles, pour chaque dollar emprunté par l’Afrique, près de 80 cents rejoignent la même année les capitaux en fuite, ce qui donne à penser que la dette alimente la fuite des capitaux. De plus, cette fuite augmente chaque année d’environ trois cents pour chaque dollar qui vient s’ajouter au montant de la dette extérieure. On peut en conclure que les pays africains ne bénéficieront à long terme des stratégies d’allégement de la dette, que si celles-ci sont accompagnées de mesures visant à éviter un nouveau cycle d’emprunts à l’étranger et de fuite des capitaux |13|. » Le montant total des capitaux d’origine africaine placés à l’étranger est donc supérieur à la dette extérieure de l’Afrique, estimée par la Banque mondiale à 220 milliards de dollars en 2003 |14|. Cela signifie d’un point de vue global que l’Afrique est créancière vis-à-vis du reste du monde ! C’est un comble pour le continent le plus pauvre, mais finalement l’aboutissement de la logique du capitalisme auquel on a laissé la bride sur le cou…

La fortune privée africaine est colossale à l’échelle du continent. Selon le Rapport sur la richesse dans le monde 2004 |15| des sociétés financières Merrill Lynch et Cap Gemini, sur les 7,7 millions de millionnaires en dollars que comptait le monde en 2003, 100 000 sont de riches Africains et le montant total de leurs actifs financiers est estimé à 600 milliards de dollars. C’est le triple de la dette extérieure publique africaine. Un impôt exceptionnel sur cette fortune serait parfaitement complémentaire de l’annulation totale de la dette extérieure publique…

Le schéma est donc en réalité le suivant : par l’exploitation de leurs compatriotes et des ressources naturelles du continent, une faible minorité d’Africains s’enrichit et place son argent au Nord. Les économistes du monde entier ont alors beau jeu de déplorer l’épargne insuffisante sur le continent, ce qui empêche tout développement financé par l’Afrique elle-même. Le recours qu’ils proposent est alors l’endettement extérieur, qu’ils érigent en mécanisme central de financement pour l’Afrique. Bien sûr, le remboursement de cette dette extérieure devient ensuite une priorité pour les créanciers dont les intérêts sont défendus par le FMI et la Banque mondiale. Quand un pays est sous contrôle du FMI, les investisseurs internationaux (parmi lesquels les riches Africains) acceptent alors de lui prêter. Par leur travail de chaque jour, les populations permettent à l’État de rembourser, participant alors à l’enrichissement des créanciers et à l’accélération de la paupérisation sur place. Pour lutter contre la pauvreté, les experts autoproclamés, Banque mondiale et FMI en tête, font donc totalement fausse route, puisqu’ils cherchent à financer le développement en Afrique avec des capitaux étrangers, parmi lesquels ceux captés par les élites africaines et placés à l’étranger. La seule solution juste pour le développement de l’Afrique est une véritable redistribution des richesses produites sur le continent. L’hémorragie de capitaux actuelle constitue bien une trahison financière de l’Afrique par les riches Africains.

Une baisse irrégulière des cours
La trahison commerciale, quant à elle, s’illustre par des règles commerciales inégales et des cours des matières premières très bas. La tendance à la baisse a été accentuée par les programmes d’ajustement structurel, qui ont accru la vulnérabilité économique, notamment en démantelant les systèmes de protection de l’économie locale et de régulation des cours. Selon la Cnuced : « Le libre-jeu des forces du marché associé à la libéralisation et à la déréglementation des prix a été promu en tant que mécanisme garantissant la répartition la plus efficace des ressources et des gains socioéconomiques. Le concept de stabilisation internationale des prix des produits de base a ainsi été sévèrement battu en brèche |16|. »

C’est ainsi qu’entre 1997, année de la grave crise économique survenue en Asie du Sud-Est, et 2001, les cours ont chuté en moyenne « de 53 % en valeur réelle [...]. Cela signifie que les produits de base ont perdu plus de la moitié de leur pouvoir d’achat par rapport aux articles manufacturés |17| ». Les chiffres de la Cnuced permettent d’ailleurs d’affirmer que l’Afrique subsaharienne est particulièrement dépendante de ces produits de base, fournissant 4,5 % des exportations mondiales de biens primaires, mais seulement 0,6 % de celles de biens manufacturés. L’instabilité des économies s’en trouve multipliée car les cours sur le marché mondial peuvent varier brutalement : « Pour l’Afrique plus que pour aucune autre région en développement, le fait de dépendre très largement des produits de base pour ses recettes d’exportation signifie que le continent demeure vulnérable aux aléas du marché et aux conditions météorologiques. L’instabilité des prix, principalement due à des variations brutales de la production et de l’offre, la baisse séculaire des prix réels des produits de base et son corollaire, la dégradation des termes de l’échange, ont été lourds de conséquences en termes de manque à gagner, d’endettement, d’investissement, de pauvreté et de développement |18|. » Les risques sont encore plus grands avec la spéculation financière qui s’est récemment déchaînée sur les marchés des matières premières : en effet, « en deux ans le poids des fonds communs de placement américains qui investissent sur les index des matières premières a été multiplié par vingt |19| »…

Un arabica très noir

Prenons l’exemple du café, production très importante en Afrique de l’Est. L’analyse dressée par Radio France Internationale (RFI) est éclairante sur l’abandon des producteurs de café suite à la libéralisation économique exigée par les institutions internationales et les dirigeants des pays les plus industrialisés : « Les prix du café à leur plus haut niveau depuis trois ans au mois de juin dernier. C’est le constat du Directeur exécutif de l’Organisation internationale du café Nestor Osorio dans son rapport mensuel. Les producteurs pourraient crier victoire et sabrer le champagne si les prix ne venaient pas de si bas. Il y a trois ans, les cours mondiaux du café étaient en effet à leur plus bas niveau historique et semaient la désolation dans les plantations en Afrique comme en Asie ou en Amérique latine. Depuis, le redressement est certain. Mais il est insuffisant pour garantir à tous les planteurs un revenu décent. Les seuls à s’en tirer correctement sont les grands torréfacteurs dont la part du gâteau n’a cessé de grossir. Depuis 1989 et la fin des accords internationaux qui limitaient les quantités exportables et stabilisaient les cours, la part du prix du café qui revient aux planteurs n’a cessé de décroître au profit des mammouths de la torréfaction, les Nestlé, Kraft, Sara Lee. Depuis quinze ans, il y a donc un transfert de richesses des pays producteurs, des pays du tiers monde vers les pays industrialisés. Pourtant, les mesures proposées par la communauté internationale pour y remédier sont homéopathiques. On essaie ici ou là d’apprendre à des paysans analphabètes comment spéculer sur le marché mondial. Ailleurs, on les pousse à abandonner le café pour des cultures aux débouchés des plus incertains. Il est admis que rien ne peut être fait qui aurait un impact immédiat et permettrait un redressement des cours. C’est la résignation générale. Les politiques ont oublié le mot volonté |20|. »

What ? Ouate…

En plus du cours des matières premières dérisoirement bas, des règles injustes sont imposées par les grandes puissances commerciales. Certaines sont dues à l’action de l’OMC, créée en 1995, qui impose partout où elle le peut des politiques de dérégulation économique forcenée, privant les pays en développement des quelques outils de protection de leur économie (comme par exemple les caisses de stabilisation des prix de certaines matières premières) qu’ils étaient parvenus à mettre en place. Les autres découlent de décisions unilatérales prises par les pays riches, qui subventionnent massivement leur agriculture (environ 300 milliards de dollars par an) et qui interdisent aux pays pauvres de faire de même. Toutes ces règles iniques ont été d’ailleurs dénoncées avec force lors du sommet de Cancun (Mexique) en septembre 2003, provoquant son échec.

Regardons l’exemple du coton, qui, pour plus de 10 millions de personnes en Afrique de l’Ouest, est la principale ressource de subsistance. Quatre pays africains dépendants de leur production de coton (Mali, Burkina Faso, Tchad, Bénin) ont décidé de prendre l’offensive dans ce secteur en dénonçant auprès de l’OMC les subventions des États-Unis et de l’Union européenne à leurs producteurs.

Le coton africain coûte moins cher à produire que le coton des États-Unis. A priori, on pourrait penser que le coton africain s’impose sur le marché mondial libéralisé et que le secteur du coton états-unien souffre… Mais près de quatre milliards de dollars de subventions annuelles de la part du gouvernement des États-Unis à ses producteurs (sans compter les subventions européennes aux planteurs espagnols et grecs, de l’ordre d’un milliard de dollars) ont maintenu les cours du coton artificiellement bas, et le coton africain, de haute qualité, doit être bradé... En 2002, le Brésil a porté plainte contre les États-Unis devant l’Organe de règlement des différends (ORD), sorte de tribunal de l’OMC. Le 18 juin 2004, l’ORD a jugé les subventions états-uniennes au coton illégales, et les États-Unis ont encore perdu en appel en mars 2005. Le risque est grand que la solution qui en sortira soit négociée entre le Brésil et les États-Unis, sans que les pays africains ne puissent peser dessus puisqu’ils ne sont que participants tiers dans le cadre de cette plainte.

Selon la Cnuced, « la perte de parts de marché pour le coton et le sucre est largement due au niveau élevé des subventions et du soutien interne accordés à des producteurs moins concurrentiels aux États-Unis et en Europe. Les États-Unis sont le premier exportateur mondial de coton du fait de l’ampleur considérable des subventions versées, qui s’élevaient à 3,9 milliards de dollars en 2001-2002, soit un montant qui était le double de celui atteint en 1992 et qui dépassait de 1 milliard de dollars la valeur de la production totale de coton des États-Unis pour la campagne considérée sur la base des prix mondiaux. Toutefois, selon les estimations du Comité consultatif international du coton (CCIC), le coût de production d’une livre de coton est de 0,21 dollar au Burkina Faso contre 0,73 dollar aux États-Unis. Il s’ensuit que les prix sur le marché auraient pu être supérieurs de 70 % environ en l’absence de soutien public de l’industrie du coton en 2001-2002. […] La Banque mondiale estime qu’en 2002 le prix du coton sur le marché mondial aurait été de plus de 25 % supérieur sans les aides directes versées par les États-Unis à leurs producteurs nationaux. En outre, de nombreuses estimations indiquent qu’en 2002 les subventions versées par les États-Unis et l’UE à leurs producteurs de coton ont causé un manque à gagner d’environ 300 millions de dollars pour l’Afrique dans son ensemble, soit davantage que l’allégement total de la dette (230 millions de dollars) de neuf pays exportateurs de coton très endettés d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, approuvé cette même année par la Banque mondiale et le FMI |21|. » Le coton des 25 000 gros planteurs des États-Unis est donc subventionné à plus de 100 %, pendant que les pays africains producteurs d’or blanc s’enfoncent dans la misère…

Des marchés inaccessibles

Toujours dans son rapport 2003 sur Le développement économique en Afrique, la Cnuced évoque le problème de l’accès des produits africains aux marchés du Nord. Elle note que le système en place favorise l’exportation par le Sud de produits bruts, non transformés, le privant ainsi de la majeure partie de la valeur ajoutée. Là aussi, les règles élaborées profitent aux grandes entités commerciales du Nord : « L’accès aux marchés demeure problématique [...]. Pour ce qui est du cacao, les droits de douane frappant les produits bruts, intermédiaires et [finis] sont, respectivement, de 0,5 %, 9,7 % et 30,6 % dans l’UE, et de 0 %, 0,2 % et 15,3 % aux États-Unis. [...] Le prix payé par le consommateur final est « déconnecté » du prix perçu par le producteur du fait de l’ampleur des marges de profit des intermédiaires aux étapes supérieures de la chaîne de valeur. [...] Tandis que les producteurs africains voyaient leurs revenus diminuer, les entreprises et les négociants situés aux maillons supérieurs de la chaîne de valeur engrangeaient d’appréciables bénéfices. Selon l’Organisation internationale du café (COI), par exemple, au début des années 90, les recettes des pays producteurs de café étaient comprises entre 10 et 12 milliards de dollars, tandis que la valeur des ventes au détail était d’environ 30 milliards de dollars. Aujourd’hui, cette valeur est de 70 milliards de dollars, dont les producteurs ne perçoivent que 5,5 milliards. [...] Une analyse de la chaîne de valeur du marché du café révèle que, depuis 1985, les agents économiques situés dans les pays importateurs accaparent une proportion croissante des revenus totaux de la chaîne. La répartition asymétrique du pouvoir dans cette chaîne de valeur explique l’inégalité de la répartition de ces revenus |22|. »

Le caractère systémique du problème est alors identifié : « En ce qui concerne les pays africains, pour lesquels les exportations de produits de base représentent bien au-delà de 70 % de leurs recettes en devises, le problème est devenu essentiellement un problème de développement. [...] La persistance des problèmes posés par la dépendance à l’égard des produits de base au cours des trois dernières décennies montre que les marchés n’ont pas été capables de résoudre ces problèmes et qu’il ne faut pas compter qu’ils le puissent. On pourrait aussi avancer que l’appui limité de la communauté internationale aux systèmes traditionnels de soutien et de stabilisation des prix a été pour beaucoup dans cet échec. Il est donc grand temps que la communauté internationale s’attaque clairement au problème des produits de base dans tous ses aspects en explorant méthodiquement tous les moyens susceptibles d’être mis en œuvre pour le résoudre |23|. » Par exemple, en remettant en cause l’interdiction de toute forme de protectionnisme et en refusant la logique de dérégulation forcée de l’OMC…

Dans cette optique, il faut se méfier des demandes d’ouverture des marchés du Nord aux produits du Sud, qui finalement ne font qu’exiger encore plus de dérégulation pour l’économie mondiale. Le sommet de l’OMC à Cancun en septembre 2003 a échoué car des pays émergents (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud, etc.), regroupés au sein du fameux G20, ont exigé une ouverture commerciale pour leurs produits qu’ils n’ont pas obtenue. Mais cette revendication du G20 va dans le sens d’une plus grande libéralisation ! Au contraire, exiger la possibilité pour les pays du Sud de protéger leurs producteurs, notamment pour leur permettre d’approvisionner le marché national, ainsi que le marché régional dans le cadre d’accords économiques régionaux |24|, enclenche un processus inverse qui permet d’éviter l’impasse actuelle. Il est essentiel de faire valoir les complémentarités possibles entre les pays du continent d’une part, entre eux et les autres régions du monde d’autre part. Pourquoi ne pas imaginer des prix préférentiels pour des pays proches sur des produits particuliers, et des tarifs plus élevés envers les grandes puissances ?

OGM : Officiels garantis manipulables…

Un autre angle d’attaque des multinationales du Nord concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM) |25|. Depuis plusieurs années, le secteur des biotechnologies tente de promouvoir ses produits sur le continent africain. On connaît l’enjeu colossal des OGM, qui permettent à la société détentrice du brevet de revendre chaque année aux paysans les semences de la plante ainsi que les pesticides et herbicides chimiques auxquels elle résiste. La plante devient alors une éponge à produits chimiques nocifs, et le paysan n’a pas le droit de replanter des graines issues de la récolte précédente, seule la société qui a fait breveter l’OGM en question peut les lui fournir. Les agriculteurs et les consommateurs ne sont pas favorables à ce procédé qui soumet les uns à la rapacité des multinationales et expose les autres à des risques sanitaires qui ont été très insuffisamment étudiés. Mais les profits espérés sont tels pour le secteur des biotechnologies, la multinationale états-unienne Monsanto en tête, qu’il cherche à les introduire dans toutes les régions possibles. Une fois plantés, les OGM peuvent se répandre à des dizaines de kilomètres alentour et contaminer des plantes saines, empêchant par exemple toute agriculture biologique dans les environs. Une vraie traînée de poudre… En 2004, le soja, le maïs, le coton sont les plantes les plus concernées par les manipulations génétiques, et des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Argentine, la Chine (à un degré moindre le Brésil et l’Afrique du Sud) en sont devenus de grands producteurs. L’Union européenne a résisté, mais est sur le point de plier prochainement. L’offensive a eu lieu également en Afrique.

En 2002, suite à une période de famine en Afrique australe, les États-Unis ont proposé, via le Programme alimentaire mondial (PAM), une aide à six pays sous forme de maïs génétiquement modifié. Ils ont délibérément choisi un moment où ces pays étaient en position de faiblesse pour frapper fort. Le Swaziland, le Lesotho et le Malawi ont accepté ; le Mozambique et le Zimbabwe ont demandé de recevoir le maïs sous forme de farine pour qu’il soit impossible de le planter. Un seul pays a eu le courage de dire absolument non : la Zambie. Son président, Levy Mwanawasa, a choisi d’affirmer : « Nous préférons mourir de faim que de consommer quelque chose de toxique |26| ». Sa fermeté a payé puisqu’il a pu recevoir du maïs non-OGM ! Derrière l’argument sanitaire, il y avait aussi la volonté pour lui de rester présent sur le marché européen où un moratoire sur les OGM existait. Cette année-là également, le Bénin a décidé un moratoire de 5 ans sur les OGM. Pendant ce temps, Monsanto se permettait de financer des juristes africains pour qu’ils préparent des lois favorables aux OGM… Chacun fourbit ses armes pour le combat qui s’annonce.

En avril 2004, le Soudan, à son tour, a refusé l’aide alimentaire des États-Unis à cause de la présence d’OGM, et l’Angola a posé comme condition que les céréales soient moulues avant leur entrée, suscitant la colère des responsables du PAM. Le mois suivant, la Zambie réitérait son refus, arguant que les promoteurs des OGM devaient démontrer leur innocuité, ce qu’ils n’avaient pas fait. Mais le Nigeria a accepté de se lancer dans un projet biotechnologique, avec l’aide d’un prêt de 2,1 millions de dollars de la part des États-Unis |27|.

Les États-Unis ont alors repris leur offensive avec un nouvel allié sur le continent africain : le Burkina Faso |28|. Depuis 2003, Monsanto et la firme suisse Syngenta mènent des expériences de coton transgénique dans le pays dirigé par Blaise Compaoré. En juin 2004, les États-Unis ont organisé à Ouagadougou une « Conférence ministérielle inter-africaine sur l’exploitation de la science et de la technologie pour accroître la productivité agricole en Afrique », regroupant quinze pays d’Afrique de l’Ouest afin de les convaincre. Même s’ils se sont montrés prudents, les chefs d’États malien, ghanéen et nigérien se sont déclarés favorables aux OGM. Malgré des oppositions résolues au sein des mouvements sociaux, le ministre burkinabè de l’Agriculture, Salif Diallo, a même lancé : « Si nous devons manger les OGM et mourir dans 20 ans, on le fera |29| ». Le choix ainsi proposé entre famine et OGM est vicieux : il est tout à fait possible de lutter contre la faim en remédiant à l’inégalité de répartition de la production et en augmentant la productivité agricole en Afrique sans en passer par les biotechnologies. Le point fondamental est en fait celui de la souveraineté alimentaire. Au contraire, les OGM annoncent une nouvelle dépendance pour l’Afrique de l’Ouest, puisque les paysans ne peuvent pas utiliser librement les semences d’une récolte sur l’autre, et deviennent de ce fait totalement soumis à la firme qui les leur vend.

L’instrument pour obtenir cette dépendance supplémentaire est tout trouvé. Selon le sous-secrétaire d’État des États-Unis chargé de l’Agriculture à l’étranger, John Penn (qui était présent à Ouagadougou), « tout rejet de produits issus de la biotechnologie est une violation des règles de l’OMC |30| ». On voit d’autant mieux l’intérêt de mettre l’OMC hors d’état de nuire…

Migrer, pour échapper à la misère

Par ailleurs, l’horreur économique vécue par l’Afrique depuis les années 1980 a constitué pour les populations du Sud une profonde incitation à fuir : par nécessité, pour la survie même de familles entières. La preuve de la motivation économique de ces migrations est donnée par un chiffre de la Banque mondiale : celui des sommes envoyées chaque année par les migrants africains vers leur pays d’origine. En 2003, il s’élevait à 4,1 milliards de dollars, montant colossal pour tous ces travailleurs économisant patiemment chaque sou. Encore ce montant n’inclut-il que les transferts officiels via une entreprise de transfert de fonds, les transferts informels étant estimés supérieurs à ceux-ci. Selon la Banque mondiale en avril 2004, tous ces transferts des migrants sont devenus « une source majeure de financement externe du développement pour beaucoup de pays en développement |31| ». Contrairement à l’aide publique au développement (APD) qui inclut aussi bien les salaires des coopérants du Nord que les voyages et missions des experts, cette somme arrive intégralement sur place (si l’on soustrait tout de même les frais de transfert prélevés par des organismes comme Western Union, de l’ordre de 20 % du total pour de petites sommes et environ 8 % pour un montant de l’ordre de 400 euros).

Loin de favoriser la liberté de circulation et d’installation de ces migrants qui joue un rôle essentiel dans l’économie des pays du Sud, les pays du Nord, et en tout premier lieu ceux de l’Union européenne, ont mis en place des politiques d’immigration à la fois restrictives (contrôles aux frontières, répression) et utilitaristes. Il convenait en effet de choisir les « bons » étrangers : schématiquement, on favorise la venue au Nord des médecins, des ingénieurs et des informaticiens, on accepte même de financer une partie de leurs études supérieures si nécessaire (qu’on compte alors dans l’aide publique au développement, comme le font la France, l’Allemagne, l’Autriche et le Canada), mais on refuse fermement ceux qui n’ont que leurs bras et leur détresse à faire valoir. C’est ainsi que sur les 600 médecins formés en Zambie depuis l’indépendance en 1964, 50 seulement ont continué à exercer dans le pays. Dans le même ordre d’idées, il y a davantage de médecins malawites qui exercent dans la ville anglaise de Manchester qu’au Malawi même |32|. Seuls les cerveaux du Sud ont le droit de fuir.

Un rapport de l’Unesco publié en 2004 fut consacré à la fuite des compétences en Afrique : « d’une part les pays en développement, avec des ressources de plus en plus réduites forment des cadres qui vont aller travailler dans les pays développés, d’autre part les diplômés nationaux restés sur place sont confrontés au chômage alors que des projets, financés par des partenaires au développement, recrutent, à grands frais, des expatriés pour ces projets ! A titre d’exemple on peut évoquer la situation décrite, par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Burkina Faso, où 800 experts internationaux travaillent alors qu’un nombre plus élevé de nationaux diplômés sont au chômage |33|. »

Depuis 1992, les accords de coopération intègrent des clauses de contrôle des migrations par le pays du Sud lui-même, comme sa participation à la gestion des flux migratoires, des contrôles renforcés aux frontières, ou le principe de réadmission sur son territoire des citoyens de ce pays qui seraient tout de même parvenus en Europe. Une des portes de sortie d’Afrique vers l’Europe est la Libye. Depuis le revirement pro-occidental du colonel Kadhafi, l’Italie a incité l’Europe à lever son embargo sur les armes à destination de la Libye, ce qu’elle a obtenu le 11 octobre 2004, afin de pouvoir coopérer militairement |34|. L’Italie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont ensuite émis le souhait de créer en Libye des camps qui serviraient sans doute à sélectionner les Africains candidats à l’exil et à en bloquer le plus grand nombre avant leur traversée de la Méditerranée. Pour sa part, en 2004 toujours, la Libye a accepté de contrôler sévèrement ses frontières et de procéder au retour des migrants d’Afrique subsaharienne dans leur pays d’origine. Des charters vers l’Afrique subsaharienne ont été affrétés, rapatriant environ 40 000 clandestins en quelques mois |35|. L’Europe fait donc faire maintenant le travail de gardiennage à des pays africains. L’aide et la dette autorisent toutes les dérives. La dette, par l’hémorragie de capitaux qu’elle induit, constitue l’obstacle principal à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, et explique donc les flux migratoires de « réfugiés économiques » des pays en développement vers les pays les plus industrialisés.

Afin de remédier à ces profonds dysfonctionnements, les Nations unies ont rédigé une Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille |36|. Entrée en vigueur le 1er juillet 2003, elle a fait l’objet, en avril 2005, de 28 ratifications. Mais parmi ces 28 pays engagés pour la protection des migrants, ne figure aucun pays parmi les plus industrialisés |37|.

Trahison financière des riches Africains qui détournent des sommes considérables et les placent loin du continent, trahison commerciale des grandes puissances qui manipulent les cours des matières premières et qui imposent via l’OMC une dérégulation forcenée, trahison environnementale pour un Sud transformé en poubelle et désormais au coeur de la bataille des OGM promus avec vigueur par les multinationales de l’agro-business, trahison humaine à travers le sort réservé à des migrants qui tentent juste d’échapper à la misère, la liste est bien longue. Cette trahison multiforme des peuples africains est absolument constitutive de la situation actuelle du continent noir. Il est essentiel de mettre hors d’état de nuire ceux qui en portent la responsabilité.
Notes de bas de page:

|1| Voir www.survie-france.org

|2| Lors de la mascarade électorale de juin 2003, Jacques Chirac avait d’ailleurs félicité Eyadema pour sa réélection avant même la proclamation officielle des résultats…

|3| Cité par Jeune Afrique/L’Intelligent, 1er février 2004.

|4| Traoré Aminata, Le Viol de l’imaginaire, Actes Sud/Fayard, 2002.

|5| Voir Abramovici Pierre, « Les jeux dispendieux de la corruption mondiale », Le Monde diplomatique, novembre 2000.

|6| Voir le site de l’OCDE : www.oecd.org

|7| Cité par Libération, 4 juillet 2003.

|8| Le Monde, 6 septembre 2000.

|9| Commissions qui reviennent dans le pays où la société qui verse cette commission a son siège.

|10| Libération, 3 août 2004.

|11| Jeune Afrique/L’Intelligent, 17 avril 2005.

|12| Jeune Afrique/L’Intelligent, 25 juillet 2004.

|13| UNECA, Rapport économique sur l’Afrique 2003. Voir aussi : Boyce James K., Ndikumana Léonce, Is Africa a Net Creditor ? : New Estimates of Capital Flight from Severely Indebted Sub-Saharan African Countries, 1970-1996, Working Papers from Political Economy Research Institute, University of Massachusetts, 2000, www.umass.edu

|14| Banque mondiale, Global Development Finance 2004.

|15| www.ml.com

|16| Cnuced, Le développement économique en Afrique. Résultats commerciaux et dépendance à l’égard des produits de base, 2003.

|17| Cnuced, op. cit.

|18| Cnuced, op. cit.

|19| Chiffre donné par la banque Barclays à Londres et cité par RFI, 12 janvier 2005.

|20| RFI, Chronique des matières premières, 19 juillet 2004.

|21| Cnuced, op. cit.

|22| Cnuced, op. cit.

|23| Cnuced, op. cit.

|24| Comme l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), etc.

|25| Voir www.infogm.org

|26| Libération, 22 août 2002.

|27| Voir www.ictsd.org

|28| Voir www.ictsd.org

|29| Dépêche AFP, « Conférence sur les OGM à Ouagadougou : le gouvernement américain "satisfait" », 24 juin 2004, voir www.agripress.be

|30| Dépêche AFP, ibid.

|31| Banque mondiale, Global Development Finance 2004.

|32| Le Gri-gri international, 9 décembre 2004.

|33| Unesco, La fuite des compétences en Afrique francophone. État des lieux, problèmes et approches de solutions, 2004.

|34| RFI, 12 octobre 2004, www.rfi.fr

|35| Jeune Afrique/L’Intelligent, 24 octobre 2004.

|36| Voir www.unhchr.ch

|37| Voir www.december18.net

Friday, June 27, 2008

How the coffee trade is killing coffee farmers and enriching coffee multinationals, traders & retailers...

As westerners revel in designer lattes and cappuccinos, impoverished Ethiopian coffee growers suffer the bitter taste of injustice. In this eye-opening expose of the multi-billion dollar industry, Black Gold traces one man's fight for a fair price.

Millions of coffee farmers worldwide are literally dying in poverty following a crash in coffee prices on the world market, reaching their lowest level in a century in 2001. Cynically, however, meanwhile coffee traders, multinationals and retailers are generating millions in profits every year from coffee sales worldwide...

This heartbreaking but excellent documentary is a must see for anyone who is concerned and not indifferent to the extreme poverty, misery and suffering of millions of coffee farmers around the world. ( click on the title above for the link to view the entire video )

Inaction stemming from indifference is worse than inaction rooted in ignorance...

The world is now too small for anything but Truth and Justice.

For more info on the video:
www.blackgoldmovie.com

Wednesday, June 18, 2008

The Impact of the coffee crisis on coffee producers


Please find below a copy of the reports submitted by coffee producing countries to the ICO
on the effects of the crash in coffee prices.

TEXT OF ICO LETTER SENT TO REPRESENTATIVES OF COFFEE PRODUCING COUNTRIES

14 July 2003

In my submission to the G-8 Summit in June 2003 I explained that the current
situation of extremely low levels of coffee prices which has lasted now some three years has
led to great social and economic hardship in coffee producing countries.

In order to provide the greatest possible evidence of the effects of the coffee crisis
I am writing to ask you to send me a brief description of the impact of the crisis in your
country particularly with respect to poverty as well as on the development process.

I am sure you are aware that all United Nations’ Members agreed in September 2000
on a series of millennium development goals setting targets for the reduction of poverty and
the improvement of global living standards.

Sadly the evidence I have indicates that the situation of the world coffee market poses
a real impediment to attaining these goals. In consequence I believe that additional support
for action to deal with the coffee crisis could be mobilized if a clear picture could be
presented on its impact on individual producing countries. If you could provide me with an
approximately two page summary of the effects of the coffee crisis related to poverty in your
country it might be very helpful to secure appropriate support for relevant action.
It would be most helpful if you could reply to this request by 15 August 2003.

Yours sincerely,
(signed) Néstor Osorio
Executive Director
ICO

SUMMARY OF RESPONSES FROM COFFEE PRODUCING COUNTRIES

CAMEROON

Scale

Two million people are dependent on coffee in a population of 15 million.
Income. Low prices have contributed to reducing production from high levels in the 1980s and 1970s of 124,000 tonnes of Robusta and 31,000 tonnes of Arabica to the present totals of
32,000 tonnes and 5,600 tonnes respectively.

Employment

Many agricultural workers have lost their jobs.

Social

In view of the above many young workers have migrated to the cities which are seeing
increased crime rates. In rural areas less money is available for health care and education,
leading to reduced life expectancy and reduction of educational levels.

CENTRAL AFRICAN REPUBLIC

Income

Faced with low income from coffee many small producers have abandoned their farms;
others have turned to food crops, reducing the country’s foreign exchange earning capacity.
Especially as the country is landlocked, coffee is uncompetitive at present prices.

Employment

Many traders have left the sector and many rural workers have lost their jobs.

Social

There has been a widespread migration of young people from the country to the towns.
Farmers are leaving coffee growing and are bereft of cash earnings to pay for education,
health care, clothing and construction. Poverty has increased substantially.

Other effects

Those producers who continue are reducing the care given to their coffee trees, with a
consequent drop in quality.

COLOMBIA

Scale

The coffee industry has been the principal motor of Colombian economic and social
development. For many years coffee was the principal contributor to export earnings and,
though its share in total exports revenue has declined, it contributed almost US$890 million
in 2003, about 7% of export income.

As the world’s second largest producer with 11.6 million bags in 2002, the coffee culture has
assisted in the creation of an economic and social infrastructure within its area of about
800,000 hectares and its area of influence extends to some 3.6 million hectares.

There are 566,000 coffee growers and there are currently some 480,000 families who are
directly dependent on coffee production.

Income

In this sense, coffee, including activities related to its cultivation and processing, is still one
of the major industries and the first agricultural export item in the country. The average share
in the gross domestic product (GDP) and in total agricultural and industrial production during
the last six years accounted for an average of 1% of GDP and 10% percent of the total
production of both the agricultural and industrial sectors.

However, at a national level, low international prices have reduced coffee contribution to the
total economic activity, from 5.3% to 1.3% of GDP during the period 1990 to 2002. Exports
earnings have decrease by US$1.5 billion between 1999 to 2002 due to fall in international
prices.

Additionally, as measured by the real value of the coffee crop, the coffee sector’s income has
fallen by 50% during the last decade, from US$ 1.5 billion to US$737 million last year.

Employment

The coffee industry provides direct employment for some 530,000 people, accounting for
30% of total rural employment. An additional 2 million people are directly and indirectly
dependent on the coffee industry.

Notwithstanding, if the crisis continues the National Federation of Coffee Growers
estimates that approximately 100,000 more people may lose their jobs in the sector.

Social

Given its role as a major source of employment in the rural sector, coffee continues to be
indispensable. Coffee has been a major influence in regional development. It has assisted in
the creation of an economic infrastructure and a social safety net.

As a result of the international crisis in the coffee sector, coffee producers’ welfare has been
severely affected, and there has been a high human cost. According to the research centre
Crece (2003), due to the reduced profitability of the coffee sector it is estimated that the
number of households in coffee growing areas living under the poverty line rose from 54.2%
to 61% between 1997 and 2000.

Coffee growers have become poorer with an increase in sub-standard living conditions and
some have been unable to pay for their children’s education. There has been an increase in
levels of malnutrition.

Other effects

There has been increased migration to urban centres, especially young people. Some farmers
in marginal regions are also replacing coffee by illicit crops, grassland or abandoning
plantations

COSTA RICA

Scale

In a population of 3.9 million in 1999/2000 there were some 73,700 registered coffee
producers, a figure which dropped to 70,500 by 2001/2002, as a result of the crisis.

Income

Since costs of production are not currently covered by prices received farmers have reduced
plantation care or abandoned coffee.

Employment

Job losses in the coffee sector are estimated at 10,000.

Social

In the Brunca region, one of the main coffee areas, homes classified as in extreme poverty
(per capita income below the cost of the basic food basket) represented 11.8% of the total
in 1998. In 2002 this had risen to 13.1%. The national figures were 7.1% and 8.8%
respectively.

Other effects

The crisis has had a negative impact on trade, transport, warehousing and the financial
system.

CÔTE D’IVOIRE

Scale

Coffee with cocoa forms the basis of the economy for around 7.5 million people out of a
population of 17 million. At least 2.5 million people are directly employed in coffee and
cocoa.

Income

Reduced fiscal revenues from coffee have severely affected the national investment budget
constituting a break on development. Producer prices have fallen from US 41 cents per lb in
1997 to 15 cents in 2002.

Social

The drop in income from coffee has been somewhat compensated by earnings from cocoa.
Nevertheless rural living standards have dropped, and many families are finding problems to
pay for education.

Other effects

Levels of care for coffee trees have been reduced, with a consequent drop in quality.

ECUADOR

Scale

There are 105,000 coffee families in Ecuador, with an estimated 800,000 people involved in
coffee out of a population of 12 million.

Income

Prices received in the 2003 harvest do not even cover harvesting costs, so many farmers are
neglecting or abandoning plantations, or replacing coffee by annual crops or grassland.

Employment

The coffee processing industry is working at one third capacity and has dismissed staff.

Social

Many producers are migrating to cities or abroad, leaving their families behind.

Environmental

Replacement of coffee by annual crops or grass is causing an adverse environmental impact
since coffee is normally grown under shade.

Other effects

Research and extension institutions have needed to lay off staff.

EL SALVADOR

Scale

There are around 20,000 coffee growing families in a population of 6.4 million.

Income

Producers have incurred losses since 2000. Current debts of coffee growers are
US$334 million, equivalent to US$257 per quintal produced in 2002/03, four times the
current export price of US$60 per quintal. Reductions in coffee earnings have had a
depressing effect on many other economic areas.

Employment

With respect to salaried employment the crisis has led to permanent job losses of some
113,000.

Social

The World Food Programme has needed to distribute emergency rations to 10,000 coffee-growing families. In many coffee-growing areas malnutrition is affecting 45% of children.
In 2003, 52 children in coffee areas have died from malnutrition. 25% of farmers are seeking
to sell their land or change their activities and 8% intend to emigrate to the USA.

Environmental

Shaded coffee is practically the only still-forested area in the country. The threat to coffee is
thus likely to cause further deforestation.

Other effects

Incidence of coffee berry borer infestation has increased with potential losses of 40,000 bags.

ETHIOPIA

Scale

About 25% of the population of 65 million depends on the production, distribution or export
of coffee. There are some 1.2 million coffee farming families.

Income

Many people in the coffee sector are now living on less than US$1 per day. Farmers are now
selling coffee at prices well below the cost of production. Since coffee on average constitutes
over 50% of export earnings the government is suffering severe fiscal constraints.

Employment

It is stated that there has been a considerable reduction in employment.

Social

Coffee farmers are now unable to pay for their children’s education and for basic medicines.
They have also had to cut back on food consumption, living on one meagre meal a day, with
frequent cases of malnutrition. There has been increased migration to urban centres, swelling
urban unemployment.

Environmental

The environmental impact has been negative with abandonment of coffee farms.

GHANA

Scale

Ghana is a small producer; several hundreds of farmers have coffee as a main source of
income.

Income

Prices received by farmers are more volatile as well as lower since marketing system
liberalization. The producer price share of the fob price has moved from 56.93% in 2000 to
55.70% in 2002. Current prices do not cover production costs.

Social

Coffee represents a cash crop element in subsistence farms; cash shortfalls mean less money
for health and education. Some farms have been abandoned.

Other effects

Several local traders (licensed buying companies) have closed or been rendered ineffective.
There are now 5 active companies out of 50 which are eligible to trade.

INDIA

Scale

There are some 500,000 coffee workers.

Income

Growers find it difficult to cover production costs at present price levels and are reducing
inputs and their work force. The sector is facing a credit burden of loan service said to be
unmanageable, with a consequent unavailability of further loans from the banking sector.

Production is decreasing.

Employment

There have been widespread lay-offs.

Social

Poverty levels have increased significantly in the Western and Eastern Ghats areas.

Environmental

Coffee is mainly grown under shade but growers are now tempted to remove trees and sell
them as timber, leading to deforestation and loss of ecological balance. The Western Ghats
are rated as one of the 14 most sensitive ecological areas in the world.

NICARAGUA

Scale

Agriculture, in which coffee is the main activity, is the principal source of employment.
270,800 jobs exist in the coffee sector. Total population is 5.2 million.

Income

At a national level shortfalls in foreign exchange earnings caused by the coffee crisis are
estimated for 2000/01 – 2002/03 at US$142 million through falls in volume and
US$165 million through falls in price. Losses in income tax collected are estimated at
US$13.2 million.

Employment

Job losses caused by the crisis are estimated at 122,000.

Social

There has been a substantial increase in rural to urban migration, although there is no demand
in the cities for this type of labour. There have been several demonstrations demanding work
in coffee areas.

Other effects

Low prices have discouraged care of coffee trees and limited access to credit.

PAPUA NEW GUINEA

Scale

Papua New Guinea has a population of 4.9 million. It is estimated that just over 50% of
households depend on coffee for all or part of their income.

Income

During the period of the crisis, from 1998 to 2002 PNG’s GDP fell 3.5% in real terms. In the
main smallholder coffee sector the average return per man-day is estimated at US$1.

Employment

There has been a 40% decline in formal employment in the estates sector, which accounts for
some 15% of production, between 1998 and 2002. There have also been substantial layoffs
in the research and extension services dealing with coffee.

Social

Many smallholders are experiencing difficulties in paying for medicine, bride price, school
fees, meat and fish, etc. In the Eastern Highlands 50% of parents have not paid their
children’s school fees this year.

Other effects

The Government of PNG has conveyed that the coffee crisis has increased poverty, slowed
down economic growth, curtailed employment prospects and has had a negative impact on
the balance of payments.

PHILIPPINES

Income

With production costs at roughly US$300 per ha. and revenue from coffee per ha. at
US$256 at current prices coffee production is not economic.

Employment

There is stated to be a widespread unemployment problem in coffee areas.

Social

Coffee farmers have become poorer with substandard living conditions. Land owners are
unable to pay taxes and many farms have been abandoned.

Other effects

Quality has suffered from lack of fertilization, improper harvesting and other factors linked to
price levels.

VIETNAM

Scale

Coffee is one of the main economic activities in the Central Highlands, particularly in the
province of Dak Lak, whose population is around 2 million.

Income

When coffee prices were high, as in the mid-1990s, 1kg of coffee could be exchanged for
5kg of rice. This had dropped to 1 for 1 in 2002.

Social

A March 2002 survey showed that 45% of coffee-growing families lack adequate nourishing
food, and 66% have bank debts. Many children from medium to poor households have left
school in view of the costs involved.

Nestor Osorio speeches on the coffee crisis (excerpts)

Excerpts from public speeches made by Nestor Osorio, Executive Director of the International Coffee Organization on the coffee crisis.

source: ICO

The world coffee economy has evolved over the last few years in a manner which may be
qualified as erratic, disorderly and even contradictory. The relative supply scarcity of the mid
1990s, caused largely by climatic conditions, was followed by a short period of moderately
high prices that compensated for the losses incurred by the dismantling in 1989 of the
International Coffee Agreement’s quota system. However this situation prompted a surge in
production that altered substantially the global supply structure and was the cause of the
worst coffee crisis ever seen in terms of growers’ incomes.

In contrast, the evolution of the coffee economy in importing countries has shown a
completely different and in fact very positive pattern. The industry has flourished, new
products have been developed, the value of the retail market has more than doubled, and
profits have risen. This is something to celebrate, but the question must nevertheless be
asked as to how long such a state of affairs can be sustained.

Coffee farmers have shown enormous resilience and one way or another most have managed to survive and continue to produce. But not all and not at any cost. It now seems likely that, if ways are not found to improve trading conditions in producer countries, this precious commodity, and what is worse, the human beings who grow it, will progressively decline to the point that, in a not too distant future, there may be insufficient coffee and certainly an insufficient quality range of coffee, to trade and to drink.

The extent of the drop in prices and earnings in the crisis years 2000 - 2004 is very clear.
In the ten years 1980 – 1989 the ICO Composite Indicator Price for coffee averaged
127.92 US cents per lb. and coffee-producing countries earned an average of US$10.2 billion in annual export revenues from coffee. In the five years 2000 – 2004 the average price had dropped to 54.33 cents - the lowest in real terms for 100 years - and annual export earnings to US$6.2 billion.

Certainly the figures for coffee are clear : In the late 1980s and part of the 1990s earnings by coffee producing countries in terms of exports f.o.b. were around US$10-12 billion per year but they have now dropped to around US$5.5 billion. This contrasts with the continued growth in the value of retail sales in consuming countries from around US$30 billion in the 1980s to around US$80 billion at present.

At such levels coffee farmers face immense problems, which are giving rise to a series of negative consequences. The decline over the last few years in prices for commodities such as coffee contributes to increased poverty and makes it more difficult to reach the Millennium Development Goals

The situation revealed here, taken from the perspective of poverty reduction, is
clearly a matter of concern. Not only have prices dropped but with them the earnings of the countries themselves and their farmers. The impact on poverty of the coffee price crisis, which lasted nearly 5 years from 2000 to 2004 and has only to a modest degree been reversed, has been well documented. *Evidence provided by coffee producing countries to the ICO is compelling ( *see copy on this blog)

The economic impact of coffee on many producing Least Developed Countries
(LDCs) can scarcely be exaggerated. In 1999, before the crisis years, coffee exports
accounted for over 50 per cent of the export earnings of four African LDCs, Burundi,
Ethiopia, Rwanda and Uganda. It has been estimated that some 125 million people
worldwide are dependent on coffee. For several countries in Africa, Asia and Latin America where coffee accounts for a large percentage of exports it has been estimated that losses in earnings from coffee have more than nullified total aid inflows in terms of value.

The adversity endured by coffee growers in Africa, Asia and Latin America has also been
encountered in other agricultural commodities originating in developing countries. In fact the
drop in earnings from these commodities constitutes one of the most important causes of
world poverty. Several studies coincide in assessing the fall in prices of the major agricultural commodities as between 50 and 86 per cent in the last 20 years, with coffee showing the greatest fall. This loss in income has had a significant impact on the economic and social life of many developing countries.

For many months now the ICO has attempted to alert the international community of the
consequences of a problem caused in essence by the continued excess of supply over
demand. The problem was analysed in depth at the World Coffee Conference in 2001, more
recently at a Round Table held jointly by the ICO with the World Bank in May 2003 and at
regular sessions of the International Coffee Council. The issue has been raised at the
Johannesburg World Summit on Sustainable Development in 2002, with the governments of
developed countries and with international bodies such as the WTO. Although a number of
interesting ideas have emerged, it is vital not to lose sight of the pressing need to take
substantive measures to maintain greater market equilibrium. Basically the process of analysis has been completed and must now give way to implementing solutions.

This issue highlights the role of international commodity bodies such as the ICO in the
context of genuine partnership between developed and developing countries since these
bodies represent a unique forum where all stakeholders are represented on an equitable basis
and where the needs and priorities of the major players can be fully represented.

Nestor Osorio, Executive Director of the ICO

Tuesday, June 17, 2008

Open letter to Mr. Nestor Osorio - Executive Director of the ICO - on the coffee "crisis"...



Millions of coffee farmers around the world are literally dying of mass poverty following a crash in coffee prices which started in 1997 and lasted up to 2004/05; in fact, coffee prices reached their lowest levels in over a century in 2001/02, throwing millions of coffee farmers and their families deeper into poverty and untold misery.

Cynically, however, meanwhile coffee multinationals, traders and retailers are making millions in profits each year from coffee sales worldwide...

"The extent of the drop in prices and earnings in the crisis years 2000 - 2004  is very clear In the ten years 1980 – 1989 the ICO Composite Indicator Price for coffee averaged
127.92 US cents per lb. and coffee-producing countries earned an average of US$10.2 billion in annual export revenues from coffee. In the five years 2000 – 2004 the average price had dropped to 54.33 cents - the lowest in real terms for 100 years - and annual export earnings to US$6.2 billion.

Certainly the figures for coffee are clear : In the late 1980s and part of the 1990s earnings by coffee producing countries in terms of exports f.o.b. were around US$10-12 billion per year but they have now dropped to around US$5.5 billion. This contrasts with the continued growth in the value of retail sales in consuming countries from around US$30 billion in the 1980s to around US$80 billion at present."
Nestor Osorio, Executive Director of the ICO

Please find below a copy of correspondence exchanged between myself and the International Coffee Organization (ICO) on the severe "crisis" prevailing throughout coffee producing & exporting countries around the world.

I welcome your comments and feedback. Thank you

Excerpts from Mahatma Gandhi's thoughts on the cocoa and coffee trade:

The condition of plantation workers in Africa continued to receive Gandhi's attention. He wrote: "In cocoa plantations, Negro workers are subjected to such inhuman treatment that if we witnessed it with our own eyes we would have no desire to drink cocoa. Volumes have been written on the tortures inflicted in these plantations." (Indian Opinion, March 8, 1913, CW, Vol 11, p. 483). A couple of years earlier he had complained to his associate, H S L Polak, about "the abominable chocolate", calling it "that cursed product of devilish slave labour." [August 26, 1911, CW, Vol 96 (Supplementary Vol VI), p. 71].

At another place he had written during a voyage to England: " I also avoid tea and coffee as far as possible, since they are the produce of slave labour." (Indian Opinion, August 7, 1909, CW, Vol 9, pp. 277-8)

Tragically and sadly, a century later, cocoa and coffee producers continue to work under slavery conditions and chocolate and coffee are still very much " the produce of slave labor."

Copy of email sent to the ICO with regards to the coffee "crisis"

From: Yajna Centre [mailto:arya@yajnacentre.com]
Sent: 01 June 2008 23:30
To: Nestor Osorio
Cc: Hamida Ebrahim
Subject: coffee crisis...

Mr. Nestor Osorio
Executive Director
International Coffee Organization
London, England

Re: Coffee crisis

Dear sir,

I am writing to you with reference to my email of inquiry dated 26 May 2008 with regards to the severe crisis prevailing within the coffee sector throughout coffee producing & exporting countries.

In response to my email, Mr. Jose Sette recommended that I read the information published by the ICO on its website. The exercice has indeed proven to be very informative but has failed to provide answers to the specific questions raised in my email of inquiry and has raised further interrogations.

Please find below my observations and further interrogations:

Root (economic) causes behind the crisis:

Long-term market imbalance between supply & demand resulting in structural over-supply of coffee which in turn translates into constantly declining, low and unremunerative real coffee prices which do not reflect or take into account real production costs.

As you clearly stated:

“The coffee price situation arises from an imbalance between supply and demand that has now lasted for four years, exacerbated particularly by substantial increases in production (compared with the early 90s) and slow rates of increase in consumption.” ( G8 Summit , June 2003) source: ICO

In fact, statistical data collected and published by the ICO clearly reveals a structural long-term market disequilibrium between supply and demand – worsened by exponential increases in production by both Brazil & Vietnam from 1997-1999 within a background of stagnant demand/consumption - resulting in a structural over-supply of coffee on the world market ( + 30 million bags) which has directly caused and led to the crash in coffee prices observed from 1999-2004/05.

Excess stocks 2006/07

51.6 million bags = 62 % of 2006/07 imports/consumption = +6 months stock

Source: ICO 2006/07 annual report

Vicious trap cycle

To make up for the loss in revenue resulting from low and constantly declining real prices of coffee, farmers produce and export more coffee, which in turn results in creating a further excess supply of coffee on the world market, further reducing both world coffee prices and farm gate prices, thus further marginalizing and impoverishing both coffee farmers and coffee producing & exporting nations.

This is a vicious trap cycle which MUST be broken.

“Structural over supply in the commodities market lies at the heart of global poverty and instability.” (Brandt Report)

Example: Vietnam

Vietnam exponentially increased its coffee exports from 387,000 metric tons to 700,000 metric tons between 1998 and 2002 respectively, significantly increasing world supplies and – along with Brazil - directly contributed to an excess supply of coffee during this period ( + 25 million bags) which led to the plunge/crash in coffee prices which followed and lasted from 1999/2000 to 2003/04.

As a direct result, both world coffee prices and FOB coffee prices in Vietnam plunged from an annual average of $1500 per metric ton in 1998 to $428/mt in 2002; consequently, Vietnam’s export revenue declined by 50% from $600 million in 1998 to 300 million in 2002, despite Vietnam’s 80% increase of coffee exports during this period– or rather because of Vietnam’s significant increase in supply – which led to an excess supply of coffee during this period and resulted in a plunge/crash in coffee prices on the world market from $2500 metric ton in 1998 to an average of $1000 metric ton from 2000-2004/05, in conformity with King’s Law of Demand.

King’s Law of Demand

King’s Law of Demand clearly states that a surplus/deficit in a commodity will lead to a proportionally greater decline/increase respectively in the price of the said commodity relative to the surplus or deficit. (i.e. a surplus of 10% in the supply of coffee will lead to a decline of more than 10% in the price of coffee, and vice versa.)

Tragically, statistical data and historical evidence clearly demonstrates that coffee producing & exporting countries have been unaware of and/or ignoring this crucial economic law, digging their own mass graves in the process…

INTERNATIONAL COFFEE AGREEMENTS ( ICA )

Market imbalance & structural over-supply

I have gone through the 2007 International Coffee Agreement ( ICA). Surprisingly, (and tragically) there are no provisions in the 2007 ICA to address, prevent and resolve the crucial issue of market imbalance, as has been the case with the previous 1994 and 2001 ICA since the suppression of production quotas, stock control provisions as well as of the Promotion Fund from the ICA in 1989, which inevitably and directly cumulated into the present coffee crisis.

Question:

How can the ICO expect to achieve its stated mission of “achieving a sustainable coffee sector…, particularly with respect to poverty eradication” if the 2007 ICA does not even address (and resolve) the root causes of the crisis?

As you have yourself publicly stated:

“ I believe that the real challenge is to develop policies and actions to avoid a recurrence of the type of imbalance between supply and demand that gave rise to the crisis… There is no doubt that the overriding need at present remains to guarantee the future of coffee through addressing the problem of economic sustainability, i.e. to ensure that coffee

production does not continue to entail a loss to growers…It follows that the strongest priority is to implement measures which encourage balance in the market

For many months now the ICO has attempted to alert the international community of the
consequences of a problem caused in essence by the continued excess of supply over
demand….it is vital not to lose sight of the pressing need to take substantive measures to maintain greater market equilibrium… However I must reiterate that the main priority must be measures which can actually restore some market balance…

Basically the process of analysis has been completed and must now give way to implementing solutions…”

Source: Speech made at the 2nd World Coffee Conference, 2003

In view of the above, can you therefore please indicate:

1) what policies and mechanisms the ICO has put in place to address, prevent and resolve the short, medium and long-term structural market imbalance and to stabilize coffee prices at remunerative levels based on actual cost of production and in equilibrium with the market forces of supply and demand?

2) what policies and mechanisms the ICO has put in place to reduce/eliminate the excess stock of coffee on the world market which continuously and significantly depress real prices of coffee over the long run?

Speculation

“The problem of the deterioration in real export prices has become even more complicated by the increase in price volatility levels. International coffee prices have shown a fluctuation of more 50 percent annually in recent years whereas during periods when the market was regulated prices fluctuated between 10-15 percent around their medium-term trend. These high levels of price instability have a very negative effect on the development process, as has been confirmed by a number of studies carried out by the World Bank.” (Jorge Cardenas, Chairman of the 1st World Coffee Conference, 2001, London )

Coffee prices are characterized by extreme volatility and instability due to speculative trading of coffee on the futures commodities exchange markets of London and New York, which in turn sets and determines coffee prices based on previsions of future market fundamentals, using various speculative parameters such as future supply & demand, world stocks, climate and geopolitical situation in coffee producing countries, currency fluctuations, etc., and thus do not reflect or take into account real production costs.

As David Ricardo clearly stated:

“It is production costs, not the interaction between supply and demand that sets and determines prices of commodities.” ( David Ricardo, Principles of political economy and taxation).

Again, surprisingly, there are no provisions in the 2007 ICA to address and regulate speculative trading of coffee on the futures exchange markets which result in extremely volatile, unstable and unremunerative prices of cocoa which do not reflect or take into account real production costs.

Question:

3) what policies and mechanisms has the ICO put in place to regulate speculative trading of coffee on the futures commodities exchange markets which results in highly unstable and volatile coffee prices which do not reflect or take into account real production costs?

Exchange rate fluctuations

Currency exchange rates fluctuations have a direct impact on both the cost and the real price of coffee and thus on the revenue of both coffee farmers and coffee producing & exporting countries. A devaluation of the US dollar translates into a decrease in real revenue for producing countries & offsets any marginal increase in coffee prices on the world market.

In fact, over the last five years, the value of the US dollar has fallen by over 30% vis-à-vis the Euro. Since coffee prices are quoted and sold in US dollars, this obviously translates into substantial financial loses for coffee producers. However, surprisingly ( and tragically), past and present ICAs have never contained provisions to address this crucial parameter…!

Increase in the price of oil

The price of crude oil is a determinant factor in the costing and profitability of coffee farmers. As you know, oil prices have exponentially increased over the last 6 years – from $US 20$ in 2002 to over $ US 120/barel currently– significantly increasing the cost of production, as prices of inputs have skyrocketed.

The deadly combination of the loss in value of the US dollar and the exponential increase of the price of oil over the last 5-6 years directly and exponentially increases the cost of production of coffee producers on the one hand while significantly decreasing both the real price of coffee and the revenue and profitability of coffee producers on the other.

Tragically, however, none of the previous three ICA ’s ( 1994, 2001, 2007) contained any provisions to address this crucial issue…!

As you said yourself:

Although current prices are now more in line with historical levels and the remuneration of coffee-growers has become more compatible with their costs, these gains have been significantly eroded by factors exogenous to the coffee market. The ascent of oil prices to record levels has had a direct impact on the costs of farmers’ inputs. In addition, the continued weakness of the US dollar, which is used as a reference in the international coffee trade, has meant that prices of coffee in many local currencies did not fully reflect the improvement noted above. The weakness of the US dollar continues to affect the real income of coffee producers. (ICO 2006/07 annual report)

In view of the above observations, the following additional questions arise:

4) How does the ICO explain the fact that none of the past ICAs ( 1994, 2001 ) as well as the current 2007 ICA do not contain any provisions to address the above briefly-outlined crucial economic issues ( i.e market imbalance, structural over-supply, excess stocks, speculative trading, currency exchange rates fluctuations, oil prices, etc.) which have a direct and significant impact on coffee prices and on the cost, revenue and profitability of coffee producers?

5) How does the ICO expect to “promote a sustainable coffee economy for the benefit of all stakeholders and particularly of small-scale farmers in coffee producing countries, particularly with respect to poverty eradication,” without even addressing – let alone resolving - the above outlined crucial economic issues within the coffee sector?

I thank you for shedding some light into these interrogations and I look forward to hearing back from you in the near future.

Best regards,

Arya Tajdin.
Executive Director
Yajna Centre
Dar es salaam, Tanzania

ICO's response

Dear Mr. Tajdin,
 
Many thanks for your interest in the activities of 
our Organization.
 
 With regard to your request for specific examples of
 polices and mechanisms put in place by the ICO, it
 is important to note that the International Coffee
 Agreement of 2007, in common with all international
 commodity agreements currently in force, does not
 provide for the types of market regulatory
 instruments (such as export quotas) that existed in
 the past. Instead, the ICO works by bringing
 together producing and consuming countries to tackle
 the challenges facing the world coffee sector
 through international cooperation. It makes a
 practical contribution to the world coffee economy
 and to the improvement of standards of living in
 developing countries by:
 
 * enabling government representatives to
 exchange views and coordinate coffee policies and
 priorities at regular high-level meetings;
 
 * improving coffee quality through the Coffee
 Quality-Improvement Programme and specific projects;
 
 * increasing world coffee consumption through
 innovative market development activities;
 
 * initiating coffee development projects to
 improve quality and marketing
 
 * encouraging a sustainable world coffee
 economy;
 
 * working closely with the private sector
 through a 16 strong Private Sector Consultative
 Board which tackles issues such as food safety;
 
 * providing objective and comprehensive
 information on the world coffee market; and
 
 * ensuring transparency in the coffee market
 through statistics.
 
 Details of specific actions taken to address these
 issues may be found in our Annual Review and in
 various sections of our website (www.ico.org)
 
With kind regards,
 
José Dauster Sette
Head of Operations
International Coffee Organization
22 Berners Street
London W1T 3DD
Tel: +44 (0) 20 7612 0602
Fax: +44 (0) 20 7612 0630
 
Thu, 12 Jun 2008 12:07:25 -0700 (PDT)

From: "Yajna Centre" Add to Address Book Add Mobile Alert
Subject: RE: coffee crisis...
To: "Hamida Ebrahim"
CC: sette@ico.org, osorio@ico.org

Dear Sir,

Thank you for your email; unfortunately, but not
surprisingly, you have brilliantly failed to provide
answers to the specific questions raised in my email
of inquiry dated 01 June 2008, addressed to Mr. Nestor
Osorio.

Nevertheless, beyond the deceitful "poverty
eradication" rhetoric quoted and preached in the ICO
literarure, both historical evidence and statistical
data published by the ICO on the coffee sector clearly
reveals a different picture altogether...

In fact, I believe that it is fair to say - based on
historical evidence and statistical data of the coffee
sector - that the ICO and its members have in fact
done nothing over the course of the last 17 years -
since the collapse of the supply-management mechanism
in 1989 - to achieve market equilibrium between demand
and supply and to secure stable and remunerative
coffee prices for millions of coffee farmers around
the world.

I beg you to differ with this claim with historical
facts and figures and not with deceitful rhetoric
because you are failing to make your case and
insulting my intelligence in the process.

As a direct result, over this period, millions of
coffee farmers around the world have been thrown
deeper into mass poverty and untold misery, which
unfortunately your statistics do not reveal...; does
the ICO and its members have any statistical data that
reveal the untold numbers of destroyed lives, human
poverty, misery, suffering, hunger and death that
occur as a direct result of extremely unstable,
volatile and constantly declining unremunerative
prices of coffee on the world market...?

And cynically, while millions of coffee farmers are
literally dying as a direct result of policies
developed, pursued and implemented by the ICO, coffee
multinationals, traders and retailers are generating
millions in profits from coffee sales worldwide...!

Is that the "sustainable coffee economy the ICO is
encouraging" and aiming to achieve...?

Please note that I shall look into every possible
legal means available to put an end to this endless
and ongoing mass economic genocide and to bring all
those who are actively involved in this "crime against
humanity" to justice.
Truthfully,

Arya Tajdin
Executive Director
Yajna Centre
Dar es Salaam, Tanzania

Saturday, May 31, 2008

le Nouvel Ordre Mondial et la mondialisation de la pauvreté...


La famine mondiale

Par Michel Chossudovsky le samedi, 24 mai 2008

LA MONDIALISATION DE LA PAUVRETE

En cette époque d'après-guerre froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette "mondialisation de la pauvreté," qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI).

Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvreté humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s'attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s'étend, par l'entremise du "libre marché", dans toutes les régions du monde y compris l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc soviétique et les "nouveaux pays industriels" (NPI) de l'Asie du Sud-est et de l'Extrême-Orient.

Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes. (Livre de Michel Chossudovsky intitulé : Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)


La famine est le résultat d'un processus de restructuration en "marché libre" de l'économie mondiale qui prend ses assises dans la crise de la dette du début des années 1980. Ce n'est pas un phénomène récent, tel qu'il a été suggéré par plusieurs reportages des médias occidentaux, en se concentrant strictement sur l'offre et la demande à court terme des produits agricoles de base.

La pauvreté et la sous-alimentation chronique sont des conditions qui préexistaient avant les récentes hausses des prix des produits alimentaires. Ces derniers frappent de plein fouet une population appauvrie, qui a à peine les moyens de survivre.

Des émeutes de la faim ont éclaté presque simultanément dans toutes les grandes régions du monde: "Les prix des denrées alimentaires en Haïti a augmenté en moyenne de 40 % en moins d'un an, avec le coût des produits de première nécessitée tels que le riz qui a doublé... Au Bangladesh, [à la fin avril 2008] quelques 20,000 travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour dénoncer l'augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires et aussi pour demander des salaires plus élevés. Le prix du riz dans le pays a doublé au cours de la dernière année, menaçant les travailleurs qui gagnent un salaire mensuel de seulement 25 $ et qui ont faim. En Égypte, des protestations de travailleurs concernant les prix des produits alimentaires a secoué le centre industriel du textile de Mahalla al-Kobra, au nord du Caire, pendant deux jours la semaine dernière, où deux personnes ont été abattues par les forces de sécurité.

Des centaines de personnes ont été arrêtées et le gouvernement a envoyé des policiers en civil dans les usines pour forcer les travailleurs à travailler. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 40% en Égypte au cours de la dernière année... Plus tôt ce mois-ci, en Côte d'Ivoire, des milliers de personnes ont marché vers la maison du président Laurent Gbagbo, scandant "nous sommes affamés" et "la vie est trop chère, vous allez nous tuer" .

Des manifestations de même nature ainsi que des grèves et des affrontements sont survenus en Bolivie, au Pérou, au Mexique, en Indonésie, aux Philippines, au Pakistan, en Ouzbékistan, en Thaïlande, au Yémen, en Éthiopie et à travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne." (Bill Van Auken, Amid mounting food crisis, governments fear revolution of the hungry, Global Research, April 2008)

Avec de grands pans de la population mondiale déjà bien en dessous du seuil de pauvreté, la hausse des prix des denrées alimentaires de base qui se produit sur une courte période est dévastatrice. Des millions de persones dans le monde sont dans l'incapacité d'acheter de la nourriture pour leur survie.

Ces augmentations contribuent d'une manière très réelle à "éliminer les pauvres" à travers "la mort par la famine." Dit dans les mots de Henry Kissinger: "Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, controles la nourriture et vous contrôlerez la population."

À cet égard, Kissinger a fait savoir à travers le "Mémorandum d'études sur la sécurité nationale de 1974: Les implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité et les intérêts étrangers des États-Unis," que des famines récurrentes pourraient constituer de facto un instrument de contrôle de la population.

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le prix des céréales a augmenté de 88% depuis mars 2007. Le prix du blé a augmenté de 181% sur une période de trois ans. Le prix du riz a augmenté de 50% dans les trois derniers mois (Voir Ian Angus, Food Crisis: "The greatest demonstration of the historical failure of the capitalist model", Global Research, April 2008): "La plus populaire variété de riz de la Thaïlande se vendait il y a 5 ans 198 $ US et à 323 $ la tonne l'an dernier. En avril 2008, le prix a atteint 1000 $. Les augmentations sont encore plus elevées sur les marchés locaux; en Haïti, le prix d'un sac de 50 kilos de riz a doublé en une semaine à la fin mars 2008. Ces augmentations sont catastrophiques pour les 2,6 milliards de personnes dans le monde qui vivent avec moins de 2 $ US par jour et qui consacrent de 60% à 80% de leurs revenus à l'alimentation. Des centaines de millions de personnes n'ont pas les moyens de manger" (Ibid)


Deux dimensions interdépendantes


Il y a deux dimensions interdépendantes dans la crise alimentaire mondial en cours, qui plonge des millions de personnes à travers le monde dans la famine et la privation chronique, une situation où des populations entierres n'ont plus les moyens d'acheter de la nourriture.

Tout d'abord, il y a un processus historique à long terme de politiques de réforme macroéconomiques et de restructuration économique mondiale, qui a contribué à baisser le niveau de vie partout dans le monde, autant dans les pays développés que dans les pays en développement.

Deuxièmement, ces conditions historiques préexistantes de pauvreté de masse ont été exacerbées et aggravées par la récente flambée des prix des céréales, qui a entraîné dans certains cas, le doublement du prix de détail des denrées alimentaires de base. Ces hausses de prix sont en grande partie le résultat de la spéculation boursière sur les denrées alimentaires de base.


La soudaine augmentation spéculative sur le prix des céréales


Les médias ont induit en erreur l'opinion publique sur les causes de ces hausses de prix, en se concentrant presque exclusivement sur la question des coûts de production, le climat et d'autres facteurs qui ont pour effet de réduire l'offre et qui pourraient contribuer à gonfler les prix des aliments de base. Bien que ces facteurs puissent entrer en jeu, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l'impressionnante et spectaculaire hausse des prix des produits de base.

L'escalade des prix des produits alimentaires est en grande partie le résultat d'une manipulation du marché. Elle est en grande partie attribuable à la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. Les prix des céréales sont artificiellement gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés boursiers de New York et de Chicago. Il est intéressant de noter qu'en 2007, le Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange, formant la plus importante entité au monde traitant dans le commerce des produits de base et comptant un large éventail d'instruments spéculatifs (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels, etc.).

Des transactions spéculatives sur le blé, le riz ou le maïs, peuvent se produire sans qu'il y ait de transactions réelles de ces produits.

Les institutions, qui actuellement spéculent sur le marché des céréales, ne sont pas nécessairement impliquées dans la vente ou la livraison des grains. Les transactions peuvent se faire par fonds indiciels qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse en général de la variation des prix des marchandises.

Une "option de vente" est un pari que les prix vont baisser, une "option d'achat" est un pari que les prix vont augmenter. Grâce à la manipulation concertée, les opérateurs institutionnels et les institutions financières font augmenter les prix. Ils placent alors leurs paris sur la hausse du prix d'un produit en particulier. La spéculation génère la volatilité du marché. À son tour, l'instabilité qui en résulte encourage la poursuite de l'activité spéculative.

Les bénéfices sont réalisés lorsque le prix monte. En revanche, si le spéculateur est un short-selling (1), le bénéfice sera réalisé lorsque le prix diminuera.

Cette récente flambée spéculative des prix des denrées alimentaires a engendré un processus mondial de création de la famine à une échelle sans précédent.

Ces opérations spéculatives ne devraient pas pouvoir engendrer délibérément la famine. Ce qui cause la famine est l'absence de procédures réglementaires relatives au commerce spéculatif (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels). Dans le contexte actuel, un gel des transactions spéculatives sur les produits alimentaires de base, décrété par décision politique, contribuerait immédiatement à faire baisser les prix des produits alimentaires.

Rien n'empêche que ces opérations soient neutralisées et désamorcées par un ensemble soigneusement élaboré de mesures réglementaires.

Visiblement, ce n'est pas ce qui est proposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Le rôle du FMI et de la Banque mondiale


La Banque mondiale et le FMI ont présenté un plan d'urgence, afin d'accroître l'agriculture en réponse à la "crise alimentaire." Cependant, les causes de cette crise ne sont pas prises en compte.

Robert B. Zoellick, le président de la Banque mondiale décrit cette initiative comme un "new deal," un plan d'action "pour un accroissement à long terme de la production agricole," qui consiste entre autres à doubler les prêts agricoles pour les agriculteurs africains.

"Nous devons dépenser notre argent en fonction des besoins réels.» (We have to put our money where our mouth is now so we can put food into hungry mouths) (Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, BBC, 2 mai 2008)

La "médecine économique" du FMI et de la Banque mondiale n'est pas la "solution," elle est plutôt en grande partie la "cause" de la famine dans les pays en développement. Plus le FMI et la Banque mondiale prêtent "pour accroître l'agriculture" et plus ils augmenteront les niveaux d'endettement.

La "politique de prêts" de la Banque mondiale consiste à accorder des prêts à la condition que les pays se conforment à l'agenda politique néolibérale qui, depuis le début des années 1980, a été propice à l'effondrement de l'agriculture alimentaire locale.

La "stabilisation macro-économique" et les programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale aux pays en développement (comme condition de renégociation de leur dette extérieure) ont conduit à l'appauvrissement de centaines de millions de personnes.

Les dures réalités économiques et sociales derrières les interventions du FMI sont les causes de l'augmentation démesurée des prix des produits alimentaires, des famine au niveau local, des licenciements massifs de travailleurs urbains et de fonctionnaires et de la destruction des programmes sociaux. Le pouvoir d'achat interne s'est effondré, les cliniques de santé contre la famine et les écoles ont été fermées, des centaines de millions d'enfants ont été privés du droit à l'enseignement primaire.


La déréglementation des marchés céréaliers


Depuis les années 1980, les marchés céréaliers ont été déréglementés sous la supervision de la Banque mondiale et des surplus céréaliers des États-Unis et de l'Union européenne ont systématiquement été utilisés pour détruire la paysannerie et pour déstabiliser l'agriculture alimentaire nationale. À cet égard, les prêts de la Banque mondiale exigent la levée des barrières commerciales sur les importations de produits agricoles de base, conduisant au dumping des surplus céréaliers des États-Unis et de l'Union européenne sur le marché local. Ces mesures, ainsi ques d'autres mesures, ont mené les producteurs agricoles locaux à la faillite.

Un "marché céréalier libre", imposé par le FMI et la Banque mondiale, détruit l'économie paysanne et affaibli la "sécurité alimentaire." Le Malawi et le Zimbabwe étaient auparavant des pays prospères en excédent céréalier, le Rwanda était pratiquement autosuffisant en matière alimentaire jusqu'à 1990, date à laquelle le FMI a ordonné le dumping des excédents céréaliers de l'Union européenne et des États-Unis sur le marché intérieur, précipitant ainsi les petits agriculteurs en faillite. En 1991-1992, la famine a frappé le Kenya, un pays qui connaissait un succès pour ses surplus céréaliers. Le gouvernement de Nairobi avait précédemment été mis sur une liste noire pour ne pas avoir obéi à des recommandations du FMI. La déréglementation du marché des céréales a été exigée comme une des conditions pour le rééchelonnement de la dette extérieure de Nairobi avec les créanciers officiels du Club de Paris. (Livre de Michel Chossudovsky, Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)

Dans toute l'Afrique, ainsi qu'en Asie du Sud-est et en Amérique latine, le modèle des "ajustements structurels" dans l'agriculture sous la tutelle des institutions de Bretton Woods a servi de manière sans équivoque à la disparition de la sécurité alimentaire. La dépendance vis-à-vis du marché mondial a été renforcée, entraînant une augmentation des importations de céréales commerciales, ainsi qu'une augmentation de l'afflux "d'aide alimentaire."

Les producteurs agricoles ont été encouragés à abandonner l'agriculture alimentaire et à se convertir dans des cultures de "haute valeur" à des fins d'exportation, souvent au détriment de l'autosuffisance alimentaire. Les produits de grande valeur ainsi que les cultures à des fins d'exportation ont été soutenus par des prêts de la Banque mondiale.

Les famines à l'ère de la mondialisation sont le résultat de ces politiques. La famine n'est pas la conséquence d'un manque de nourriture, c'est en fait tout le contraire: les surplus alimentaires mondiaux sont utilisés pour déstabiliser la production agricole dans les pays en développement.

Strictement réglementée et contrôlée par l'industrie agroalimentaire internationale, cette offre excédentaire est finalement propice à la stagnation de la production et de la consommation des produits alimentaires de base essentiels et à l'appauvrissement des agriculteurs dans le monde. En outre, en cette époque de mondialisation, les programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale ont un lien direct sur le processus de développement de la famine, car ils affaiblissent systématiquement toutes les catégories d'activités économiques urbaines ou rurales, qui ne servent pas directement les intérêts du marché mondial.

Les revenus des agriculteurs dans les pays riches et dans les pays pauvres sont réduits par une poignée d'industriels du secteur de l'agroalimentaire mondial qui en même temps contrôlent les marchés des céréales, les intrants agricoles, les semences et la transformation des aliments. La géante société Cargill Inc avec plus de 140 filiales et sociétés affiliées à travers le monde contrôle une part importante du commerce international des céréales. Depuis les années 1950, Cargill est devenue le principal contractant pour "l'aide alimentaire" des États-Unis financée par la Loi Publique 480 (1954).

L'agriculture mondiale a pour la première fois de l'histoire, la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de toute la planète, mais la nature même du marché mondial de ce système ne permet pas que ça se réalise. La capacité de produire de la nourriture est immense, mais les niveaux de consommation alimentaire restent extrêmement faibles, car une grande partie de la population mondiale vit dans des conditions d'extrême pauvreté et de privation. En outre, le processus de "modernisation" de l'agriculture a conduit à la dépossession des paysans et à l'augmentation du niveau de dégradation des terres et de l'environnement. Autrement dit, les forces mêmes qui encouragent la production alimentaire mondiale à se développer favorisent également une diminution du niveau de vie et une baisse de la demande de nourriture.


Le traitement choc du FMI


Historiquement, les escalades de prix des produits alimentaires au niveau du commerce en détail ont été déclenchées par la dévaluation des monnaies, qui ont toujours été le résultat invariable d'une situation hyper inflationniste. Par exemple, en août 1990 au Pérou, sur les ordres du FMI, du jour au lendemain le prix du carburant a été multiplié par 30 et le prix du pain a été multiplié par 12 : "Partout dans le tiers-monde, la situation est celle du désespoir social et de la désolation d'une population appauvrie par l'interaction des forces du marché. Les émeutes contre les programes d'ajustement structurel et les soulèvements populaires sont sauvagement réprimées: À Caracas, en 1989, le président Carlos Andres Perez qui après avoir dénoncé avec éloquence le FMI d'exercer "un totalitarisme économique qui ne tue pas par des balles mais par la famine", a déclaré un état d'urgence et a régulièrement envoyé des unités d'infanterie et des commandos de la marine dans les quartiers pauvres (barrios de ranchos) sur les collines surplombant la capitale. Les émeutes anti-FMI de Caracas ont été déclenchées à la suite d'une augmentation de 200 % du prix du pain. Hommes, femmes et enfants ont essuyé des tirs sans discernement: "Il a été rapporté que la morgue de Caracas comptait jusqu'à 200 cadavres de personnes tuées dans les trois premiers jours ... et elle a avisé qu'elle était à court de cercueils. Officieusement plus d'un millier de personnes ont été tuées. Tunis, en janvier 1984: les émeutes du pain instiguées en grande partie par de jeunes chômeurs pour protester contre la hausse des prix alimentaires. Au Nigeria en 1989: les émeutes des étudiants contre les programmes d'ajustement structurel ont entraîné la fermeture de six universités du pays par les Forces armées. Au Maroc, en 1990: une grève générale et un soulèvement populaire contre les réformes du gouvernement parrainées par le FMI." (Michel Chossudovsky, op cit.)


Les semences génétiquement modifiées


Coïncidant avec la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, un autre important changement historique a eu lieu dans la structure de l'agriculture mondiale.

Dans le cadre du contrat de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)), les géants de l'agroalimentaire ont une entière liberté d'entrer dans les marchés céréaliers des pays en développement. L'acquisition de "droits de propriété intellectuelle" exclusifs sur les variétés végétales par des intérêts agroindustriels favorise aussi la destruction de la biodiversité.

Agissant au nom d'une poignée de conglomérats de biotechnologie, des semences OGM ont été imposées aux agriculteurs, souvent dans le cadre de «programmes d'aide alimentaire." Par exemple, en Éthiopie des trousses de semences OGM ont été remis aux agriculteurs pauvres afin de rétablir la production agricole à la suite d'une grande sécheresse. Les semences OGM ont été plantées, donnant une seule récolte. Mais après, les agriculteurs ont réalisé que les semences OGM ne pourraient pas être replantées sans payer de redevances à Monsanto, Arch Daniel Midland et al. Ensuite, les agriculteurs ont découvert que les graines ne pousseraient que s'ils utilisaient les intrants agricoles soit, les engrais, les insecticides et les herbicides qui sont produits et distribués par les entreprises agroalimentaires de biotechnologie. Toute l'économie paysanne est dorénavant enfermée entre les mains des conglomérats de l'agro-industrie.

Avec l'adoption généralisée de semences OGM, une transition majeure a eu lieu dans la structure et dans l'histoire de l'agriculture depuis sa création il y a 10,000 ans.

La reproduction de semences au niveau des villages et chez les producteurs de semences a été perturbée par l'utilisation de semences génétiquement modifiées. Le cycle agricole, qui permet aux agriculteurs de stocker leurs semences biologiques et de les semer pour en tirer la prochaine récolte a été brisé. Ce concept destructeur, produisant invariablement la famine, est reproduit partout, pays après pays, conduisant à la disparition de l'économie paysanne mondiale.
Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international The Globalization of Poverty (titre français: "La mondialisation de la pauvreté», éd. Écosociété) qui a été publié en 11 langues. Il est professeur d'économie à l'Université d'Ottawa, Canada, et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation. Il collabore également à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier ouvrage est intitulé America`s War on terrorism, 2005. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre (http://www.ecosociete.org/t065.php) et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial). Source : www.mondialisation.ca

Dollar devaluation by FED is largely to blame for exponential oil price increase


An excellent article by Paul Van Eeden explaining the real
background to rising oil prices and who is to blame.

The Road to $200 Oil - By Paul Van Eeden of www.paulvaneeden.com

When the crash dummies up on Capitol Hill see crude oil at $130 a
barrel, they cry "Manipulation!" and start looking around for someone
to blame. The funny thing is; they're right. Manipulation is causing
the oil price to soar...manipulation of the U.S. dollar. As for
finding someone to blame, well, taking a stroll over to the Federal
Reserve building might be a good place to start.

By increasing the supply of dollars the government devalues every
dollar in existence by an equivalent amount. The impact of this
inflation is not uniform through the economy or markets but, with
time, it does filter through to everything. If we look at the price
of oil in US dollars and simultaneously look at the inflation of the
dollar we can see that oil has in fact not gone up in value at all -
it is the dollar that has declined in value. So the manipulation is
clearly evident, but it is not the supply of oil that is being
manipulated, but the supply of dollars, to decrease the dollar's
value on the assumption that that would stimulate spending and
economic activity. That is the cause of the rise in the oil price.

If we look at the exchange rate of the US dollar against the euro,
and the twelve currencies that comprise the euro before its launch,
we see that in January 1970 it took 1.151 "euros" to buy a dollar.
Today it takes 0.644 euros to buy a dollar. For the sake of
simplicity let's use the euro-dollar exchange rate as a benchmark for
the dollar's devaluation on foreign exchange markets. From this
exchange rate we can see that the oil price would have been 44% lower
today were it not for the decline of the US dollar exchange rate.
That would make the oil price, not $120 a barrel, but only $67 a
barrel. In other words, the oil price is approximately 80% higher
today than it would have been if the government was not so hell-bent
on destroying the dollar.

For those who cannot fathom that it's as simple as this, or that
inflation of the money supply directly affects the value of the
dollar, consider these words from Ben Bernanke, the current Chairman
of the Board of Governors of the Federal Reserve Bank of the United
States, in a speech he made on November 21, 2002 before the National
Economists Club in Washington, D.C.: "Like gold, U.S. dollars have
value only to the extent that they are strictly limited in supply.
But the U.S. government has a technology, called a printing press
(or, today, its electronic equivalent), that allows it to produce as
many U.S. dollars as it wishes at essentially no cost. By increasing
the number of U.S. dollars in circulation, or even by credibly
threatening to do so, the U.S. government can also reduce the value
of a dollar in terms of goods and services, which is equivalent to
raising the prices in dollars of those goods and services."

Aside from the fact that the assumption that inflation can create
economic activity is entirely false, the idea that OPEC is somehow to
blame for the rise in the oil price is absurd. Look at the chart
below that shows the oil price in US dollars and the increase in the
supply of dollars as measured by M3. We see that the oil price is
trying desperately to catch up with the dollar's inflation. In fact,
if anything, oil companies and oil producers have been subsid izing
American gasoline consumers for the past 22 years!

The manipulation is clearly in the dollar. By rapidly increasing the
money supply and thereby decreasing the value of the dollar, the
government is directly and solely responsible for the increase in the
oil price.

Friday, May 30, 2008

conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad)



Nouvelle ruée pour le partage des resources de l'Afrique...

29 mai 2008 - AFP

Les dirigeants africains ont déclaré jeudi qu'ils avaient besoin d'investissements et pas de charité, au deuxième jour d'un sommet sur le développement en Afrique où le Japon a promis de doubler son commerce avec le continent.

"Le risque de marginalisation de l'Afrique a presque disparu", a souligné le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, devant les représentants de 52 pays africains qui participent depuis mercredi à la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad), à Yokohama, près de Tokyo.

L'Afrique a connu en 2007 une croissance moyenne soutenue de 5,7%, même si des analystes notent qu'elle s'est concentrée dans les pays dotés de ressources naturelles.

"Notre coopération avec l'Asie ne vise pas en priorité à demander de l'aide, à faire du commerce ou à obtenir des investissements à court terme", a expliqué M. Zenawi.

Il a affirmé que l'Afrique cherchait "un partenariat avec l'Asie pour promouvoir une prospérité commune à long terme, avec progrès technologique et industrialisation pour notre continent".

Le président rwandais Paul Kagame a souligné pour sa part que les pays très endettés comme le sien étaient pris dans "un cercle vicieux", car ils ne pouvaient obtenir de prêts pour investir.

"Pour stimuler le commerce, l'investissement et l'intégration régionale, réduire la dépendance vis-à-vis de l'aide en exportant davantage, nous devons investir dans les infrastructures, l'énergie, le capital humain", a-t-il énuméré.

M. Kagame a rappelé que le commerce inter-africain ne représentait que 2% du commerce mondial, faisant du continent un marché à conquérir.

"Il est très clair que l'Afrique va fournir les meilleurs retours sur investissement", a-t-il ajouté.

Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, a admis dans une interview que "la politique caritative n'avait pas réussi".

Il faut désormais "avoir une attitude économique" avec les Africains en les aidant "à tirer profit au maximum pour leur développement des avantages d'une mondialisation domestiquée", a-t-il conseillé.

Le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda a annoncé mercredi la création d'un fonds de soutien pour les entreprises japonaises voulant investir en Afrique, à hauteur de 1,6 milliard d'euros sur cinq ans.

Le gouvernement s'inquiète de la forte présence des entreprises chinoises sur le continent, qui assure à Pékin un approvisionnement en matières premières dont le Japon a lui aussi besoin.

Le ministre du Commerce Akira Amari espère que les investissements des entreprises japonaises vont doubler d'ici cinq ans.

Il a expliqué que les investissements devraient concerner surtout des "infrastructures lourdes", comme la fabrication de routes, de ports, de voies de chemin de fer, mais aussi des projets destinés à améliorer la sécurité des populations.

Dans son discours d'ouverture, M. Fukuda a aussi annoncé un doublement de l'aide publique au développement (APD) du Japon à l'Afrique et un soutien au continent pour qu'il multiplie par deux sa production de riz d'ici dix ans.

La directrice de l'Agence japonaise pour la coopération internationale (Jica), Sadako Ogata, a estimé que l'Afrique avait besoin de l'aide et des investissements.

"Le Japon pourrait bénéficier du développement de l'Afrique, c'est un investissement à long terme", a-t-elle dit.

A peine 1,5% de l'ensemble des investissements privés japonais en 2007 sont allés vers l'Afrique.

Monday, May 26, 2008

The Dawn of Aquarius ( movie )

" It has become appalingly obvious that our technology
has exceeded our humanity... MORALITY is of the
highest importance, but for us, not for God."

Albert Einstein

" Our scientific power has outrun our spiritual power;
we have guided missiles and misguided men...; if we are
to go forward, we must go back and rediscover those
precious values: that all reality hinges on MORAL
foundations and that all reality has spiritual
control...The Moral arc of the universe bends at the
elbow of justice."

Martin Luther King

" MORALITY is the basis of all things and
Truth is the substance of all morality."

Mahatma Gandhi