Thursday, July 10, 2008

Banque du Sud : les pays pauvres réussissent à échapper à la domination des Etats-Unis

Entretien avec Noam Chomsky

par Michael Shank

1er mars 2008

Michael Shank : En décembre 2007, sept pays d’Amérique du Sud ont officiellement lancé la Banque du Sud en réaction à une opposition grandissante à la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et autres Institutions financières internationales. Quelle est l’importance de ce changement et pourrait-il provoquer d’autres réactions dans les pays en voie de développement ? Se pourrait-il qu’un jour l’influence de la Banque Mondiale et du FMI soit totalement remise en cause ?

Noam Chomsky : Je pense que c’est très important, particulièrement parce que, et contrairement à ce que l’on pense en général ici, ce projet est soutenu par le plus grand pays, le Brésil. La propagande US, la propagande occidentale, tente de créer une division entre la bonne gauche et la mauvaise gauche. La bonne gauche, comme Lula au Brésil, c’est une gauche qui, il y a 40 ans, aurait été renversée par un coup d’état. A présent il représente un espoir, c’est un de leurs sauveurs. Mais la division est plutôt artificielle. Evidemment, ils sont différents. Lula n’est pas Chavez. Mais ils s’entendent plutôt bien, ils coopèrent. Et ils coopèrent avec la Banque du Sud.

La Banque du Sud pourrait s’avérer être une institution viable. Il y a de nombreux problèmes dans la région. Mais une des choses étonnantes qui se produisent en Amérique du Sud depuis un certain nombre d’années est qu’ils sont en train de dépasser les conflits et les clivages entre ces pays et ce pour la première fois depuis la conquête espagnole. C’est un continent très désintégré. Entre les pays, les systèmes de transport n’ont pas grand-chose en commun. Ils sont pour la plupart uniquement orientés vers la puissance impériale dominante. On y envoit les ressources, le capital, tandis qu’une petite minorité possède des châteaux sur la Côte d’Azur, ainsi de suite. Mais ils n’ont pas grand-chose en commun.

Il y a aussi un énorme fossé entre une élite riche, composée en majorité de blancs européanisés, et la population. Pour la première fois les deux formes de désintégration sont abordées : la désintégration interne à chaque pays et celle entre les pays. On ne peut pas dire que le problème soit résolu, mais au moins on l’aborde. La Banque du Sud est un exemple.

Les événements en Bolivie constituent un exemple frappant. Il se trouve que l’élite européenne, principalement blanche, et minoritaire est assise sur la majorité des réserves du sous-sol. Et pour la première fois la Bolivie est en train de se démocratiser. C’est pour cela qu’elle est détestée par l’Occident qui méprise la démocratie parce que celle-ci est bien trop dangereuse. Mais lorsque la majorité indienne a pris le pouvoir pour la première fois, à travers une élection si démocratique que nous aurions du mal à l’imaginer ici, la réaction de l’Occident fût plutôt hostile. Par exemple, je me souviens d’un article - je crois que c’était le Financial Times - qui condamnait Morales en l’accusant d’aller vers la dictature parce qu’il voulait nationaliser le pétrole. Ils ont oublié de préciser qu’il avait le soutien d’environ 90% de la population. Mais c’était quand même une tyrannie. La « tyrannie » c’est lorsque vous ne faites pas ce que les Etats-Unis vous disent de faire. Tout comme « modéré » veut dire "comme l’Arabie Saoudite" et lorsque vous faites ce qu’ils vous disent de faire.

A présent, dans les secteurs dominants de la Bolivie, ils parlent d’autonomie, et même de sécession, une demande qui serait probablement soutenue par les Etats-Unis qui tenteront de saper le développement d’un système démocratique où une majorité, qui se trouve être indienne, sera maitre de son destin et contrôlera les ressources, la politique et l’économie, etc. Le phénomène se produit ailleurs mais c’est en Bolivie qu’il se produit avec le plus d’acuité.

La Banque du Sud constitue un pas vers l’intégration de ces pays. Pourrait-il affaiblir les institutions financières internationales ? Oui, il le peut et, en fait, il est déjà en train de le faire. Le FMI a pratiquement été expulsé de toute l’Amérique latine. L’Argentine l’a annoncé d’une manière tout à fait explicite, « nous nous débarrassons du FMI. ». Ils avaient de bonnes raisons de le faire. L’Argentine avait été l’élève modèle du FMI. Ils ont rigoureusement suivi ses recommandations et le résultat fût un terrible effondrement économique. Ils ont réussi à sortir de la crise, d’abord en rejetant les préconisations du FMI. Et ça a marché. Ils ont été capables de rembourser leur dette, de restructurer leur dette et de la rembourser avec l’aide du Venezuela qui en a pris en charge une partie non négligeable. Le Brésil a réussi à rembourser sa dette et à se débarrasser du FMI. La Bolivie suit la même voie.

Le FMI est désormais dans une passe difficile parce qu’elle est en train de perdre ses réserves. L’organisme fonctionnait sur la collecte de dettes et si les pays restructurent leur dette ou refusent de la payer, elle se retrouve en difficulté. Et soi dit en passant, les pays pourraient légitimement refuser de payer une bonne partie de la dette parce que, à mon avis, elle est illégale à la base. Par exemple, si je vous prête de l’argent tout en sachant que c’est un risque pour moi, j’exigerais des intérêts élevés. Puis à un moment donné si vous me dites, « désolé, je ne peux plus payer », je ne peux pas appeler mes voisins pour vous obliger à me payer. Je ne peux pas appeler non plus vos voisins pour vous obliger à me payer. C’est pourtant ce que fait le FMI. Vous prêtez des sommes à une dictature et à une élite, la population n’a rien à voir là-dedans, et vous exigez des taux d’intérêt élevés parce que c’est risqué, puis ils vous annoncent qu’ils ne peuvent pas payer alors vous dites « pas de problème, vos voisins payeront pour vous ». C’est ce qu’ils appellent un ajustement structurel. Et mes voisins payeront effectivement pour moi. C’est le cartel des créditeurs du FMI, une manière pour le Nord de taxer le Sud.

La Banque Mondiale n’est pas la même institution, mais il y a les mêmes types de conflits et confrontations qui l’entourent. En Bolivie, un des événements majeurs qui a provoqué le soulèvement de la majorité indigène qui a finalement pris le pouvoir fût la tentative de la Banque Mondiale de privatiser l’eau. Dans un manuel d’économie, on vous expliquera qu’il faut payer l’eau le prix du marché, tenir compte de sa valeur marchande, oui, très bien, sauf que les pauvres, qui composent la majorité de la population, ne peuvent plus boire. Et ils appellent ça une externalité, quelque chose dont on n’a pas à s’occuper.

Ce que la population a fait - ce fût un conflit aigu, principalement à Cochabamba - les paysans ont simplement obligé les multinationales de l’eau, Bechtel et autres, à se retirer. Il y avait un mouvement de solidarité ici, c’était très intéressant. Mais la Banque Mondiale a été obligée de retirer le projet et il y en a d’autres similaires. D’un autre côté, certaines actions de la Banque Mondiale sont constructives. Ce n’est pas une institution totalement destructrice. Mais elle perd aussi de sa puissance.

Il se passe la meme chose en Asie. Prenez l’exemple de l’Asian Development Bank. A l’époque de la crise financière en Asie, en 1997-98, le Japon voulait créer à travers cette banque des réserves qui permettraient à d’autres pays de survivre la crise de la dette au lieu de vendre leurs richesses à l’Occident. Les Etats-Unis ont simplement bloqué le projet. Mais ils ne peuvent plus le faire. Les réserves en Asie sont tout simplement trop grosses. En fait, les Etats-Unis survivent grâce au financement du Japon et de la Chine qui subventionnent notre société de consommation largement endettée. Je ne crois pas que les Etats-Unis peuvent encore se permettre d’appeler la Asian Development Bank pour lui dire « désolé, mais vous ne pouvez faire ça. » C’est un peu comme pour la Banque du Sud. Des choses similaires sont en train de se produire au Moyen Orient, avec les fonds d’état (sovereign funds), etc.

Michael Shank : Avec ces institutions qui apparaissent dans les pays en voie de développement comme des alternatives au FMI et la Banque Mondiale, quelles initiatives de même ordre pourrait-on voir surgir en ce qui concerne les monnaies ?

Noam Chomsky : c’est déjà en cours. Le Koweït a déjà entamé une diversification limitée de son panier de devises. Les Emirats Arabes Unis et Dubaï se tournent vers leurs propres fonds de développement. Si l’Arabie Saoudite, le plus gros et le plus important, se joint à eux, cela deviendrait un centre majeur de financement, d’emprunts, d’échanges, etc. C’est déjà en cours. Ils investissent dans les pays riches et aussi dans une certaine mesure dans la région, en particulier en Afrique du nord. Des fonds de développement indépendants. C’est encore limité parce qu’ils ne veulent pas contrarier les Etats-Unis.

Bien sûr, de bien des manières, les élites ont besoin des Etats-Unis. La Chine, en particulier, a besoin du marché US. Elle ne veut pas l’affaiblir. Pareil pour le Japon. Alors ils préfèrent acheter des bons du trésor au lieu de faire des investissements plus profitables juste pour maintenir l’économie US, qui est leur marché. Mais la situation est très fragile. Ils pourraient très bien se tourner vers d’autres marchés et ils ont déjà commencé à le faire. Je ne pense pas que quelqu’un sait ce qui se passerait si les pays qui sont en possession de grosses réserves se tournaient vers des investissements rentables plutôt que de soutenir une économie fortement consommatrice et très endettée.

Michael Shank : L’Occident s’oppose aux pays qui nationalisent leur pétrole et leur gaz mais cette tendance se poursuit malgré tout. Comment cela se terminera-t-il ? Imaginez-vous que les pays riches en pétrole et gaz se réunissent pour créer un marché alternatif ?

Noam Chomsky : Ils ont essayé avec l’OPEP qui, dans une certaine mesure remplit ce rôle. Mais ils doivent se résoudre au fait que l’Occident ne les laissera pas faire. Remontons à 1974, l’année de la première tentative d’indépendance des pays pétroliers. Relisez ce que les journalistes et commentateurs américains disaient à l’époque. Ils disaient que le pétrole n’appartenait pas à ces gens-là. Les plus modérés affirmaient que le pétrole devait être internationalisé au profit de la communauté internationale. L’agriculture américaine n’avait pas à être internationalisée au profit de la communauté internationale mais le pétrole de l’Arabie Saoudite devait l’être parce l’Arabie Saoudite n’obéissait plus aux ordres.

Les plus extremistes, je crois qu’il s’agissait d’Irving Kristol, disaient que les nations insignifiantes, comme les gens insignifiants, se berçaient parfois d’illusions sur leur importance. Et donc que l’ère de la politique de la canonnière n’était pas révolue et que nous devions simplement aller nous servir sur place. Robert Tucker, un spécialiste sérieux en relations internationales et qui est considéré comme plutôt un modéré, a dit que c’était un scandale que nous les laissions gérer leurs propres ressources naturelles. Pourquoi rester les bras croisés si nous avons la puissance militaire suffisante pour nous en emparer. Relisez quelqu’un comme George Kennan, considéré comme un grand humaniste. Lorsqu’il travaillait dans le secteur de la planification, à la fin des années 40 et au début des années 50, il disait que des mesures radicales pouvaient s’avérer nécessaires pour « protéger nos ressources » - qui se trouvaient par hasard dans des pays étrangers. C’était juste une erreur de géographie. Ce sont nos ressources et nous devons les protéger par des mesures radicales, y compris en instaurant des états policiers et tout le reste.

Prenez Bill Clinton. Lui aussi avait une doctrine, chaque président avait la sienne. Elle s’exprimait d’une manière moins éhontée que celle de Bush, elle était donc moins critiquée. Mais, prise au pied de la lettre, sa doctrine était plus radicale que celle de Bush. La doctrine de Clinton, telle qu’elle fût officiellement présentée devant le Congrès, stipulait que les Etats-Unis se réservaient le droit unilatéral de recourir à la puissance militaire pour protéger les marchés et les ressources naturelles. La doctrine de Bush stipule qu’il nous faut un prétexte pour intervenir, comme celui d’une menace. La doctrine de Clinton ne s’embarrassait pas de prétextes, nous n’avions pas besoin de prétextes. S’agissant des marchés et des ressources naturelles, nous avions le droit de nous en assurer le contrôle, ce qui est somme toute logique lorsqu’on considère que le monde entier nous appartient alors, évidemment, nous avons le droit.

Il faudra chercher loin dans les extrêmes du spectre politique pour trouver une voix discordante. Alors si les pays pétroliers tentaient de gagner leur indépendance et le contrôle de leurs ressources naturelles, il y aurait une réaction très brutale de notre part. Les Etats-Unis, à ce jour, ont un appareil militaire. Ils dépensent plus pour cet appareil que tous les autres pays réunis. Il y a une raison à cela et ce n’est pas pour défendre nos frontières.

Michael Shank : Pensez-vous que l’Inde pourrait renverser ses alliances et se retourner vers la Russie et la Chine ou continuera-t-elle à s’accommoder de l’accord post-nucléaire avec les Etats-Unis ?

Noam Chomsky : Ca va dans les deux sens. Une des raisons de l’accord nucléaire, du point de vue des Etats-Unis, était d’encourager l’Inde à rejoindre le sphère d’influence US. Mais l’Inde joue un double jeu. Elle améliore ses relations avec la Chine aussi. Les relations commerciales, d’autres relations aussi, ainsi que les partenariats s’améliorent. L’Inde n’a pas été admise comme membre mais a un poste officiel d’observateur au sein de l’Organisation de Coopération de Shangai (OCS), qui est principalement une organisation chinoise mais qui est aussi une organisation en forte croissance qui pourrait contrer l’OTAN. Elle regroupe les états d’Asie Centrale, la Russie avec ses énormes ressources naturelles et la Chine, avec son économie en pleine expansion. Parmi les observateurs on trouve l’Inde, le Pakistan et, très important, l’Iran qui est accepté comme observateur et pourrait devenir membre. Mais l’organisation a exclu les Etats-Unis.

Les Etats-Unis voulaient un poste d’observateur. La candidature fût rejetée. L’OCS a officiellement déclaré que les forces militaires US devaient quitter le Moyen-Orient. Et elle fait partie d’un mouvement vers la création d’un réseau de Sécurité Energétique Asiatique et d’autres mesures en faveur d’une intégration de la région pour échapper au contrôle impérial, occidental, et aller vers l’indépendance. La Corée du sud - autre puissance industrielle majeure - n’a pas encore rejoint l’organisation mais pourrait le faire. Le Japon, pour le moment, accepte de servir les intérêts des Etats-Unis, mais ça aussi ça peut changer.

Il y a donc des forces centrifuges en action partout dans le monde.

Source : http://www.alternet.org/story/76657/

Le forum des peuples, contre pouvoir africain au G8

par Jérôme Ollier

Situé à une soixantaine de kilomètres de Bamako, au bord du fleuve Niger, c’est dans l’institut de promotion du développement rural de Katibougou que se tient le 7ème forum des peuples. Ecole agricole construite par des architectes russes dans les années 60, durant la présidence de Modibo Keita |1|, cette école instruisait à l’époque quelque 8000 étudiants, il n’en reste guère plus que 400 aujourd’hui.

Organisé par la CAD Mali |2|, le forum des peuples se réunit tous les ans au même moment que le G8 pour dénoncer les politiques meurtrières des 8 "puissants". L’évènement voit la participation de représentants de mouvements sociaux et d’ONG de toutes les régions du Mali mais aussi des délégations de plusieurs pays d’Afrique. Environ 600 personnes décortiquent et critiquent la mondialisation néolibérale durant les 4 jours où se succèdent assemblées et ateliers.

C’est d’ailleurs avec une intervention musclée que s’est ouvert le forum. D’anciens salariés de l’entreprise Huicoma et des jeunes "sans voix" du réseau No Vox ont reçu les officiels participant à la cérémonie en scandant des slogans tels que : "ATT |3|, Sarkozy, Mondialisation, pilleurs, voleurs, néo-coloniaux : A bas !" ou "Etat Malien : A bas !, Gouvernement Malien : A bas !". Privatisée en 2005, Huicoma était une entreprise de production d’huile à partir de graine de coton. Dans les six mois qui ont suivi sa privatisation, 700 des 1000 employés qui y travaillaient ont été renvoyés. Aujourd’hui en arrêt de production, l’usine a ses portes fermées à deux pas du forum, les travailleurs licenciés ont accueilli les participants derrière une banderole : "ATT, Groupe Tomota, Nos vies valent plus que vos profits".

Il faut dire que les privatisations ont été bon train ces dernières années au Mali, un des exemples les plus frappants étant celui de la régie des chemins de fer malien. Estimée à quelque 105 milliards de Francs CFA, elle a été cédée à un groupe franco-canadien pour 7 milliards. Ces privatisations ont été exigées |4| par les institutions financières internationales, celles-là même qui prônent cyniquement la "bonne gouvernance".

Les participants du forum ne s’y trompent pas d’ailleurs, le constat est sans appel... Dettes, Banque mondiale, FMI, privatisations, cherté de la vie, APE, tout est rejeté en bloc et avec force. La plupart des discussions ont lieu sur les formes de résistance à ces politiques, certains jouant la carte des interpellations des gouvernements par les "organisations de la société civile", d’autres appelant à la révolution. La souveraineté alimentaire, thème qui prend une place importante en ces temps de crise alimentaire, cristallise bien les divergences sous-jacentes. En effet, le gouvernement pour faire face à la crise vient de lancer "l’initiative riz", censée développer les cultures de riz dans le pays. Certaines organisations (qui ont participé à l’élaboration des plans agricoles) la soutiennent, tandis que d’autres clament qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une diversion du gouvernement pour tenter de faire passer l’imminente privatisation de la CMDT |5|.

Bien que fort orienté sur le Mali, le forum a également une dimension internationale, grâce au rejet total du G8 et aux intervenants étrangers d’abord, mais aussi par le biais de sujets régionaux. Ainsi les gouvernements du nord ont été dénoncés à plusieurs reprises pour leur ingérence dans les affaires du Zimbabwe. En effet, Mugabé est soutenu de manière quasi-unanime par les participants du forum.

Malgré quelques soucis inhérents à ce genre de sommet, les conclusions du forum doivent se révéler fructueuses et porteuses de mobilisations. Les luttes africaines sont d’une manière ou d’une autre amenées à grandir lorsque l’on voit que le transfert net sur la dette des pays d’Afrique subsaharienne a été de 15 milliards de dollars entre 2000 et 2006 |6|. Une grande part des richesses créées par les pays du Sud est donc transférée vers les coffres de leurs riches créanciers du Nord. Pourtant l’Afrique suffoque toujours sous une dette extérieure publique de 115 milliards de dollars |7|, et la "cherté de la vie" déclenche de vives réactions. Le G8 et leurs amis capitalistes sont encore maîtres des règles du jeux, mais ici, au Mali, la publicité de la banque belge KBC invitant à spéculer sur la hausse des prix des produits alimentaires indigne et la révolte gronde à juste titre.
Notes de bas de page:

|1| Président du Mali de 1960 à 1968, il a mené des politiques de type socialiste, il fut renversé par un coup d’état militaire, le 19 novembre 1968

|2| Membre du réseau CADTM international

|3| Acronyme du président malien actuel : Amadou Toumani Touré

|4| Dans le cadre de politique de lutte contre la pauvreté

|5| Compagnie malienne de développement du textile, historiquement associée à la production de coton au Mali

|6| Source : Banque mondiale, Global Development Finance 2007 (GDF 2007)

|7| Dette publique (ou garanties par le secteur publique) de l’Afrique Sub-Saharienne en 2006, source : GDF 2007

source de l'article: www.cadtm.org

The worldwide food shortage is the result of deliberate, Malthusian policies of genocide.


Instead of Wars of Starvation,Let Us Double Food Production

by Helga Zepp-LaRouche, May 2008


The fiery letters of an unprecedented human catastrophe already stand flickering on the wall, and it will be fatal for the world as a whole, if we do not succeed immediately, in the coming days and weeks, to declare globalization a failure, and to set everything into motion to double agricultural production capacity in the shortest possible time!

This is of the utmost urgency: Since October 2007, there have been food riots in over 40 nations. According to Rajat Nag, managing director general of the Asian Development Bank, 1 billion Asians (!) are already at serious risk from the hunger crisis, and in Africa, Ibero-America, and among the poor on the other continents, an additional 1 billion face the same fate. But according to Jacques Diouf, head of the UN Food and Agriculture Organization (FAO), since December his organization has been unable to raise 10.9 million euros (!) in order to purchase seed for poor farmers in developing countries. The rich states are simply not willing to support the developing countries with money, seed, and investment in infrastructure, Diouf told an FAO conference on Latin America in Brasilia in mid-April.

Jean Ziegler, UN Special Rapporteur on the Right to Food, pointed to an additional aspect of the crisis; namely, that the use of food for biofuels is a “crime against humanity.” In order that we might fill our gas tanks with ethanol with clear ecological conscience, people in the Third World must starve (and also die—HZL). Speaking of the resulting food riots, Ziegler said, “These are riots of utter despair by people who fear for their lives, and who, nagged by deathly fear, take to the streets.”

And that’s only the beginning. Because, as long as the current policy of the “rich” nations—i.e., the free-trade doctrine of the World Trade Organization (WTO), the European Union Commission, and so on—continues, the food cartels and speculators will take advantage of the conditions created by the escalating systemic crisis of the world financial system, to maximize their profits and to feed price inflation, without the farmers reaping any benefit therefrom. And if the world’s central banks continue their practice of using tax revenues in an attempt to make up for the speculative losses of private banks, then we are going to see hyperinflation à la Weimar Germany spread around the globe.

Under these circumstances, the entire planet will be swept by the storm winds of food riots, until humanity descends into a new dark age of chaos, gang warfare, and climbing death rates—or, until justice and life with human dignity are established for all human beings on this planet.
The Oligarchy’s Malthusian Axioms

For the year 2050, the UN forecasts a population growth of 33%, that is, from the current 6.7 billion to approximately 9 billion human beings. The demand for food will rise correspondingly, and if we add the approximately 2 billion who are currently undernourished, then a doubling of food production is a good rough measure on which we can orient our planning efforts.
Noel Celis
A child in Manila, the Philippines, reaches for rice, while his exhausted mother rests beside him. The worldwide food shortage is the result of deliberate, Malthusian policies of genocide.


One would be hard put to find another issue which more effectively unmasks the oligarchical axiomatic state of mind, as this one. The U.S.-Eurocentric outlook regards the prospective population growth as a threat, bringing with it the challenge of mass immigration of poor people into the developed countries, and the struggle to secure raw materials (most of which are located in the poor countries). This viewpoint was most recently expressed by Michael V. Hayden, U.S. Director of Central Intelligence, at a speech at the University of Kansas. He asserted that this growth will occur chiefly in the nations of Africa, Asia, and the Middle East, places where this population growth cannot be sustained economically, thus leading to a heightened danger of violence, rebellion, and extremism.

This same oligarchical axiomatic outlook underlies the unspeakable strategy paper issued by five retired generals, who count as the first among the six primary challenges to the world community, population growth and the unequal distribution of the demographic curve in the various continents. This poses the greatest threat to prosperity, responsible government, and energy security, these generals say. The model for this neo-Malthusian, imperial world-view is the infamous National Strategic Study Memorandum 200 (NSSM 200), drafted by Henry Kissinger in 1974, which declares all raw materials around the world to be a U.S. strategic security interest.

The truth is, that the oligarchical model which Richard Nixon, Henry Kissinger, and George Shultz set into motion on Aug. 15, 1971, with the end of Roosevelt’s Bretton Woods system and of fixed currency exchange rates, thereby systematically guiding the economy into the direction of unregulated free trade, has now completely failed. This 1971 paradigm-shift away from production and into speculation—unregulated credit generation in the so-called offshore markets such as the Cayman Islands, where 80% of all hedge funds are headquartered—ushered in the emergence of today’s casino economy.

Since that time, step by step, each new precedent has gone in the direction of the neo-liberal model: the creation of the eurodollar market; the 1974 oil price swindle; the 1975 hardening of “IMF conditionalities”; the assaults by the Carter Administration, beginning in 1976, against “mercantilist tendencies in the developing countries”; Federal Reserve Chairman Paul Volcker’s 1979 high interest rate policy; the policies of “Reaganomics” and “Thatcher economics” in the 1980s, including the mergers and hostile takeovers typifying a process of ever greater cartelization; Alan Greenspan’s invention of miraculous “creative credit instruments” following the Crash of 1987; and the unfettered globalization following the disintegration of the Soviet Union in 1991, and the transfer of industrial production into “cheap production countries”—all these were further mileposts in the same direction.
Behind Today’s Hunger Catastrophe

It is in this context that we must consider today’s exploding hunger catastrophe. Formerly, since 1957, the European Economic Community’s Common Agricultural Policy (CAP) had been designed to supply the population with sufficient foodstuffs at reasonable prices, so that farmers had an appropriate income and agricultural production could be increased. But with the introduction of unfettered globalization, other, entirely different criteria took precedence. With the 1992 agricultural reform, consumer price reductions were instituted, for example: beef -20%, grains -30%, and milk -15%. But there were no provisions for corresponding compensation to the farmers. Instead, they were offered financial assistance tied to compliance with “ecological criteria.”

The farmers had been talked into this deal with the argument that they “must hold their own on the world market,” i.e., they must be able to compete with cheapened production abroad. In practice, however, it meant that many farmers had to shut down completely, while others could run their farms only as a part-time occupation, such that a career in farming became unattractive for the young generation, resulting in the loss of many family farms.

This trend in the direction of free trade was escalated by the so-called Uruguay Round, the final negotiation session of the GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), which ended their former practice of considering the rules of agricultural production from the standpoint of food security, and instead bound themselves to the strict rule of free trade, and thus to the food cartels’ demand for maximization of profit.

Since that time, millions of farms have gone bankrupt, and the process of cartelization has taken hold to such an extent, that in five months, the FAO has been unable to pull together a pitiful 10 million euros so that, in the midst of this hunger catastrophe, the poor countries might be able to sow seed—seed which is controlled by only three companies!

The replacement of GATT—which still had the form of a multilateral agreement among states—by the World Trade Organization, a supranational bureaucracy with far-reaching independent powers, portended a further round of deregulation, abolishment of all trade barriers not bound by collective bargaining agreements, and “harmonization” of member-states’ standards. The chief beneficiaries of these measures in the direction of free trade, were, once again, the food cartels. Since then, completely anonymous WTO boards of experts have enjoyed the right to impose penalties on violators against free trade, without these “experts” being obliged in any way to account to voters for their actions.

For the European Union, the Agenda 2000 and the agricultural reform of 2005 further stepped up the tempo in the direction of reduction of surpluses (and thus the destruction of foodstuff reserves and exports). Instead of setting fair producer prices which could cover production costs, compensatory payments were made for leaving land fallow—“set-aside” policy—and for completely arbitrary environmental protection measures. And so, the trend toward sell-offs of independent family farms proceeded apace.

Former German Minister of Agriculture (and later Consumer Protection Minister) Renate Künast, and Austrian former EU Commissioner for Agriculture, Rural Development, and Fisheries Franz Fischler, were correct when they spoke of a systemic change being introduced with this agricultural reform. Fischler cynically observed at the time, that the compulsory price reductions would also bring about a reduction in the intensity of cultivation, because the farmers would not have any money left for fertilizer or pesticides.

A bit later, some farmers fared better financially for a while, because of the EU subsidies for cultivation of plants for biofuels—but with the above-mentioned catastrophic consequences. And it should be pointed out the pioneer in the use of foodstuffs for the production of ethanol, was Benito Mussolini.

Under the WTO and EU Commission regime, production capacity was reduced in the industrial nations, while at the time, the developing countries were forced to export cheap foodstuffs in order to earn cash to repay foreign debt—and this, frequently, even though their own population was not adequately supplied with food. And so, today, the economic and moral bankruptcy of this system of British free trade and Manchester capitalism is plain for all to see.

Fortunately, there is also resistance against the genocidal policies of WTO and EU free trade. In recent weeks, French Agriculture Minister Michel Barnier and German Consumer Protection Minister Horst Seehofer have begun a campaign aimed directly against the EU policies. Barnier started a European-wide campaign in defense of the CAP, a policy which some free-trade fanatics (such as David Spector, an Associate Professor at the Paris School of Economics, and the Financial Times) are demanding be completely abolished, despite the hunger crisis. Barnier attacks the idea that the poorest countries should export food to the rich countries, as a total departure from reality, since it is precisely such a policy which has ruined subsistence agriculture and local production in the poorest countries. Instead of this, Barnier demands that Africa, Latin America, and Asia likewise institute their own CAPs—i.e., a protectionist parity system.
Emergency Measures Needed Now

There can be only one answer to the obvious bankruptcy of murderous free trade: We need a worldwide mobilization for the most rapid possible doubling of agricultural production.

The WTO itself must be dissolved, immediately.

Leading up to the FAO conference in Rome on June 3-5, all means, including unconventional ones, must be made available for enabling the FAO to set a program into motion to increase agricultural production worldwide. This must include a new “Green Revolution,” as well as medium-term measures for the expansion of infrastructure, the building up of food-processing industries in developing countries which do not have them, and for water management.

The topic of a new and just world economic order must be put onto the agenda. In view of the existential significance of this issue for the future of all humankind, a special session of the UN General Assembly must be convened on this theme.

The New Bretton Woods system, and a New Deal for the entire world, in the tradition of Franklin D. Roosevelt—measures which many heads of state and economists have been calling for—must immediately become the subject of an emergency conference of heads of state, who must decide upon a new world financial system which would permit all nations to develop. The building of the Eurasian Land-Bridge must be agreed upon as the keystone for reconstructing the world economy.

In the U.S. Declaration of Independence—which the Schiller Institute’s founding conference in 1984 adopted as its charter by making it applicable for all nations of this world, by just a few wording changes—it says:

“We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness.”

This Declaration of Human Rights must hold true still today—for all human beings on this planet. What we need today, is men and women who fight with passion and love for the idea of a just world order, one in which the community of nations can live together in peace and human dignity. Life, Liberty, and Happiness mean, above all, that all people have enough to eat and that poverty is abolished—something which we have all the technological means to bring about. Whether we can make this vision into reality, or whether we instead speed humanity into collapse, is how each one of us will be measured by history.

Article source: http://www.schillerinstitute.org/food_for_peace/hzl_double_food.html

The Schiller Institute
PO BOX 20244
Washington, DC 20041-0244
703-771-8390

(Secret) World Bank Report: Bio-fuels responsible for food crisis...

Aditya Chakrabortty
The Guardian, Friday July 4, 2008

Biofuels have forced global food prices up by 75% - far more than previously estimated - according to a confidential World Bank report obtained by the Guardian.

The damning unpublished assessment is based on the most detailed analysis of the crisis so far, carried out by an internationally-respected economist at global financial body.

The figure emphatically contradicts the US government's claims that plant-derived fuels contribute less than 3% to food-price rises. It will add to pressure on governments in Washington and across Europe, which have turned to plant-derived fuels to reduce emissions of greenhouse gases and reduce their dependence on imported oil.

Senior development sources believe the report, completed in April, has not been published to avoid embarrassing President George Bush.

"It would put the World Bank in a political hot-spot with the White House," said one yesterday.

The news comes at a critical point in the world's negotiations on biofuels policy. Leaders of the G8 industrialised countries meet next week in Hokkaido, Japan, where they will discuss the food crisis and come under intense lobbying from campaigners calling for a moratorium on the use of plant-derived fuels.

It will also put pressure on the British government, which is due to release its own report on the impact of biofuels, the Gallagher Report. The Guardian has previously reported that the British study will state that plant fuels have played a "significant" part in pushing up food prices to record levels. Although it was expected last week, the report has still not been released.

"Political leaders seem intent on suppressing and ignoring the strong evidence that biofuels are a major factor in recent food price rises," said Robert Bailey, policy adviser at Oxfam. "It is imperative that we have the full picture. While politicians concentrate on keeping industry lobbies happy, people in poor countries cannot afford enough to eat."

Rising food prices have pushed 100m people worldwide below the poverty line, estimates the World Bank, and have sparked riots from Bangladesh to Egypt. Government ministers here have described higher food and fuel prices as "the first real economic crisis of globalisation".

President Bush has linked higher food prices to higher demand from India and China, but the leaked World Bank study disputes that: "Rapid income growth in developing countries has not led to large increases in global grain consumption and was not a major factor responsible for the large price increases."

Even successive droughts in Australia, calculates the report, have had a marginal impact. Instead, it argues that the EU and US drive for biofuels has had by far the biggest impact on food supply and prices.

Since April, all petrol and diesel in Britain has had to include 2.5% from biofuels. The EU has been considering raising that target to 10% by 2020, but is faced with mounting evidence that that will only push food prices higher.

"Without the increase in biofuels, global wheat and maize stocks would not have declined appreciably and price increases due to other factors would have been moderate," says the report. The basket of food prices examined in the study rose by 140% between 2002 and this February. The report estimates that higher energy and fertiliser prices accounted for an increase of only 15%, while biofuels have been responsible for a 75% jump over that period.

It argues that production of biofuels has distorted food markets in three main ways. First, it has diverted grain away from food for fuel, with over a third of US corn now used to produce ethanol and about half of vegetable oils in the EU going towards the production of biodiesel. Second, farmers have been encouraged to set land aside for biofuel production. Third, it has sparked financial speculation in grains, driving prices up higher.

Other reviews of the food crisis looked at it over a much longer period, or have not linked these three factors, and so arrived at smaller estimates of the impact from biofuels. But the report author, Don Mitchell, is a senior economist at the Bank and has done a detailed, month-by-month analysis of the surge in food prices, which allows much closer examination of the link between biofuels and food supply.

The report points out biofuels derived from sugarcane, which Brazil specializes in, have not had such a dramatic impact.

Supporters of biofuels argue that they are a greener alternative to relying on oil and other fossil fuels, but even that claim has been disputed by some experts, who argue that it does not apply to US production of ethanol from plants.

"It is clear that some biofuels have huge impacts on food prices," said Dr David King, the government's former chief scientific adviser, last night. "All we are doing by supporting these is subsidising higher food prices, while doing nothing to tackle climate change."

article source: http://www.guardian.co.uk/environment/2008/jul/03/biofuels.renewableenergy

Les agro-carburants responsables à 75% de la hausse des prix alimentaires

La Banque mondiale censure un rapport sur les agro-carburants

source de l'article: www.cadtm.org

Un nouveau rapport, non publié, de la Banque mondiale accuse la course folle aux agro-carburants d’être responsable à 75% de la hausse vertigineuse des prix alimentaires. Cette flambée des prix aurait déjà coûté 324 milliards de dollars aux consommateurs des pays pauvres et pourrait faire plonger 105 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

L’économiste de la Banque mondiale Don Mitchell a calculé le prix d’un panier de denrées entre janvier 2002 et février 2008, et mesuré une hausse globale de 140%. Prenant en compte la « chaîne des conséquences », Mitchell estime que sur les 140%, 35% sont imputables à la hausse des prix de l’énergie, des engrais et à la faiblesse du dollar, et 75% aux agro-carburants.

D’après le quotidien britannique The Guardian |1|, le rapport « affirme que la production des biocarburants a désorganisé le marché des produits alimentaires de trois façons majeures. D’abord, [la demande pour les biocarburants] détourne le blé vers l’éthanol et non vers l’alimentation. Ensuite, à l’heure actuelle, presque un tiers du maïs produit aux Etats-Unis sert à la production d’éthanol et environ la moitié des huiles végétales (colza, tournesol, etc.) sont utilisées pour le bio-diesel. Et finalement, cette dynamique haussière a attiré la spéculation sur les céréales. »

Pour leur part, la FAO et l’OCDE estiment à 30% l’impact des agro-carburants sur les prix, et l’Union européenne estime que « l’impact à long terme des biocarburants sur les prix des céréales ne dépassera pas 3 à 6% par rapport aux prix de 2006 ».

La Banque mondiale n’a pas publié son étude afin d’échapper aux foudres de l’administration Bush, pour qui les agro-carburants ne sont responsables que de 3% de la hausse des prix.

En tout cas, le rapport donne raison à Mme Helga Zepp-LaRouche |2| qui, face à la nécessité d’augmenter la production alimentaire mondiale, a demandé de suspendre toute dérive dans ce sens.
Notes de bas de page:

|1| http://www.guardian.co.uk/environment/2008/jul/03/biofuels.renewableenergy

|2| www.schillerinstitute.org

RDC-CHINE: Le pillage des ressources minieres de la RDC continue...

Le peuple congolais est floué par le contrat RDC-Chine

source de l'article: www.cadtm.org

Le sous-sol congolais regorge d’énormes ressources naturelles qui font l’objet d’un pillage systématique de la part des groupes miniers géants avec la complicité des autorités politiques de ce pays. Cette situation fait de cette nation l’un des pays les plus pauvre au monde, alors que son sous-sol est réputé être un véritable « scandale géologique ». L’exploitation de ces ressources naturelles apporte aux entreprises privées transnationales des profits démesurés tandis que les recettes correspondantes pour l’Etat sont dérisoires : seulement 6% du budget ! La population congolaise qui vit dans l’extrême pauvreté n’en profite absolument pas.

Il faut encore ajouter à cela le poids actuel de la dette qui est insupportable. En effet, le remboursement du service de la dette, en grande partie illégitime et odieuse puisque largement héritée de la dictature de Mobutu, accapare en 2008 environ 20% des dépenses totales du budget. Encore une fois, c’est la population congolaise qui doit le supporter et ce n’est pas près de s’arrêter vu que le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) risque à nouveau d’être reporté à 2009.

Ce report incessant du point d’achèvement, qui donne droit à un allégement de dette conditionnée à l’application de politiques néo-libérales favorables aux entreprises minières, montre qu’il est inutile d’attendre un geste de la Banque mondiale et du FMI pour le développement de la RDC. Les pouvoirs publics doivent donc se saisir de l’audit de la dette pour légitimer la répudiation des dettes congolaises afin de libérer des ressources financières et se libérer de l’emprise de la Banque mondiale et du FMI.

Pour autant, les contrats actuels signés avec la Chine ne constituent pas une réelle alternative à ces deux bailleurs de fonds internationaux. En septembre 2007, au moment où le peuple congolais attendait la publication par le gouvernement du rapport de la commission d’audit des contrats miniers qui devrait dénoncer les contrats non conformes à la législation, le gouvernement a signé un contrat d’exploitation minière avec un groupement d’entreprises chinoises pour une durée d’environ 30 ans.

Ce contrat se traduit par la création d’une joint-venture qui sera détenue à 68% par les entreprises chinoises et à 32% par des sociétés congolaises. Le projet sera financé par les fonds provenant de la Chine, d’où il y a risque d’endettement de la RDC envers ce pays. Alors que ces financements ne seront débloqués qu’après les études de faisabilité, le gouvernement congolais a déjà mis à la disposition de la joint-venture des gisements d’au moins 10,6 millions de tonnes de cuivre et 600 000 tonnes de cobalt.

Le CADTM dénonce la conclusion de ce contrat pour lequel tout a été mis en œuvre pour qu’il ne profite en rien à la population congolaise. En effet, le remboursement des investissements du projet est réparti en trois périodes. La totalité des bénéfices réalisés durant la première période par la joint-venture sera affectée au remboursement des investissements miniers, y compris leurs intérêts. Durant la deuxième période, 66% des bénéfices réalisés par la joint-venture seront affectés à ce remboursement et les 34% restants serviront à la rétribution des actionnaires. Au cours de la troisième période, la totalité de ses bénéfices sera distribué aux actionnaires, au prorata de leurs parts dans le capital social. Pendant les deux périodes dont la durée n’est pas déterminée, la RDC accordera des avantages particuliers à la joint-venture qui se traduit par « l’exonération totale de tous les impôts, droits, taxes, douanes, redevances directs et indirects, à l’intérieur ou à l’import et l’export, payables en RDC et ceux liés aux activités minières et au développement d’infrastructures ». Rien ne sera affecté au budget de l’Etat.

Le CADTM s’indigne du fait que le peuple congolais est floué avec la complicité des autorités congolaises qui ont organisé le bradage pur et simple des richesses nationales pour leurs propres intérêts et au profit des entreprises chinoises. C’est la continuation de la politique néfaste suivie avec les transnationales occidentales au cours de la période antérieure.

Il est évident que l’exploitation des ressources naturelles congolaises devrait servir en totalité au développement du pays et à l’amélioration des conditions de vie de la population largement touchée par la misère. Les intérêts du peuple congolais ne sont absolument pas pris en compte tandis qu’une minorité d’acteurs économiques et politiques ainsi que des entreprises étrangères s’enrichissent fabuleusement. Pour le CADTM, cette situation n’est pas acceptable. La satisfaction des besoins humains fondamentaux de la population congolaise passe nécessairement par l’annulation de toutes les dettes illégitimes et odieuses et par la conclusion de contrats d’exploitation des ressources naturelles qui profitent à la population.





S

Texte juridique relatif à l'illégitimité de la dette Etatique

La décision souveraine de déclarer la nullité de la dette ou la décision de non paiement de la dette : un droit de l’état

par Hugo Ruiz Diaz

source: www.cadtm.org

Observation importante : ce texte constitue une première approche relative a l’acte souverain unilatéral, mécanisme souverain pour declarer l’illegitimite de la dette.

Son objectif est d’apporter des éléments de solutions de fond au problème du caractere illicite de l’endettement. d’autres mécanismes internationaux, comme la saisine de la cour internationale de justice pour opinion consultative, ne sont pas traités dans ce court texte et feront l’objet d’ une autre analyse.

Introduction

Comme Etat souverain, l’Equateur a décidé la mise sur pied d’un audit de la dette pour se prononcer sur son caractère légal ou illégal, légitime ou illégitime. En ce sens, l’audit est un acte gouvernemental légitime -un véritable acte unilatéral souverain- relevant de compétences propres et largement reconnues en droit international.

Il s’agit bien d’un acte unilatéral en tant que tel pour la simple raison que le gouvernement équatorien n’avait nullement besoin de consulter les créanciers pour décider d’un audit et qu’un acte interne entraîne l’intégralité de ses effets juridiques. Cette décision fondée ne lèse ni ne viole aucune obligation internationale. C’est un acte juridico-politique, comme tout autre acte juridique international.

Par ailleurs, au moment de décider de la réalisation de l’audit, le gouvernement équatorien aurait pu exercer, licitement, son droit de suspendre le paiement ou simplement de déclarer un moratoire, jusqu’a ce que l’audit détermine le caractère licite ou illicite des dettes.

En effet, une telle mesure répond au fait qu’un gouvernement qui poursuit le remboursement du service de la dette paiera probablement - et potentiellement - des dettes dont l’audit pourrait révéler le caractère illicite. De plus, la récupération de ces fonds publics demandera des procédures longues et complexes. En procédant ainsi, il est peu probable que d’autres Etats ou créanciers multilatéraux ou privés puissent s’appuyer sur un argument juridique sérieux contraire à la décision de suspension in temporis.

Il ne fait aucun doute - et il n’y en a aucun - que la décision de réaliser un audit de la dette est un acte souverain juridique unilatéral et un acte licite pleinement reconnu en droit international.

Ainsi, avant même de procéder à une analyse de fond du caractère légal ou illégal, le travail de la commission responsable de l’audit repose entièrement sur un acte unilatéral de l’Etat équatorien relatif au thème, délicat et complexe, de la dette publique interne. Un tel acte ne viole ni le principe de continuité de l’Etat, ni de supposées obligations internationales de rembourser des dettes contractées légalement, pas plus qu’il ne lèse les droits des créanciers, qu’ils soient bilatéraux, multilatéraux ou privés.

En ce sens, l’acte souverain unilatéral est un mécanisme, une action, une voie directement liée et complémentaire à d’autres actions, particulièrement des actions et revendications à l’initiative de groupes de citoyens devant des tribunaux étrangers pour réclamer des réparations aux créanciers. Ces deux voies se renforcent mutuellement.

La différence avec ces actions provient du fait qu’il s’agit d’un acte interne de l’Etat. En plus d’être un acte souverain, cet acte vient renforcer les actions judiciaires des citoyens. Cette mesure permet également l’application de la responsabilité internationale des institutions financières internationales ainsi que des créanciers privés. Par conséquent, elle débouche sur l’obligation de procéder à des réparations selon le droit international. Une autre différence avec les actions judiciaires est que celles-ci, dans un premier temps, se limitent à réclamer des réparations, mais ne s’appuient pas – parce que ce n’est pas possible - sur une déclaration d’illégalité ou d’illégitimité de la dette.

Un point important : dans le cas que nous occupe, nous faisons référence à un acte unilatéral dont l’intention serait de confirmer les droits de l’Etat équatorien. En confirmant ses droits, cet acte signifierait en même temps la reconnaissance du droit à la réparation selon le régime du droit international.
1. D’autres actes unilatéraux : la pratique récente de l’état equatorien

Les actes souverains internes sont reconnus en droit international comme des ACTES UNILATÉRAUX. Leur utilisation fréquente, par les Etats, dans le cadre de leurs relations internationales, témoigne de leur importance dans la réalité quotidienne, et cela dans les domaines les plus variés. Ces actes unilatéraux sont destinés à produire des effets juridiques de pleine portée en droit international.

Pour revenir à l’Etat équatorien, un autre exemple récent d’acte unilatéral classique a été la décision prise par le gouvernement de dénoncer par voie de communication sa décision de retirer son consentement à la juridiction du CIRDI. C’est un acte interne qui produit, je le répète, tous les effets juridiques en droit international et face aux instances internationales. Celui-ci rentre parfaitement dans la pratique internationale et c’est un acte fondamentalement licite résultant de l’exercice des compétences de l’Etat. Il n’existe aucun doute sur ce point. Cette décision a été officiellement communiquée au Secrétariat général du CIRDI par la note No. 4-3-74/07 du 04 décembre 2007 complémentant la Note no. 5635/64 émise par le Ministère des Relations Extérieures le 23 novembre 2007.

Il est important de citer cet exemple car il est directement lié à la problématique de la dette externe. En effet, les politiques d’ajustement imposées par le FMI, la BM et leurs organismes régionaux- et autres conditionnalités annexes - incluent, entre autres, la libéralisation des flux de capitaux et particulièrement la réduction drastique - voire la suppression - des restrictions « imposées » aux investissements étrangers par les lois nationales. Généralement, ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’exigence de la renonciation à l’exercice de la compétence de la juridiction nationale au bénéfice de tribunaux étrangers – normalement ceux des pays développés - ou de tribunaux d’arbitrage, tel que le CIRDI.

Un autre cas plus récent encore et qui constitue un véritable acte de l’Etat équatorien – comme instance de droit international- et produit tous les effets juridiques hors du territoire équatorien est la disposition constitutionnelle relative à la dette et à ses modalités d’emprunt, en voie d’approbation par l’Assemblée constituante |1|. Y compris dans le cas où cette disposition ne serait pas la version définitive. Quoi qu’il en soit, l’essentiel réside dans le fait que la disposition est interne, produit d’un organe de l’Etat (ainsi la décision de dénoncer la juridiction du CIRDI), et qu’elle produit des effets juridiques sur les plans interne et international.

La disposition, au delà des critères retenus et énumérés, s’adresse aux futurs créanciers, y compris ceux qui résident hors du territoire équatorien. Ceux-ci, même soumis aux règles d’autres Etats (par exemple une banque allemande est soumise aux lois allemandes) ou régis par d’autres normes de droit international (p.e. FMI, BID, BM), et siégeant hors du territoire équatorien, doivent impérativement s’y soumettre, indépendamment du lieu de signature du contrat ou accord international de prêt. Dans le cas d’adoption de la version actuelle de la disposition, aucun de ces créanciers ne pourrait exiger l’application des lois du pays dont il est ressortissant- loi allemande dans l’exemple précédent - ou autres dispositions décidées hors du territoire équatorien par d’autres instances. De plus, pour que les prêts publics soient considérés licites, tous les futurs créanciers devront impérativement se soumettre également à la disposition constitutionnelle. Dans le cas contraire, nous serions face à des actes de nullité absolue.
2.LE CAS DE L’ACTE UNILATÉRAL DU PARAGUAY EN 2005 : un exemple récent de l’actualité de l’acte souverain unilatéral

Le 31 mai 2005, le Tribunal Fédéral Suprême suisse a rendu un jugement contre l’Etat Paraguayen dans le cas d’une dette publique contractée auprès de banques privées suisses ou autres. Face à cette décision arbitraire, l’Exécutif paraguayen a promulgué le Décret 6295, du 26 août 2005, par lequel il refuse de s’acquitter de cette dette. Cela peut être interprété comme une répudiation de dette, acte reconnu en droit international et dans la pratique des Etats. De plus, le Paraguay a officiellement transmis sa décision par voie diplomatique au gouvernement suisse afin de consolider les droits de l’Etat paraguayen. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, le Président de la République du Paraguay a affirmé, se référant à cet emprunt et confirmant l’acte unilatéral et son refus de payer, que : "Cet acte frauduleux a été le fait de fonctionnaires d’une dictature corrompue, qui en collusion avec un groupe de banques internationales cherchent à nous dépouiller de ressources dont en toute urgence notre pays a besoin". (3 octobre 2005).

L’acte unilatéral de l’Etat paraguayen, comme l’a affirmé son Président, nous met face à un thème pertinent et d’actualité en droit international et surtout, face à la légitimité fondamentale de l’acte unilatéral. Mais aussi face aux voies concrètes dont l’Etat équatorien dispose dans le cas où l’audit mettrait en évidence l’illégitimité de la dette. A partir du moment où la Commission officielle créée par le gouvernement équatorien conclut après une analyse rigoureuse, que la dette est illégitime (la commission agit en tant qu’organe de l’état), le gouvernement peut ipso juris procéder à un acte souverain unilatéral. Pour cela, il n’a pas besoin de recourir au préalable à une autre instance nationale ou internationale.

Dans le cas cité, en plus d’invoquer le caractère frauduleux de la dette, - produisant tous les effets juridiques y compris face à l’Etat suisse - le gouvernement paraguayen confirme son droit en tant qu’obligation internationale à exiger de la Suisse des réparations, conformément au droit international, en portant l’affaire devant la Cour Internationale de Justice. D’autant que le Tribunal Suisse, de façon arbitraire et en écartant tout au long du procès les preuves apportées par le Paraguay, a condamné l’Etat paraguayen au profit des créanciers privés. Le tribunal suisse agit en tant qu’organe d’Etat quand il se prononce. Il s’agit donc un acte de l’Etat suisse, un acte internationalement illicite qui engage sa responsabilité. Un tel cas témoigne de l’importance d’un acte souverain, de sa pertinence, de sa légitimité et de son importance en tant que mécanisme de protection et de confirmation des droits.

L’acte unilatéral- mieux, les actes unilatéraux mentionnés- qui nous occupe naît dès lors qu’il est formulé et, évidemment, dès que les conditions de validité exigées sont remplies. L’acceptation ou quelque autre acte ou comportement en ce sens, de la part de l’Etat ou des Etats (dans le cas de dette bilatérale illicite) ou d’une organisation ou d’organisations internationales destinataires (BID, FMI, BM....) ou des personnes privées, morales ou physiques ( banques privées), n’étant pas nécessaire.

L’illégitimité de la dette n’est qu’un argument juridique international possible parmi d’autres afin de déclarer la décision de non paiement.
Notes de bas de page:

|1| Voir : « Equateur : Dette publique. Projet de nouvelle constitution équatorienne (articles adoptés en première lecture, soumis à discussion et approbation finale) » sur le site http://www.cadtm.org/spip.php ?article3521

Tuesday, July 08, 2008

SOMMET DU G8: LES "VALETS NOIRS" AFRICAINS MENDIENT AUPRES DE LEURS MAITRES...


Le sommet du G8 démarre par une "journée africaine" consacrée à "l'aide"...

JAPON - 7 juillet 2008 - AFP

Les dirigeants des pays riches du G8 ont démarré lundi leurs travaux à Toyako (Japon) par des discussions avec sept Etats africains, centrées sur le développement de l'Afrique où l'envolée des prix du pétrole et de l'alimentation aggrave la situation des plus pauvres.

Les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) et ceux des pays africains invités (Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, plus l'Union africaine) se sont retrouvés pour un déjeuner, suivi d'une séance de travail, dans un hôtel de luxe isolé dans les montagnes du nord du Japon.

Ces discussions devaient être centrées sur le développement. Les pays africains attendent notamment du G8 qu'il confirme l'engagement pris lors du sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005, consistant à doubler son aide annuelle à l'Afrique en 2010 par rapport à son niveau de 2004 (25 milliards de dollars).

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, également présent à Toyako, a annoncé qu'il allait proposer aux pays de l'Union européenne (UE) de créer un fond doté d'un milliard d'euros pour soutenir le secteur agricole dans les pays en développement.

Ce fonds, financé par des excédents budgétaires inutilisés de l'UE, "sera consacré à des mesures pour améliorer l'accès à la production agricole, y compris les engrais et les semences, sans doute par le biais de crédits", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Selon lui, le montant total de l'aide de l'UE débloquée pour faire face aux conséquences de la crise alimentaire atteindrait alors 1,8 milliard d'euros.

La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part affirmé à la presse allemande avant de se rendre au G8, que ce dernier allait adopter un "vaste catalogue de mesures pour garantir l'alimentation mondiale".

Le président français Nicolas Sarkozy a de son côté déclaré à un journal japonais que le G8 allait appeler les pays riches qui ne l'ont pas encore fait à lever leurs restrictions aux exportations d'aliments.

"La crise alimentaire internationale est un défi majeur pour le monde (...) au 21e siècle, nous devons pouvoir nourrir la planète", a-t-il estimé.

Les pays africains et les Nations unies attendent fermement du G8 que ces promesses d'aide ne restent pas lettre morte.

Selon eux, moins d'un quart des 25 milliards de dollars supplémentaires d'aide promis à Gleneagles pour 2010 ont effectivement été débloqué.

"Les dirigeants africains attendent du G8 qu'ils transforment leurs promesses existantes en actions. La crédibilité des engagements internationaux est en jeu", avait averti la semaine dernière le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping.

Egalement présentes à Toyako, les organisations non-gouvernementales (ONG) pressent également les pays du G8 à respecter leurs engagements.

"Nous ne devons pas les laisser fuir leurs promesses", a déclaré le militant de l'organisation britannique Oxfam Max Lawson. Selon lui, 25 milliards de dollars "sont de la roupie de sansonnet pour eux, alors que pour les pays africains c'est une question de vie ou de mort".

La situation politique au Zimbabwe devait également figurer en bonne place des entretiens entre le G8 et ses invités africains.

La "journée africaine" de Toyako sera suivie, mardi, par le sommet du G8 proprement dit, consacré aux problèmes économiques et politiques mondiaux. Une troisième journée, mercredi, abordera le thème du réchauffement climatique avec les dirigeants de sept autres pays invités, dont la Chine et l'Inde.

source de l'article: www.jeuneafrique.com

G8 POLITICIANS DISCUSS GLOBAL FOOD CRISIS OVER 18 COURSE MEAL & CHAMPAGNE...




While millions of human beings around this low world suffer from hunger as a result of the global food crisis - resulting from carefully planned/implemented criminal economic policies and machiavelian political decisions imposed by the governments of the G8 countries to the rest of the world over the last 30 years -
the criminals representing the G8 countries are discussing the global food crisis - which they themselves have minutiously planned and created - with a 18 course-meal dinner and champagne...!

At this level of cynicism, I do not know who I should feel more sorry for:

The millions who are physically starving around the world or the morally bankrupt criminals representing the G8 countries and their masters...?

However, the time will inevitably come when they will have to face a Higher Court of Justice which lies beyond this low world...

I wish them "bon appetit" until then...

Enjoy now, pay later...!

Menu of the 18-course meal

Themed “Hokkaido: Blessings of the Earth and Sea,”

Corn and caviar
Smoked salmon and sea urchin
Hot onion tart
Winter lily bulb and summer savoury
Kelp-flavoured beef and asparagus
Diced tuna, avocado and soy sauce jelly, and herbs
Boiled clam, tomato, shiso in jellied clam soup
Water shield and pink conger with soy sauce vinegar
Boiled prawn with tosazu vinegar jelly
Grilled eel and burdock
Fried goby fish with soy sauce and sugar
Hairy crab bisque soup
Grilled bighand thornyhead fish with pepper sauce
Milk-fed lamb flavoured with herbs and mustard, and roast lamb with cepes and black truffle
Cheese, lavender honey and carmelised nuts
G8 ‘Fantasy’ dessert
Coffee and candied fruits and vegetables

Menu of the “Working Lunch,”:

White asparagus and truffle soup
Chaud-froid of Kegani crab
Almond oil foam and tapenade
Supreme of chicken, with stuffed thigh, nuts and orange savoury and beetroot foam
Cheese selection
Peach compote, ice cream, and rasberry coulis
Coffee and petits fours

List of the wines and champagnes - flown in directly from Europe and the United States.

Chateau Grillet 2005
Chambolle-Musigny 2005
Le Reve Grand Cru Brut/La Seule Gloire Champagne
Sake/Isojiman Shuzo Shizuoka
Corton Charlemagne 2005/Louis Latour Bourgogne
Ridge California Monte Bello 1997
Takaji Esszencia 1999

menu source: www.acsaint.com

Saturday, July 05, 2008

L'Afrique et le neo-colonialisme au 21eme siecle...

Ci-joint, un excellent article sur le neo-colonialisme en Afrique.

Le néocolonialisme, pire que le colonialisme

Une contribution de Haidara Chérif
sidaty@juno.com
Chicago, Illinois (USA)

Et les revoilà encore à nous vendre cette idée qu’au nom de combattre le terrorisme, nous devons accepter des bases militaires américaines sur nos sols. Comme de grands enfants friands de friandises, nos dirigeants sont entrain de mordre petit à petit à cet appât tendu depuis Washington.

"Qu’avons-nous appris depuis la nuit des temps des stratagèmes de l’homme blanc ?

Quelles étaient les justifications de la traite des noirs ? Quelles étaient les raisons avancées pour la colonisation ? Les peuples qui ne revisitent pas leur Histoire sont condamnés à rééditer les mêmes erreurs.

De peuple sauvage que nous étions, Dieu voulait notre évangélisation, de l’obscurantisme dans lequel nous étions plongés, la lumière devrait nous parvenir a travers la couleur de la peau d’un autre peuple, puisque nous n’avions jamais eu d’histoire, il fallait nous en inventer une. Parmi tant d’autres raisons, fallacieuses les unes après les autres, l’homme blanc a dérouté notre évolution naturelle, il a façonné à sa guise le cour de notre destin.

Ne devient-il pas nécessaire que nous nous posons des questions légitimes sur notre devenir en tant que nation, en tant que race ?

Comment pouvons nous avoir le continent le plus riche en ressources de tout genre et être au même moment le continent le plus pauvre selon tout les indicateurs économiques ? Pourquoi n’avions nous jamais été aussi dépendent qu’après nos indépendances ? Qu’est-ce que le terrorisme ? Pourquoi est-ce toujours les pays à forte densité musulmane qui sont indexés comme tels ?

``La délivrance des complexes de haine ne sera obtenue que si l’humanité sait renoncer au complexe du bouc émissaire`` dixit Baruch.

Nous ne sommes pas entrain de vider le venin des préjugés sur les autres, ce n’est pas l’objet de cet article, au contraire, ceux qui sauront lire entre les lignes comprendront bien que le génie de l’homme blanc l’a amené au firmament de sa science. Aucune polémique là-dessus. Passons donc au corps de notre intention.

De Conakry à Bamako en passant par Abidjan continuant sur Accra jusqu’à Malabo,

Les ambassades américaines déménagent, s’agrandissent et s’isolent au grand bonheur du citoyen Lambda de ces pays qui se réjouit que les américains soient entrain d’investir chez eux et qu’enfin ils aient pris conscience que l’Afrique est important économiquement et stratégiquement. Il s’enorgueillit aussi de la perte d’influence du colon français au profit du business man américain, ho bon Dieu réveil en nous Frantz Fanon, Modibo Keita, Sékou Touré, Lumumba et autre Kwamé N’krumah et Thomas Sankara pour savoir que le terme néocolonialisme vaut son pesant d’or.

Si ‘la raison est Hélène’, nous serons bien sage que de commencer par déchiffrer les moindres gestes et agissements qui profilent à l’horizon car ça sent le roussi.

C’est au milieu du vingtième siècle que l’Arabie Saoudite, naguère un désert sans importance à part bien sûr pour ceux de la foi musulmane qui devraient remplir selon les préceptes du Saint Coran le cinquième pilier de l’islam, ouvrit ses portes aux grands exploitants pétroliers qu’étaient Texaco, British Petroleum, Exxon, Mobil et autres faisant du coup des fortunes pour certaines familles américaines et européennes tels les Bush, Rockefeller, Donald, Dave O’Reil, Ernest Mercier parmi tant d’autre, et permettant cette dynastie oligarchique de monopoliser les pôles de décisions économique et politique sur cette planète terre.

Le royaume des bédouins qui aurait du s’appeler autrement, choisit de se nommer après la famille régnante les El Saoud. Nous vous épargnerons les détails captivants de la complicité des nouveaux venus avec les El Saoud pour retirer l’essentiel du pouvoir politique et économique à la descendance d’Abdoul Wahab : les El Cheick à qui devait échoir le pouvoir théocratique. Le chamboulement qui suivit a profondément transformé le Moyen Orient et la vie du bédouin en a pris un coup.

La cartographie qui nous ait offerte aujourd’hui est le fait de la déchirure qu’a subie aux mains de ces visiteurs d’un soir tout l’ensemble des pays de cette région. Les français ont colonisé le Liban qu’ils ont parcellisé de la Syrie, les Britanniques ont arraché le Koweït de l’Irak fermant du coup son accès à la mer, les américains s’apprivoisaient l’Arabie Saoudite et contrôlaient ainsi la production du brut. L’exploitation des différences entre Chiites et Sunnites autrefois indistincte devait s’envenimer pour une meilleure exploitation par les conquérants.

Il fallait exaspérer et exacerber ses sentiments pour pousser les rencoeurs des uns contre les autres comme cela a été le cas dans nos pays lors de la honteuse époque coloniale. La Tijanya contre la Kadirya, les onze grains contre les douze grains dans le Soudan français, le Sénégal et ailleurs, les frictions entre Hutu et Tutsi au Rwanda et au Burundi, les chefferies Haoussa et Peuhl contre les Ibo et Yorouba au Nigeria, les Pieds Noirs et les Harkis contre les Indigènes Musulmans au Maghreb…etc.

Rien du mécanisme de fonctionnement de ces conquistadores ne nous échappe, nous savons tous trop bien leur apprêt d’opération mais hélas, cent fois hélas, ils réussissent toujours a nous berner malgré le niveau intellectuel que nous avons pu atteindre ces cinquante dernières années.

L’adage voudrait que là ou il y a un arabe, il y ait du pétrole, peut être, mais pour sûr, là ou il y a du pétrole il y a ces grandes corporations et là ou elles sont, il y a le malheur des peuples, la corruption, l’enrichement d’une élite au détriment de la masse, le maintient d’un despote, d’un dictateur pour pérenniser la République Bananière. Vous voulez des exemples en espèces sonnantes et trébuchantes ? Allons-y donc car cela est plus parlant que cette litanie que je me proposais d’égrener tout à l’heure dans les paragraphes qui devraient suivre, d’ailleurs ne dit on pas en Chine qu’une photo vaut mieux que mille commentaires.

Jusqu’au mois d’Avril dernier, le Nigeria était le premier pays africain producteur de pétrole en terme de quantité, vous n’êtes pas sans ignorer les crises itératives qui secouent ce pays depuis des années. Passons sur la guerre du Biafra et les innombrables révolutions de palais pour être plus contemporain.

L’exécution le 10 Novembre 1995 de l’écrivain Ken Saro Wiwa et huit autres ‘‘anti-conformistes’’ qui ont osé demander la redistribution équitable des revenus pétroliers pour leur région, Sani Abacha n’a pas badiné à mettre à feu et à sang le Delta du Niger au profit de la compagnie créée par Sir George Goldie en 1879 qui se nomme aujourd’hui la Shell. En dépit des clameurs de souveraineté, la multinationale Néerlandaise est entrain de s’approprier en plein vingt et unième siècle cette région avec la complicité de nos dirigeants. Le Nigeria participe à plus de 10% de l’huile américain, mais au Nigeria même, l’essence est une denrée rare et les files d’attente dans les stations services sont kilométriques. Tout simplement névrosant.

En Angola, lui qui a surpassé le géant nigérian en terme de production (grâce au siphonage des oléoducs par les populations nigériane en quête du brut) les données sont identiques.

C’est vrai, la guerre de libération était l’excuse toute trouvée pour s’armer avec la manne de l’or noir mais aujourd’hui rien ne peut expliquer pourquoi ce pays est à la 162 eme place sur l’Index de Développement Humain (IDH), que la pauvreté soit le bien le mieux distribué, qu’il soit le dixième pays le plus corrompu selon Tranparency International, consacre 183 million de Dollars soit 8,8% de son Produit National Brut (PNB) aux dépenses militaires et qu’il ait un taux de près de 40% d’analphabète chez les plus de quinze ans. Elf Aquitaine, Exxon et bien d’autre se partage l’immense gisement des terres et des eaux au détriment de ce peuple qui a tant souffert. Combien d’hôpitaux, d’universités, de médecins compte l’Angola ? Ils sont combien les angolais qui savent ou vont les gains des profondeurs de leur humus?

Vous avez tous vu le honteux chantage fait sous nos yeux au Tchad à cause de son faste. Deby qui n’est pas un enfant de cœur avec son peuple s’est ramollie devant le petit Nicolas français qui a laissé la rébellion aux portes de N’djamena comme pour lui rappeler : tu acceptes nos conditions ou que dis-je notre deal ou tu sautes dans les heures qui suivent. Le pauvre a tout de suite compris qu’il n’était pas bon d’avoir une justice indépendante qui condamne même à des peines burlesques les fils de l’ancienne puissance coloniale, qui n’a jamais perdu un poil de ses réflexes du bon vieux temps.

D’ailleurs qui maintient Idriss au pouvoir contre la volonté de la vaste majorité des tchadiens, qui l’arme, qui cautionne ses élections bancales ? Si à toutes ces questions vous avez répondu autre chose que la France, vous devez être un doué ou peut être il y a en vous un génie de trempe.

Le Gabon, avec moins de deux millions d’habitants et des ressources immenses manque d’infrastructures routières, sanitaires et scolaires adéquates. Ce pays que des experts ont comparé aux Emirats Arabe s’il avait été bien géré au profit des gabonais ne devrait en aucun moment être sur la liste du FMI ou de la Banque Mondiale. Moins peuplé que la ville d’Abidjan, il devrait être la référence du paradis sur terre mais en lieu et place…, ok je vous le concède, il est resté le Gabon sous le contrôle et la bienveillance des bases militaires françaises.

Le pétrole du Congo (Brazzaville) est gagé depuis belle lurette sur plusieurs années à venir. Toute cette manne qui est extraite du sol congolais n’appartient pas aux fils et aux filles de cette historique nation, elle sert à payer les armes et les prêts octroyés aux deux protagonistes durant la guerre civile que finançaient les multinationales. Le Congo est classé 139eme sur l’Indexe de Développement Humain et 161eme pour le PNB par habitant

A cause de l’abondance en R.D.C (République Démocratique du Congo) les convoitises des uns et des autres a défigurées ce pays pour aussi longtemps que vous ne pouvez vous l’imaginer. Ce qui a été appelé la guerre mondiale africaine s’est déroulée là bas sur fond de donnée mercantile. Le Rwanda, le Zimbabwe, l’Ouganda, l’Angola …etc. ont tous dépêchés leurs armées pas pour défendre les congolais contre quoi que ce soit mais pour se partager le gâteau et encore au profit de qui ? Non, pas pour eux même, oui pour ceux là encore.

La Cote d’Ivoire produit 40% du cacao mondial, elle ne fixe pas ses prix, Sucre et Denrées s’en charge. La comptabilité des 80.000 barils par jour du pétrole n’est connue que par les géomanciens qui connaissent le sexe des anges. Malgré le boucan de Gbagbo à l’encontre des compagnies françaises, il a tout cédé à ces derniers, c’est la rançon de demeurer là ou il est. Dit ce que tu veux mais fait ce qu’on veut. Sans commentaire.

Que n’y a-t-il pas sous la terre guinéenne ? Les américains sont à Fria pour le bauxite depuis que nous ne savions pas la différence entre notre droite et notre gauche pourtant le château d’eau d’Afrique n’a ni eau ni électricité courante.

A quoi servent ces ressources si elles ne devraient pas participer au développement et au bien être de nos peuples ?

Un soir assis sur mon divan intéressé que j’étais à écouter l’interview de Obiang N’guema sur la chaîne américaine A.B.C. je fus stupéfait à l’entendre dire à peu près cette réponse à la question de la journaliste qui lui demandait des ressources du pétrole de la Guinée Equatoriale : ‘Les avoirs pétroliers de mon pays sont des secrets d’état. Aucun opposant, aucun journaliste, aucun député ne doit chercher à voir clair là-dedans. C’est exclusivement du domaine présidentiel et donc, seule ma personne les gère’.

Désabusé, presque au bord des larmes, je zappa pour une chaîne de Cartoon pour enfant.

Quelle respectabilité demandons nous quand nos chefs d’états nous jettent en pâture de la sorte ?

Alors nous apprenons par ces temps qui courent de la nécessité de bases américaines dans le désert du Sahara pour combattre disent ils le terrorisme, nous qui n’avions pas le sens du sacrifice pour le bonheur de nos peuples, nous qui n’avions pas encore compris que Français, Américain, Anglais, Néerlandais et Chinois riment les même vers, nous qui ne pouvons pas pointer du doigt un seul événement de notre histoire ou européens et américains se sont déchirés entre eux pour l’Afrique et les africains, ils nous revient donc de combattre le ‘terrorisme’. Au même moment, ils envisagent de se retirer du Moyen Orient parce que le coût d’exploitation de leur convoitise monte vertigineusement pour cause de sabotage, d’attentats suicide et du regain du nationalisme arabe. Vous imaginez ce qu’il adviendra une fois ces chevaliers d’industrie installés chez nous avec l’aval de nos dirigeants ?

Ils ont demandés des élections en Palestine, les résultats des urnes ne les convenaient pas, le Hamas vainqueur est voué aux gémonies. Ils en ont demandés en Iran, même résultat Ahmadinijad est devenu un terroriste. Au Venezuela, Hugo Chavez remporte les consultations présidentielles anticipées mais il est taxé de dictateur. Tant que vous avez en mire les intérêts de votre peuple, vous serez baptisé d’un adjectif abominable.

La vérité est que d’important gisement de pétrole gît sous nos terres. Du Golf de Guinée sur les côtes Ouest africaine jusqu’en Afrique Centrale, sous le sable du désert saharien : de l’Algérie aux confins du Niger. Et nous le savions des sciences exactes que là ou ces multinationales sont il y a tout sauf la paix et le développement. Pour les défendre, il faut une armée puissante et une diplomatie robuste, ils disposent de ces armes ; et nous, qu’avons-nous ? Les moyens du bord. Et voila que nous serons nommés après un groupe terroriste parce que défendrons nos avoirs. Que fait l’armée française au Djibouti, au Gabon, en Centrafrique, en Cote d’Ivoire et au Tchad ?

Que fait l’armée américaine dans le golf persique ? Les armées maliennes, nigériennes ou algériennes seront à la guise de leur humeur, tantôt elles seront accusées de violations des droits de l’homme sur les Touaregs, tantôt de génocidaires. Ceux qui pensent que l’Irak a été attaqué parce qu’il posséderait des armes de destructions massives suent la naïveté à l’extrême ; écoutez les discours de l’administration Bush quelques semaines avant l’invasion du pays de Saddam leur allié d’un temps. Le plan diabolique devait se poursuivre sur l’Iran, la Syrie et l’Arabie Saoudite. La résistance irakienne a faussée le ‘calculus’.

Ce n’est pas seulement le ‘Néocolon’ venu d’Europe, il y a maintenant celui venu d’Asie. La Chine. Abdoulaye Wade, Omar Bongo, Mugabe et bien d’autres souscrivent dorénavant à cette idée qu’au nom de diversifier nos partenaires, nous devons regarder vers le soleil levant : l’Est. Il n’y rien de mal à cela, c’est d’ailleurs très louable mais ce qui est problématique dans cette orientation ce sont les termes de l’échange. Une respectable dame me disait au téléphone depuis Toulouse que les autorités maliennes ont accepté de leurs homologues chinoises la construction d’un hôpital et que la contre partie devrait être le déboisement d’une forêt quelque part au Mali.

Le Mali un pays désertique ; ce n’est pas débile ça ? J’espère qu’elle a mal saisi l’info. Au Liberia, les chinois contrôlent le secteur de la pêche après quelque bakchich distribués aux autorités. Ce pays qui sort d’une longue guerre fratricide et où les petits sardiniers, las de la déloyale concurrence de ces puissants asiatiques se font employer et exploiter au prix d’un dollar (400Fcfa) de salaire par jour.

Le ressentiment de la vaste majorité des africains vis-à-vis des chinois se fait de plus en plus sentir. Ils n’utiliseraient pas la main d’œuvre locale, ils n’initieraient pas les nationaux à leurs technologies, la qualité de leurs produits est sub-standards, ils pratiqueraient le dumping et certains les trouveraient racistes sur les bords ; tout qui présage d’une déception dans ce nouveau partenariat.

Expliquez-moi comment blanc, jaune ou rouge arrivent à nous faire marcher ?

Au récent sommet de l’U.A, encore des chefs d’états s’étaient insurgés que l’idée d’une unité africaine serait précoce et qu’il fallait aller mollot. Cinquante après il faudra encore patienter. Ces regroupements régionaux que sont la C.E.A.O, la C.E.D.E.A.O, la C.E.A.C, la S.A.D.E.C et autres, derrière lesquels ils se réfugient n’ont pas produit un iota d’avancement. Jusqu\'à cette année, en Cote d’Ivoire il existait une carte de séjour pour les frères africains, au Gabon, vous ne pouvez pas circuler librement sans autorisation. L’Afrique du Sud qui a eu le support unanime de tout les africains pendant le régime hideux de l’apartheid, pourchasse ses frères dans les rues de Soweto et de Tsiwane pour les immoler et les dépiécer à la machette. Trop d’exemples existent en témoignage de la déchirure du continent.

Mûrie de tout ce qui a été assenés plus haut, il devient impératif que nous envisagions le seul et unique dessein qui nous reste.

Africain je le suis et panafricaniste je dois l’être parce que convaincu que nous ne pourrons avoir le salut que si nous conjuguons nos efforts, nos intelligences, que si nous avons en mire le bonheur de l’Afrique et des africains. Pour arrêter cette saignée, ces guerres fratricides, ces divisions inutiles et ces sentiments de laissé pour comptes, il nous faudra complètement et au plus pressé bâtir cette union africaine germée depuis bien avant N’krumah. Si par extraordinaire l’Europe et l’Amérique trouvaient leurs comptes dans une Afrique unie, elle le serait déjà.

L’Allemagne et la France moteurs économique et politique de l’Union Européenne n’ont pas beaucoup en commun. Les français sont pour la plupart catholiques, les allemands eux sont protestants, marier sa cousine est presque l’inceste chez les seconds, chez les premiers, rien d’anormal, leur deux langues n’ont pas les mêmes origines. Cependant ils sont unis dans une union pour le bonheur de leur peuple et pour le bonheur de l’Europe.

J’entends des ‘spécialistes’ de l’Afrique dirent qu’il faudra avoir en commun la langue, la religion ou la culture afin de s’unir, c’est aussi faux que de dire Mardi vient avant Lundi. Le Mali, la Guinée et le Sénégal ont tout en commun mais la fédération du Mali (Mali et Sénégal) n’a pas aboutie, la Cote d’Ivoire, le Ghana et le Liberia ; les deux Congo et le Gabon ; l’Algérie et le Maroc…etc. devraient pouvoir s’unir sur cette base des ‘spécialistes’, quand est-il ?

Une union solide se fait sur des bases d’éthiques morales et de convergence d’intérêts à long terme. Si le malien pense que travailler durement lui ouvrira les portes du bonheur et que le sénégalais pense obtenir ce bonheur autrement, si l’ivoirien pense que son avenir en temps que peuple est lié à la France et que le guinéen pense que la France est le problème, il est évident que ces peuples ne pourront faire chemin ensemble.

Pour pasticher cet auteur français qui disais et je cite : ‘rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est arrivée’. Nous sommes à cette heure ou nous devrons prendre notre destin en charge, écrire notre propre histoire, défendre nos propres intérêts sans complexe et avec cette détermination qui fait aboutir les grands destins.

Nous serions à la tête d’un pays aussi puissant que l’Afrique du Sud, avec cette économie et cette armée titanesque que nous nous dévouerions à construire cette UNION, nous marcherions sur l’Afrique Australe que nous conquerrions par les arguments politique, économique et militaire. Nous nous dirigerions ensuite vers l’Afrique Centrale que nous convaincrions, nous irions ensuite à la conquête de l’Est et de l’Ouest africain, l’avalanche déferlera sur le Nord Maghrébin, ainsi nous proclamerions les Etats-Unis d’Afrique.

Nous mettrions fin au rêve de ces roitelets qui ne veulent pas de cette Afrique parce qu’ils ne pourront plus régner comme Dieu sur leur peuple, parce qu’ils ne pourrons plus avoir le contrôle de la totalité des ressources du peuple, parce qu’ils ne pourrons plus s’éterniser au pouvoir. Sur la voie de cette entreprise, nous ferions sienne cette éloquente pensée de Ernesto Guevara de la Cerna alias le Che : peu importe les dangers ou les sacrifices d’un homme ou d’un peuple quand l’enjeu est le destin de l’humanité.

Si quelqu’un disait: ‘la colonisation n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison et qu’elle était la violence à l’état nature…’

Nous affirmons que le néocolonialisme est une machine à penser et qu’il est doué de raison et que sa supériorité a été son habileté à s’attaquer à notre plus grande faculté : notre INTELLIGENCE. Là réside sa force, sa vertu et sa plus grande ingéniosité.

Thursday, July 03, 2008

Les raisons politiques de la crise alimentaire mondiale

Par Olivier Nizet

source de l'article: http://www.cadtm.org

Les divers commentaires publiés au cours du sommet de la FAO, sommet au cours duquel les mouvements paysans ont été injustement expulsés, parlent d’eux-mêmes : suivant les intérêts économiques et stratégiques des uns ou des autres, on met en avant différentes responsabilités : la multiplication des surfaces réservées aux agrocarburants entrant en conflit avec la production alimentaire ; les marchés à terme, censés limiter la spéculation, mais dont les effets sont complètement inverses (comme les marchés à terme du pétrole dont le prix est lui aussi en train d’exploser) ; les subsides à l’agriculture accordés par l’UE à ses exploitants agricoles ; ou encore les nouvelles habitudes alimentaires des pays dits émergents comme la Chine ou l’Inde. Chacun essaie d’imposer son agenda politique, et tire assez maladroitement la couverture de son côté.

Cet imbroglio de raisons diverses nous fait passer à côté de la principale raison de l’existence de cette crise :

La production alimentaire mondiale est répartie de manière inégalitaire. Pendant que les capitalistes du Nord et du Sud s’empiffrent et grossissent à vue d’œil, les populations au Nord voient leur pouvoir d’achat diminuer de jour en jour, et au Sud, 100.000 personnes meurent quotidiennement des effets de la malnutrition. Les prix grimpent en flèche, les famines se multiplient, ainsi que les émeutes qui les accompagnent, et pourtant la récolte mondiale de céréales de l’année 2007 bat tous les records, selon les estimations de la FAO, et continuerait sa progression pour la récolte 2008, selon les mêmes sources. Il semble donc clair que nous produisons assez de nourriture pour enrayer définitivement ce problème politico-économique.

Le néolibéralisme frappe encore

L’agenda des dirigeants des pays de la Triade (USA, UE et Japon) est tout à fait différent du discours officiel : le but inavoué est de profiter de cette crise pour imposer aux pays les plus pauvres une nouvelle révolution verte, sponsorisée à grand coup de dons de semences et d’engrais, le tout enrobé dans une grande couverture humaniste et désintéressée. C’est une des composantes de la stratégie du choc décrite par Naomi Klein dans son livre éponyme |2| : se servir d’une catastrophe ou la fabriquer pour justifier de nouvelles mesures économiques et sociales toujours plus inégalitaires, dans la droite ligne du consensus de Washington. Comme si les plans d’ajustement structurels imposés aux économies du Sud depuis le début des années 1980 suite à la crise de la dette n’avaient pas suffisamment détruit les peuples et leur environnement, ces mêmes institutions financières redoublent de cynisme en apportant leurs solutions caduques à un problème qu’ils ont eux-mêmes créé.

La preuve la plus évidente est le plan en dix points proposé par la Banque mondiale pour enrayer la crise |3|.

Ce plan propose bien évidemment des dons d’urgence, des actions concrètes afin de faire parvenir rapidement une aide alimentaire dans les pays les plus touchés par le phénomène. Mais une lecture complète de ces 10 points nous ramène très vite à la triste réalité de l’agenda néolibéral. Derrière ce discours bienfaiteur, on perçoit clairement le spectre de la révolution verte : mécanisation de l’agriculture, utilisation d’engrais (déjà inaccessibles pour de nombreux paysans), un recours plus que probable aux OGM fournis par l’industrie agroalimentaire en violation totale avec le principe de souveraineté alimentaire. Le but de cette nouvelle révolution verte n’est certainement pas de permettre aux habitants des pays pauvres et lourdement endettés de retrouver une indépendance agricole et alimentaire, mais de les embarquer dans un modèle d’agriculture qui a déjà démontré ses limites depuis plusieurs décennies, avec son lot de destruction des sols, des réserves aquifères, et des liens sociaux existants entre les différentes composantes d’un population paupérisée et déplacée au gré des évolutions du marché.A titre d’exemple, voici la solution à la crise proposée par Jeffrey Sachs, ancien conseiller du FMI et de la Banque Mondiale, parue le 2 juin dernier dans Les Echos, journal économique français :

« La solution consiste à augmenter le rendement des céréales à au moins deux tonnes par hectare. Même les fermiers les plus pauvres devraient pouvoir accéder à des semences améliorées, aux engrais chimiques, à des matières organiques et, là où c’est possible, à des méthodes d’irrigation à petite échelle, comme des pompes pour tirer l’eau d’un puits proche. Cette association de semences à fort rendement, d’engrais et d’irrigation n’a rien de magique. C’est la clef de l’augmentation mondiale de la production alimentaire depuis les années 1960. Le problème est que les paysans des pays pauvres ne disposent pas d’épargne. Ils ne peuvent pas emprunter pour investir. Par conséquent, ils produisent leur nourriture de façon traditionnelle et gagnent peu, voire rien du tout. » |4|

Augmenter les rendements grâce à la technologie, aux intrants chimiques, aux semences à haut rendement (OGM ?), investir grâce à l’emprunt extérieur (et donc s’endetter pour une ou plusieurs générations, sic !!!), voici les solutions miracles que le système capitaliste sort de son chapeau afin d’enrayer la famine mondiale. C’est pourtant ce genre de politique désastreuse qui a conduit le Brésil de Lula à abandonner la souveraineté alimentaire afin de produire du soja génétiquement modifié ou de la canne à sucre sur d’énormes parcelles arrachées à la forêt primaire amazonienne. Tout çà pour engraisser nos bovins ou remplir les réservoirs de nos voitures. Et cela n’a certainement pas aidé les millions de Brésiliens mal nourris à améliorer leur régime alimentaire.

Un peu de recul et d’analyse de l’application de ces méthodes inefficaces prouvent que les seuls résultats tangibles de ces politiques sont des bénéfices records pour tous les intermédiaires de l’industrie agroalimentaire qui pullulent autour des producteurs agricoles, et une précarité accrue pour ceux-ci. Déçus par l’implosion de la bulle spéculative immobilière, les capitalistes de tous poils se dirigent vers ce marché porteur de bénéfices énormes.

Ce fait avéré a pourtant été démenti récemment par Bruno Colmant, directeur de la Bourse de Bruxelles et membre du comité d’administration du NYSE, lors d’une conférence-débat à Louvain-la-Neuve le 20 avril dernier en présence de deux membres du CADTM. Pour rappel, les bénéfices de Monsanto ont augmenté de 108 %, ceux de Cargill ont grimpé de 86%, et ceux de Mosaic, principale entreprise active dans les fertilisants, ont augmenté de 1134 % |5|. Tandis que ces spéculateurs s’enrichissent de manière scandaleuse, la majorité de la population mondiale se demande de quoi demain sera fait.

Les solutions existent

Il existe des tas de méthodes agronomiques non destructrices qui permettent d’augmenter de manière considérable les rendements agricoles. Les méthodes ancestrales du non-labour, entre autres, permettent de se passer des machines lourdes et grandes consommatrices de combustibles fossiles. Il est bien entendu possible de rendre la fertilité à certains sols ingrats sans les « miracles » de la biotechnologie.

Et sur un continent comme l’Afrique, par exemple, remplacer une main d’oeuvre abondante par quelques machines coûteuses est un non-sens économique et social. La terra preta d’Amazonie, sol créé par la main de l’homme à l’époque précolombienne et toujours aussi fertile après plusieurs centaines d’années |6|, est la preuve la plus criante de l’inutilité du tout technologique vendu à prix d’or par une industrie qui ne recherche que le profit à court terme.

Le monde n’a pas besoin de produire plus, mais de produire mieux, plus raisonnablement, en limitant les transports inutiles, en interdisant la spéculation sur ces biens de première nécessité, et en créant des barrières efficaces contre le dumping des céréales subventionnées par les pays riches, car l’humanité doit se nourrir tous les jours.

La solution réside aussi et surtout dans une meilleure distribution de cette production alimentaire, qui devrait d’abord être consommée par les hommes, femmes et enfants du monde avant d’aller remplir les silos des « feed-lots » américains ou les réservoirs de nos bagnoles. On ne devrait plus parler de sécurité alimentaire, mais de droit inaliénable et inconditionnel pour tous les peuples à la souveraineté alimentaire. Afin que les 100.000 victimes quotidiennes de ce massacre économique ne soient plus que le mauvais souvenir d’un système criminel.

Notes de bas de page:

|1| Voir à ce sujet l’article du Financial Times du 30 mai 2008 intitulé : World Bank acts to mitigate food crisis, par Chris Bryant

|2| La stratégie du choc : La Montée d’un Capitalisme du Désastre (Actes Sud, 2008)

|3| http://web.worldbank.org

|4| http://www.lesechos.fr/info/analyses/4734486.htm

|5| Source Via Campesina

|6| http://fr.wikipedia.org/wiki/Terra_preta

Wednesday, July 02, 2008

Liste des conflits politiques en Afrique


Les conflits et les crises en Afrique

30 juin 2008 - AFP

Rappel des principaux conflits et crises sur le continent africain à l'occasion du sommet de l'Union africaine.

ZIMBABWE

Le pays, plongé dans un marasme économique avec une hyper-inflation, est en proie à des violences politiques qui se sont déchaînées après la défaite du pouvoir aux législatives et à la présidentielle du 29 mars.

Le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai a renoncé à participer au second tour de la présidentielle où Robert Mugabe a été réélu seul en lice vendredi. L'ONU a estimé que l'essentiel des attaques pouvaient être imputées aux partisans du président. Son secrétaire général Ban Ki-moon a jugé le résultat illégitime.

KENYA

Début 2008, le Kenya a sombré dans une crise politique meurtrière à la suite de la contestation de la réélection fin décembre du président Mwai Kibaki par son adversaire Raila Odinga. Les violences politico-ethniques ont fait plus de 1.500 morts et 300.000 déplacés. Le pays s'est depuis doté d'un gouvernement de coalition avec M. Odinga au poste de Premier ministre.

SOUDAN

Le conflit au Darfour (ouest) oppose depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes à des mouvements rebelles. La guerre et ses conséquences ont fait 300.000 morts et 2,2 millions de déplacés (ONU). Khartoum parle de 10.000 morts.

Début 2008, une mission hybride ONU/UA, la Minuad, a pris le relais d'une mission africaine, mais son déploiement rencontre des difficultés.

En mai, des rebelles du Darfour ont attaqué Omdurman, ville jumelle de Khartoum, avant d'être repoussés par les forces régulières. Le Soudan a accusé le Tchad d'avoir soutenu l'attaque.

TCHAD et CENTRAFRIQUE

Au Tchad, des rebelles partis de la frontière soudanaise ont attaqué en février la capitale, encerclant le palais présidentiel avant d'être repoussés. Le 11 juin, ils ont lancé une offensive dans l'est, prenant plusieurs localités sans y rester longtemps.

Depuis 2005, le nord de la Centrafrique est plongé dans l'insécurité provoquée par les rebelles, les "coupeurs de route" (bandits de grand chemin), mais aussi l'armée. Un accord de paix vient d'être signé entre le gouvernement et deux rébellions.

Une force européenne, l'Eufor, est en cours de déploiement au Tchad et en Centrafrique pour protéger les réfugiés soudanais du Darfour et déplacés dans ces pays.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Des accrochages opposent régulièrement les groupes armés dans le Nord et le Sud-Kivu (est), en dépit de l'instauration fin janvier d'un cessez-le-feu.

SOMALIE

La Somalie est déchirée par une guerre civile depuis 1991 (plus de 300.000 morts). Mogadiscio est le théâtre de combats depuis la débâcle fin 2006-début 2007 des tribunaux islamiques qui ont perdu les régions sous leur contrôle, après une offensive des forces éthiopiennes venues soutenir le gouvernement.

OUGANDA

La guerre civile dans le nord depuis 1988 a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et deux millions de déplacés. Les pourparlers de paix entre Kampala et la rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui ont abouti à un cessez-le-feu, sont suspendus.

BURUNDI

Le Burundi tente d'émerger d'une guerre civile (300.000 morts depuis 1993). Le gouvernement et la rébellion Forces nationales de libération (FNL), ont signé un cessez-le-feu, mais son application achoppe sur la question du partage des pouvoirs.

ALGERIE

Des attentats ont été revendiqués par la Branche d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Baqmi).

NIGERIA

Le delta du Niger (sud) est le théâtre d'attaques contre des installations pétrolières et de prises d'otages.

DJIBOUTI/ERYTHREE

La tension est forte depuis une incursion, en avril, de troupes érythréennes vers la zone frontalière de Ras Doumeira, où des accrochages ont opposé à la mi-juin troupes djiboutiennes et érythréennes.

D'autre part, les relations sont très tendues entre l'Erythrée et l'Ethiopie, qu'une guerre frontalière a opposées de 1988 à 2000 (80.000 morts).

MALI/NIGER

Les deux pays sont confrontés à des rébellions touareg.

COTE D'IVOIRE

En Côte d'Ivoire, plongée en 2002 dans une crise politico-militaire, un processus de paix, encore fragile, a été relancé en 2007 par un accord prévoyant la réunification du pays et une élection présidentielle. Mais il connaît des retards.

L'AFRIQUE SANS DETTE, par Damien Millet, président du CADTM France


L’Afrique sans dette, c’est d’abord une cinglante ironie, car actuellement, l’Afrique s’endette. Contrairement aux annonces dans les médias, la dette de l’Afrique continue de s’accroître. On entend parler d’allégements de dette, d’aide au développement, mais une fois tous ces termes analysés, les réalités sont cruelles : le continent le plus pauvre et le plus démuni en termes de développement humain continue de transférer des sommes considérables à ses riches créanciers, les classes dirigeantes africaines prélevant leur commission au passage. Une grande partie de la population s’enfonce dans la misère et la spirale de la dette poursuit son œuvre tragique.

L’Afrique sans dette, c’est surtout une exigence. Après des siècles de pillage, d’esclavage, de colonisation, l’instauration d’un modèle économique néolibéral a brisé l’Afrique par l’intermédiaire du mécanisme de la dette. Aujourd’hui, selon l’auteur, le combat central est l’exigence de l’annulation totale de la dette extérieure publique de l’Afrique, premier pas vers celle de tous les pays du Tiers Monde, dans le but de libérer enfin leur développement.

L’Afrique sans dette, c’est aussi une interrogation. La dette de l’Afrique est-elle légitime ? Pour des raisons tout à la fois morales, économiques, politiques, juridiques, écologiques et historiques, l’auteur affirme que la dette actuelle doit être répudiée. Il considère que les peuples africains sont en droit d’exiger de leurs riches créanciers, qu’ils soient du Nord ou du Sud, le paiement d’une dette au titre de réparations et l’instauration d’un autre modèle économique basé sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

A travers 9 chapitres très documentés, ce livre analyse l’histoire politico-économique de l’Afrique, la domination, les mutilations et les trahisons subies par le continent noir. Il est avant tout un plaidoyer pour une rupture avec la logique imposée par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, et, à travers eux, par les puissants promoteurs de la mondialisation néolibérale.

Auteur :

Damien MILLET, professeur de mathématiques en classes préparatoires scientifiques à Orléans, président du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) et membre de la Commission Dette d’ATTAC France ; auteur avec François Mauger du livre La Jamaïque dans l’étau du FMI, l’Esprit frappeur, 2004 ; auteur avec Eric Toussaint des livres 50 Questions 50 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM/Syllepse, 2002, et Les tsunamis de la dette, CADTM/Syllepse, 2005.

Editions CADTM (Bruxelles) & Syllepse (Paris).