Monday, March 02, 2009

MARCHE DE PROTESTATION CONTRE LES OGM AU MALI


Le vendredi dernier, la Coalition pour la protection du patrimoine génétique malien (COPAGEN-Mali) a procédé à une marche de protestation contre l’introduction des OGM dans notre agriculture. Cette marche, sanctionnée par la remise aux autorités et à l’USAID d’une déclaration, a enregistré la présence massive des femmes et de nombreuses personnalités de marque. Le représentant de l’USAID a reçu la déclaration de la main d’Aminata Dramane Traoré.

“A bas les OGM! Nous ne voulons que les semences d’antan, nous ne voulons pas de changement!”: tels ont été entre autres slogans brandis par les protagonistes de cette marche. En effet, l’introduction des OGM dans notre agriculture devient de plus en plus un sujet de débat public grâce à la Coalition pour la protection du patrimoine génétique malien, auquel tous les citoyens doivent pouvoir contribuer. Par ailleurs, les OGM, résultat d’une manipulation des êtres vivants, ont fait ressortir des enjeux et des défis énormes sur lesquels tout Africain et tout Malien en particulier a le devoir de s’informer et de se former pour contribuer efficacement aux débats, qui de plus en plus, s’organisent à travers les mouvements sociaux. Ces enjeux sont, entre autres, d’ordre scientifique, politique, économique et socio-culturel. Selon Mme Aminata Dramane Traoré, il y va de l’avenir de l’agriculture et du bien-être des hommes et des femmes du continent. Depuis une décennie, a-t-elle dit, l’Afrique fait l’objet de plusieurs offensives systématiques pour amener ses décideurs à l’engager dans la production et la commercialisation de produits transgéniques. Ainsi, la dernière offensive de la Banque Mondiale veut pousser des pays comme le Burkina Faso, le Bénin, le Mali, le Sénégal et le Togo à adopter des lois favorables à l’introduction, la production et la commercialisation des OGM en Afrique.

Comme si tout cela ne suffisait pas, cette institution financière vient de prendre l’initiative cynique de s’investir dans un projet intitulé “Projet régional sur la bio sécurité en Afrique de l’Ouest” pour imposer aux Etats d’Afrique une loi uniformisée favorisant l’introduction, la production et la commercialisation des OGM, comme l’atteste clairement un des objectifs explicités du projet, dira-t-elle.
Alors, il est important de rappeler que le gouvernement du Mali a pris la décision sage de surseoir à l’introduction des OGM il y a deux ans lors d’un conseil de ministre malgré l’avis plutôt favorable du ministre Seydou Traoré. Les lois sur la biosécurité ne sont pas une fin en soi. L’essentiel est de prendre en compte les préoccupations des communautés et de respecter les droits sur les ressources qu’elles ont protégées pendant des générations.

Mariétou KONATÉ, Soir de Bamako

Soir de Bamako, est seul responsable du contenu de cet article

Comme annoncé dans notre parution du vendredi 21 juillet 2006, la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Malien (COPAGEN-Mali) était dans les rues de Bamako le vendredi dernier. La marche pacifique de protestation contre l’introduction des OGM au Mali sur plus de 3 Km de l’APCAM jusqu’à la représentation de l’USAID au Mali en passant par le ministère de l’Agriculture a réunis au moins 1.000 personnes selon les organisateurs, un peu plus de 600 selon la police.

En tout cas, la détermination était très forte chez les marcheurs. Tout au long du parcours, les activistes scandaient des slogans tels : Non aux OGM dont les risques non maîtrisés sont des dangers pour le consommateur et l’environnement ; Non à Mosanto ; Non à Syngenta ; Non à l’imposture, Non à l’hypocrisie, Oui pour le respect et la mise en oeuvre du protocole de Carthagène.

Parmi les manifestants, il y avait Mmes Aminata Dramane Traoré, Assétou Samaké, Assétou Kanouté, Mamadou Goïta, Badou Samounou, etc.

DES RESPONSABLES SE CACHENT

Lorsque les marcheurs sont arrivés au ministère de l’Agriculture, ils ont été reçus par le Chef de cabinet dudit département à la place du ministère Seydou Traoré dont la démission est demandée par le COPAGEN-Mali.

A l’USAID également, ce n’est pas le représentant en personne qui a reçu les manifestants; craignant sa sécurité, dit-on, il s’est fait représenté par un Malien travaillant chez lui. Et pourtant, la marche a été bien encadrée par la police. Dans toutes ces structures, la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Malien a remis une déclaration dont le contenu s’oppose farouchement à l’introduction des OGM au Mali.

DES PREALABLES A L’INTRODUCTION DES OGM

L’introduction des OGM en agriculture devient de nos jours un sujet de débat public auquel toute citoyenne et tout citoyen doit pouvoir contribuer. En effet, les OGM, la manipulation des êtres vivants a fait ressortir des enjeux et des défis si énormes que tout citoyen africain et toute citoyenne a le devoir de s’informer et de se former pour contribuer efficacement aux débats qui, de plus en plus, s’organisent à travers les mouvements sociaux. Ces enjeux sont entre autres d’ordre : politique ; économique ; socioculturel.

Pour les Africains, notamment les mouvements sociaux et les décideurs l’usage ou le refus des OGM déterminera l’avenir de l’agriculture et le bien-être des hommes et des femmes de notre continent en général et du Mali en particulier.

Depuis une décennie, l’Afrique fait l’objet de plusieurs offensives bien structurées de façon chronologique pour convaincre nos décideurs par tous les moyens d’engager la vie de notre nation dans la production et la commercialisation des produits transgéniques. Il s’agit :

• d’abord des multinationales, notamment Monsanto (USA) et Syngeta (Suisse) qui tiennent à rentabiliser leurs OGM qu’elles ont produits à coûts de milliards de dollars US et en même temps à continuer leur expérimentation dans notre pays.

• ensuite certaines coopérations bilatérales, en particulier les USA, à travers l’USAID, ont pris le relais de leurs entreprises multinationales pour faire des chantages politiques, économiques, culturels sur nos décideurs afin d’obtenir l’ouverture de notre agriculture et de notre économie aux cultures et produits transgéniques ;

• enfin, la dernière offensive est celle des institutions financières internationales, notamment la Banque Mondiale (BM) qui veut pousser nos pays (Burkina Faso, Bénin, Mali, Sénégal et Togo) à adopter des lois favorables (non contraignantes) à l’introduction, la production et la commercialisation des OGM en Afrique ; cette même banque qui, dans un passé très récent, a démontré toutes ses incompétences à formuler et à mettre en oeuvre des politiques cohérentes de développement pour nos Etats.

Les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) qui ont mis à plat nos pays sur les plans économique, politique et socioculturel et qui ont contribué à créer la “pauvreté extrême” sont illustratifs à plus d’un titre. La lutte contre la pauvreté est aujourd’hui le nouveau programme de la BM en cours dans notre pays.

Comme si tout cela ne suffisait pas, cette institution financière vient de prendre l’initiative cynique de s’investir dans un projet institulé “Projet régional sur la Biosécurité en Afrique de l’Ouest” pour imposer à nos états une loi uniformisée favorisant l’introduction, la production et la commercialisation des OGM comme l’atteste clairement un des objectifs explicites du projet. Il est important de rappeler que notre gouvernement a pris, la décision sage de surseoir à l’introduction des OGM il y a deux ans lors d’un conseil de ministres.

Malgré tout, le ministre de l’Agriculture continue de prendre des positions et des initiatives au niveau sous-régional et international, engageant notre pays sur les OGM. L’une des initiatives récentes, selon le COPAGEN est la caution portée à un projet de la Banque Mondiale sur la biosécurité au niveau régional qui n’est autre qu’une forme voilée pour introduire les OGM dans l’agriculture de notre pays.

C’est autour cette initiative de la Banque Mondiale qui a fait l’objet de concertation “expéditive” dans les cinq pays dits partenaires du projet que les mouvements sociaux du Mali, engagés au sein de la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Malien intervenant dans plusieurs domaines, ont décidé d’organiser une marche de protestation pour informer les populations et les décideurs.

DE QUEL PROJET S’AGIT-IL ?

Le projet en question intitulé : “Proposed West Africa Regional Biosafety Project” est disponible seulement en anglais, bien qu’il ne concerne que des pays francophones : Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal et Togo qui ont ratifié le protocole de Carthagène.

ANALYSE CRITIQUE DU COPAGEN

Les points suivants méritent d’être soulignés par rapport à un tel projet qui, de façon subtile comme à l’accoutumée, tente de cacher des objectifs mercantiles au détriment de l’intérêt de notre pays et des populations laborieuses :

* Ce n’est pas un hasard si le coton, la culture la plus économiquement rentable et socialement dynamique (qui fait l’objet de beaucoup de polémiques au niveau international liées entre autres aux problèmes de subventions des USA et de l’Europe, de l’accès aux marchés...) est le premier produit proposé actuellement dans le cadre de ce projet ;

* Le problème actuel du coton au Mali n’est pas celui de la production (quantité) mais bien ceux de la transformation/valorisation et de l’accès à des prix justes et équitables au producteur (notamment la question des subventions). Le coton Bt (coton OGM) ne sera donc pas la solution à ces problèmes.

* Il est évident que ce projet cherche à mettre en place un cadre réglementaire favorisant l’introduction des cultures génétiquement modifiées dans la région.

* Il est choquant de constater que nulle part dans ce projet, la question fondamentale des droits des communautés sur leurs ressources génétiques n’est prise en compte.

* Les OGM ne peuvent pas contribuer à “l’augmentation des revenus des producteurs” comme mentionné dans le projet. Les OGM qui sont faits pour l’agriculture industrielle éliminent non seulement les petits producteurs mais créent une dépendance des semences produites par les multinationales. Les petits producteurs constituent la majorité des agriculteurs en Afrique qui produisent l’essentiel de notre alimentation.

* L’objectif environnemental global cité dans le projet, à priori “séduisant”, cache l’objectif inavoué de légaliser les tests (officiels et cachés) menés dans notre pays.

* Ce projet qui veut faire du Mali en plus d’autres Etats de la sous-région “un espace attractif pour les recherches et l’utilisation des biotechnologies” n’a d’autres finalités que de dégager les responsabilités des multinationales en cas de dommages sanitaires, environnementaux, économiques... causés par les OGM.

* L’UEMOA en tant qu’institution sous-régionale n’a pas la légitimité d’autoriser la formulation et la mise en oeuvre d’un tel projet sur la biosécurité qui relève de la souveraineté de chaque pays du moment où le protocole de Carthagena et la convention sur la biodiversité indiquent que chaque pays doit prendre en compte ses propres spécificités.

* La Banque Mondiale, en tant qu’institution financière ne peut se donner le droit d’imposer à nos Etats une législation sur la biosécurité pour légitimer l’utilisation et la consommation des produits qui font l’objet de polémiques et de rejet partout dans le monde.

QUELLES CONCLUSIONS TIRER DE CETTE ANALYSE ?

Il est évident, à partir d’une telle analyse, que ce projet de la Banque Mondiale intitulé “Proposed West Africa Regional Biosafety Project” ne présente aucun intérêt pour notre sous-région en général et pour nos pays pris individuellement en particulier. Nos préoccupations en tant que Maliens par rapport à l’agriculture sont autres. Il s’agit entre autres :

• Les OGM ne sont pas une solution pour le Mali. Plusieurs alternatives scientifiquement maîtrisables, économiquement rentables et socialement durables existent de nos jours en plus de toutes les ressources locales que possède notre pays pour se nourrir mais aussi pour produire de la richesse.

• Les problèmes majeurs de l’agriculture du Mali sont entre autres : la maîtrise de l’eau, la fertilité des sols dans certains pays, l’accès aux moyens de production (notamment les questions de sécurisation foncière), l’accès aux crédits à des coûts acceptables, la transformation des produits pour ajouter une plus-value, l’accès aux marchés...

• Les lois sur la biosécurité ne sont pas une fin en soi. L’essentiel est de prendre en compte les préoccupations des communautés et de respecter leurs droits sur les ressources qu’elles ont protégées pendant des générations.

• L’UEMOA doit s’occuper de sa fonction originelle qui consiste à créer les conditions favorables pour permettre aux pays membres d’accéder aux marchés intérieurs et d’accompagner les initiatives économiques internes en priorité au profit de nos populations. Elle ne doit pas constituer un frein au développement économique de nos Etats en prônant des politiques d’ouverture suicidaires qui mettent en péril la paix dans la sous-région.

• La Banque Mondiale a largement contribué à déstabiliser l’économie du Mali et de la sous-région en particulier et de celles de toute l’Afrique en générale à travers les PAS imposés aux Etats. Tout le monde est unanime aujourd’hui pour reconnaître que les PAS ont consisté à drainer l’essentiel des revenus de nos Etats vers l’extérieur. Les OGM s’inscrivent dans cette même logique de dépossession et de dépendance de l’Afrique.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Malien demande - A l’UEMOA et au gouvernement malien :

• l’arrêt immédiat de toutes les actions relatives à la recherche de financement et à la mise en place du projet de la Banque Mondiale intitulé “Proposed West Africa Regional Biosafety Project” ;

• l’adoption des lois qui protègent les droits des communautés sur leurs ressources génétiques ;

• la résistance à toutes les formes de pressions relatives à l’introduction des OGM dans l’agriculture malienne ;

• la valorisation des ressources locales et des savoirs qui y sont associés ;

• la promotion (application et diffusion) des alternatives dans l’agriculture qui sont des acquis de la recherche au Mali.

Aux populations maliennes de:

• résister à toute tentative d’introduction des OGM dans notre agriculture ;

• valoriser les ressources locales pour une meilleure création de richesses de façon durable ;

• s’informer et se former pour mieux comprendre les enjeux liés aux OGM et à leurs droits afin d’agir en connaissance de causes.

Daba Balla KEITA, Nouvel Horizon

Nouvel Horizon, est seul responsable du contenu de cet article

DECLARATION DE COPAGEN RELATIVE A LA LOI OGM DU MALI

Déclaration de COPAGEN (Mali)

Coalition pour Protection du Patrimoine Génétique Africain - Mali

Déclaration concernant le projet de loi de biosécurité soumis par le gouvernement du Mali au vote de l'Assemblée Nationale lors de sa Session ordinaire du mois d'avril 2008

La généralisation des cultures de plantes transgéniques depuis ces dernières années, pose la question centrale du contrôle politique de l'agriculture et de l'alimentation dans le projet actuel de globalisation de l'économie. Les OGM posent de sérieux problèmes environnementaux liés à l'agriculture, des problèmes d'ordre économique, politique, sanitaire tant pour les hommes que pour les animaux, les problèmes d'ordre culturel et des problèmes d'éthique que nous avons déjà passé en revue à plusieurs occasions au plan national.

Depuis quelques temps, la privatisation et les manipulations génétiques du vivant sont devenues des enjeux capitaux dans des stratégies d'enrichissement de certains individus et sociétés multinationales. Les ressources génétiques qui appartenaient autrefois à toute l'humanité, deviennent de plus en plus des propriétés privées. Cette privatisation du vivant s'accentue sous la poussée de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui oblige les Etats à légiférer prioritairement pour protéger les droits de propriété intellectuelle (DPI) des individus et surtout des sociétés multinationales. Il ne fait aucun doute que ces dernières qui occupent le devant de la scène de la privatisation tous azimuts, n'agissent avant tout que pour l'accumulation du profit.

Ainsi, l’introduction des OGM en agriculture devient de nos jours un sujet de débat public auquel toute citoyenne et tout citoyen doit pouvoir y contribuer. En effet, les OGM, la manipulation des êtres vivants a fait ressortir des enjeux et des défis si énormes que chacune et chacun a le devoir de s’informer et de se former pour contribuer efficacement aux débats qui de plus en plus s’organisent à travers les mouvements sociaux.

Depuis une décennie, l’Afrique fait l’objet de plusieurs offensives bien structurées de façon chronologique pour convaincre nos décideurs par tous les moyens d’engager la vie de notre nation dans la production et la commercialisation des produits transgéniques communément appelés OGM (Organisme génétiquement modifiés). Il s’agit :

D’abord des multinationales notamment Monsanto (USA) et Syngeta (Suisse) qui tiennent à rentabiliser leurs OGM qu’elles ont produits à coûts de milliards de dollars US et en même temps continuer leurs expérimentations dans notre pays.

Ensuite certaines coopérations bilatérales en particulier les Etats-Unis d’Amérique à travers l’USAID qui a pris le relais des entreprises multinationales pour faire des chantages politiques, économiques, culturels sur nos décideurs afin d’obtenir l’ouverture de notre agriculture et de notre économie aux cultures et produits transgéniques ;

Enfin, la dernière offensive est celle des institutions financières internationales, notamment la Banque Mondiale (BM) qui veut pousser nos pays (Burkina Faso, Bénin, Mali, Sénégal et Togo) à adopter des lois favorables (non contraignantes) à l’introduction, la production et la commercialisation des OGM en Afrique ; cette même banque qui dans un passé très récent a démontré toutes ses incompétences à formuler et à mettre en œuvre des politiques cohérentes de développement pour nos Etats. Les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) qui ont mis à plat nos pays sur les plans économique, politique et socioculturel et qui ont contribué à créer la « pauvreté extrême » sont illustratifs à plus d’un titre.

Les agissements tant sur le plan national que sous-régional d’une minorité de chercheurs de l’IER (Institut d’Economie Rurale) en connivence avec les multinationales et l’USAID ne sont pas passés inaperçus au sein des mouvements sociaux du Mali. L’élaboration d’une stratégie spécifique d’introduction et de diffusion des OGM en s’appuyant sur des programmes, projets et organisations comme CLUSA, Chemonics, PRODEPAM …, est la preuve palpante de tous ces agissements constatés.

La prise en charge de ces enjeux par les africains notamment les mouvements sociaux et les décideurs, déterminera l’avenir de l’agriculture et le bien-être des hommes et des femmes de notre continent en général et du Mali en particulier.

Dans le cas spécifique du Mali, face à la précipitation d’une minorité de chercheurs de l’Institut d’Economie Rurale (IER) et avec l’appui sans faille de Monsanto, Syngeta et l’USAID, un avant-projet de loi de Biosécurité a été élaboré et soumis par le gouvernement. Ce document ainsi que son cadre ont été élaborés avec la participation de façade d’une partie de la société civile choisie (3 personnes au total avec des profils qui ne cadrent pas avec les enjeux de la problématique) par les cadres des ministères pour favoriser le démarrage des travaux d’introduction, de manipulation et de dissémination des plants génétiquement modifiés. Le processus d’élaboration de ce document extrêmement important pour notre pays afin de se protéger contre les risques avérés des OGM n’a pas respecté les dispositions des conventions internationales que notre pays a signées. Il s’agit notamment de la Convention sur La Diversité Biologique (CDB) et du Protocole de Cartagena qui exigent des consultations populaires pour élaborer les textes nationaux. Les lois modèles de l’Union Africaine ont quant à elles aussi, réaffirmé ces dispositions sous forme de recommandations aux états membres.

La COPAGEN Mali (Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique du Mali), regroupant l’ensemble des organisations du pays travaillant sur cette problématique, bien que connue et reconnue par les autorités du pays ainsi que les cadres des ministères en charge de la coordination de l’élaboration, a été, à dessein, ignorée dans le processus. Aucun représentant des organisations paysannes n’a participé au processus. En témoigne l’exclusion de la CNOP, membre de la COPAGEN, qui a eu le privilège de conduire le processus d’élaboration de la Loi d’Orientation Agricole (LOA) du Mali. Ce processus est donc en contradiction avec les engagements du pays et rien ne pousse aujourd’hui à la précipitation pour élaborer (introduire) ce document en l’état.

En outre, le projet de loi de biosécurité que le gouvernement du Mali vient de soumettre à l’Assemblée Nationale pour voter l’instrument juridique national présente plusieurs incohérences par rapports aux aspirations du peuple malien en matière de biosécurité. Cette expression a été faite durant plusieurs manifestations au plan national, régional, local etc… L’Espace Citoyen d’Interpellation Démocratique (ECID) organisé à Sikasso en 2006, la grande marche du 21 août 2006, les nombreuses conférences débats, les prises de positions des organisations paysannes membres de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP) sont entre autres manifestations de la volonté populaire à dire « NON aux OGM dans notre agriculture et notre alimentation » et de « protéger notre pays avec une loi de biosécurité élaborée avec la participation de l’ensemble des maliennes et maliens concernés par la question de l’agriculture au sens large du terme et de la biodiversité ».

C’est pour toutes ces raisons évoquées qu’une action urgente est nécessaire pour arrêter le vote de cette loi par l’Assemblée Nationale du Mali avant qu’il ne soit trop tard.

Ainsi :

considérant que le Mali a ratifié la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), le Traité international sur les ressources Phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture et le protocole de Cartagena sur la prévention des risques bio technologiques,

considérant que tout Etat signataire de ces Conventions et Protocoles internationaux devait respecter et s’acquitter de préalables que le Mali n’a pas encore exécutés,

considérant le communiqué du Conseil des Ministres du 09 octobre 2004 de surseoir à toute introduction au Mali des Organismes Génétiquement Modifiés,

considérant que le respect des droits des communautés constitue un élément fondamental de ces traités et conventions,

considérant que le processus d’élaboration du projet de loi de biosécurité a exclu les communautés et le grand public en violation des dispositions relatives au processus d’élaboration des lois de biosécurité,

considérant le manque de ressources humaines et matérielles indispensables pour apprécier les informations provenant des multinationales au sujet des produits OGM et leurs dérivés et assurer la traçabilité de ces produits,

considérant que ce manque de moyens entrave l’indépendance des chercheurs au regard de l’objectivité et de la transparence des résultats obtenus,

considérant les risques avérés relatifs aux incidences juridiques économiques, sociales, scientifiques, éthiques et culturelles inhérents à l’introduction des OGM,

considérant les lacunes et insuffisances flagrantes dans le document de projet à savoir entre autre l’absence de responsabilité des chercheurs vis à vis de la nation malienne, les incohérences dans l’évaluation des risques, du dispositif et du mécanisme de prise de décisions, de la faiblesses dans les délais mais surtout des niveaux de réparation en cas de dommages,

Au regard de ce qui précède, nous, organisations membres de la « Coalition Nationale pour la Protection du Patrimoine Génétique au Mali » regroupant les associations et organisations de producteurs, les associations de consommateurs, les collectifs d’organisations de femmes, de jeunes, d’artistes, d’universitaires, d’hommes et de femmes de culture, les organisations non gouvernementales nationales et internationales et leurs collectifs, de syndicats, des associations de tradithérapeutes et d’herboristes etc.

DEMANDONS :

La suspension et le retrait du processus d’étude et de vote du projet de loi sur la biosécurité soumis par le Gouvernement du Mali à l’Assemblée Nationale en sa Session d’avril 2008 ;

L’élaboration d’un document consensuel de biosécurité avec la participation effective de tous les acteurs concernés notamment la COPAGEN et ses membres sur la base des Traités et Conventions sous régionaux, régionaux et internationaux signés par le Mali ;

L’engagement des processus concertés d’élaboration, d’adoption et d’application effective des textes de lois et règlements nécessaires s’inspirant des lois modèles de l’Union Africaine sur les droits des agriculteurs et des communautés locales et sur la biosécurité ;

La prise de dispositions nécessaires, en collaboration avec des organisations citoyennes intéressées pour mieux informer toute la population malienne sur les enjeux(analyse risque/bénéfice) et les défis liés aux OGM en accord avec notre héritage et notre culture, afin de recueillir leurs réactions de façon transparente ;

La mise en place d’un moratoire de cinq (5) ans au moins sur les OGM afin de se donner le temps d’informer la population, de mieux approfondir les connaissances sur la question et de prendre des décisions concertées en « connaissance de causes » conformément à un principe majeur de la Convention sur la Biodiversité et du Protocole de Cartagena ;

Le renforcement des systèmes nationaux de recherche particulièrement dans le domaine des biotechnologies afin d’assurer l’autonomie de notre pays en terme de connaissance, de contrôle et de choix des produits issus de la biotechnologie ;

Un audit de la recherche sur les 15 dernières années afin d’évaluer ses activités de recherche sur les semences locales et situer ses responsabilités dans les tentatives d’introduction des OGM au Mali ;

La traduction en justice, pour crime contre le peuple malien, de tout chercheur ayant été impliqué, de loin ou de près, à des tentatives d’introduction des OGM de quelque façon que ce soit, sans que autorisation légale lui soit notifiée conformément aux lois et décrets en vigueur en la matière ;

Le renforcement de l’indépendance financière de la recherche en matière de biotechnologie notamment par la mise en place d’une plate forme multi bailleurs.

Fait à Bamako le 24 avril 2008

OPPOSITION DES OP MALIENNES A LA LOI RELATIVE AUX OGM


Les organisations paysannes en sit-in devant l’Assemblée nationale :

«Si vous adoptez le projet de loi sur les OGM, vous trahissez vos électeurs»





Pour protester et mettre en garde les élus du peuple contre une éventuelle adoption du projet de loi sur l’introduction des organismes génétiquement modifiés dans l’agriculture malienne, dont la question était en séance plénière hier jeudi 13 novembre à l’Assemblée nationale, la Coordination nationale des Organisations Paysannes (CNOP) a organisé le même jour un sit-in devant le Parlement.

Halte à la corruption et l’achat des élites contre les intérêts des masses laborieuses», «OGM : nous n’accepterons jamais un processus non transparent», «OGM ni dans mon champs ni dans mon assiette», «OGM : la loi d’orientation agricole est en train d’être violée».

Voilà entre autres slogans, qu’on pouvait lire hier matin sur les banderoles et les pancartes du petit groupe de manifestants de la CNOP, qui a investi hier la grande devanture de l’Assemblée nationale.

Encadrés par un impressionnant dispositif policier, les manifestants, à en croire le président de la CNOP, Ibrahima Coulibaly, entendent attirer l’attention de l’opinion nationale et plus spécifiquement des élus de Bagadaji sur une éventuelle adoption du projet de loi sur l’introduction des OGM dans l’agriculture malienne.

«Si ce projet de loi est adopté les paysans maliens seront aliénés aux firmes occidentales dans l’approvisionnement semencier. Pire, aucune étude appropriée n’a jusque-là recommandé l’utilisation de ces OGM dans nos consommations. Aussi, en aucun moment les organisations paysannes n’ont été associées à ce processus».
Ainsi, le président du CNOP a mis en garde les députés contre l’adoption de ce projet de loi. «Si vous votez en faveur de cette loi, cela veut dire que vous avez trahi vos électeurs. Si cette loi est adoptée, cela signifie également que le gouvernement malien a violé ses propres conventions qu’il a signées dans le cadre de l’introduction de ces OGM. Notamment le protocole de Cartegena, la Convention internationale sur la biodiversité et la Loi d’orientation agricole. Ces différents protocoles avaient souhaité que même si les OGM devraient être introduits dans notre pays, cela doit se faire de façon transparente, ce qui n’est pas aujourd’hui le cas».

Pour les organisations paysannes du Mali, «même si cette loi est adoptée nous ne serons pas d’accords». «Et nous descendrons dans les villages et dans les hameaux pour dire aux paysans que leurs intérêts ne sont plus défendus au niveau de l’Assemblée nationale», a-t-il prévenu.
Chahana TAKIOU

Assemblée nationale : La loi sur les OGM passe

Malgré le sit-in matinal des organisations paysannes devant l’Assemblée nationale hier jeudi 13 novembre, les élus de la nation ont adopté la loi relative à la sécurité en biotechnologie appelée également loi sur les OGM. Ce sont 108 députés qui ont voté ce projet de loi contre 20 et 0 abstention.

C’est le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Agathane Ag Alassane, qui a défendu ce projet de loi. Contesté par les organisations paysannes et l’opposition parlementaire, ce projet de loi a fait l’objet d’intenses débats à l’Hémicycle. Certains estiment qu’il n’est pas bon pour les paysans et les consommateurs. D’autres soutiennent le contraire en affirmant qu’il permet d’augmenter la quantité et de moderniser l’agriculture.

Le ministre Agathane Ag Alassane a, pour sa part, laissé entendre que la bio-technologie ne concerne pas que l’agriculture. «L’objectif du protocole de Cartagena est de garantir un niveau adéquat de protection pour la biodiversité et la santé humaine dans le transfert, la manipulation et l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) produits par la biotechnologie moderne en mettant l’accent sur les mouvements transfrontaliers».

Il ressort du rapport de la commission du développement rural et de l’environnement que la biotechnologie permet de renforcer les capacités nationales. En dépit de son fort potentiel pour améliorer la production agricole, la biotechnologie moderne connaît peu d’application au Mali.

Le même rapport définit la biosécurité ou sécurité biotechnologique ainsi que suit : il est pour notre pays, une nécessité impérieuse de prendre toutes les mesures nécessaires, pour se mettre à l’abri des risques éventuels liés aux différentes applications de la biotechnologie moderne.

Le but visé par cette loi consécutive à la Convention sur la diversité biologique signée par notre pays, est la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable des ressources naturelles et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.

Chahana TAKIOU, L'Indépendant

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LE MALI VOTE LA LOI RELATIVE AUX OGM

Par 108 voix pour 20 contre, 0 abstention et 0 non votant l’Assemblée nationale du Mali a adopté la loi portant sur l’importation, l’exportation, le transit, l’utilisation confinée, la libération ou la mise sur le marché de tout OGM ou d’un produit dérivé sous le couvert de la sécurité biotechnologique en République du Mali.

Ladite loi était défendue côté gouvernemental par Agatham Ag Alassane, ministre de l’Environnement et de l’Assainissement. C’était en présence de ses homologues de l’Agriculture, de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, des Mines de l’Energie et de l’Eau et des Relations avec les Institutions, porte-parole du gouvernement. La police des débats était assurée par Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale.

On se rappelle que c’est le 28 février 2007 que le gouvernement a adopté en conseil des ministres le projet de loi en question. La loi adoptée à la majorité écrasante des députés comporte 14 chapitres et 78 articles.

LE CONTEXTE

Le développement récent de la biotechnologie a consisté à l’utilisation d’une technique nouvelle pour manipuler volontairement des gènes, des cellules, ou des tissus vivants pour produire de nouveaux tissus ou pour générer des changements dans la constitution génétique d’un organisme.

Ce développement sans précédent des biotechnologies suscite des intérêts assez considérables pour les pays en développement. Il représente une opportunité pour réaliser des avancées certaines dans plusieurs domaines notamment dans l’agriculture et l’alimentation, l’environnement, la santé humaine et animale, l’énergie, l’industrie, la foresterie.

Par ailleurs, nonobstant les immenses espoirs engendrés par la biotechnologie, des inquiétudes demeurent quant à son application en raison des conséquences qui peuvent découler de son utilisation sur la diversité biologique, la santé humaine et animale et l’environnement.

De nos jours, le constat est que, face à l’immense espoir qui a fait naître les avancées en matière de biotechnologie, s’étale un océan d’insécurités liées aux risques que peut engendrer son utilisation, et pour y faire face, les Etats en développement et particulièrement le Mali ne dispose que d’un vide juridique compromettant pour des décideurs.

UNE CONVENTION INTERNATIONALE SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

Dans le souci de prendre en compte les différentes préoccupations liées à la biotechnologie, la communauté internationale a élaboré la Convention sur la Diversité Biologique (C.D.B) en 1992.

Le but visé par la convention est la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable des ressources naturelles et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.
Depuis son entrée en vigueur, la convention essaye de gérer la prévention des risques biotechnologiques liés à la nécessité de protéger la santé humaine, animale et l’environnement contre les effets défavorables de l’utilisation de la biotechnologie moderne.

JUSTIFICATION DE LA LOI

Les motivations profondes du présent projet de loi résident dans l’absence d’un cadre réglementaire adéquat pour la prise en charge des questions de biosécurité. L’adoption de ce projet de loi est essentielle d’une part pour être en accord avec les conventions et accords internationaux ratifiés par le Mali comme la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) et le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques et d’autre part pour doter le Mali d’instruments juridiques appropriés pour faire face aux risques éventuels liés à l’introduction incontrôlée des OGM et produits dérivés dans notre pays.

L’absence actuelle de loi sur la biosécurité a pour conséquence : l’absence de recherche en matière en biotechnologie moderne (c’est-à-dire le génie génétique) ; l’impossibilité de procéder à des analyses en vue de mettre en évidence la présence ou non des OGM à travers des techniques simples de biologies moléculaires ; l’impossibilité des services de réglementation de procéder à des contrôles sur l’existence ou pas d’OGM au Mali ; l’impossibilité de bénéficier des atouts des technologies modernes en santé, en agriculture, en environnement, etc...

Il faut noter que la biosécurité est l’ensemble des politiques, procédures ou techniques adoptées en vue de contribuer à l’application sans risques de la biotechnologie moderne en matière de médecine, agriculture, industrie, environnement, de prévenir les risques pour la santé humaine et animale et la sécurité environnementale.

OGM OU BIOTECHNOLOGIE?

Avant l’adoption de ladite loi, les députés de la majorité et ceux de l’opposition étaient divisés sur le sens qu’il faut donner au mot Organisme Génétiquement Modifiable (OGM) et la sécurité biotechnologique. Selon Me Kassoum Tapo, Mme Coulibaly Kadiatou Samaké, Ibrahima Lancéni Coulibaly, tous de la majorité, il ne s’agit pas d’introduction des OGM au Mali, mais de légiférer sue le domaine de la biotechnologie. Pour Konimba Sidibé, Bréhima Béridogo, Modiba Keïta, tous de l’opposition parlementaire, il s’agit bel et bien de l’introduction des OGM au Mali dans un langage biaisé qu’est la biotechnologie.

LES EXPLICATIONS DU MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT

Pour le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, c’est une fausse information de véhiculer que nous seront dépendants des firmes multinationales productrices de semences. “Le domaine en question dépasse le seul cadre de l’agriculture. Il concerne la santé, l’élevage, l’alimentation, la forêt entre autres.

Les OGM sont déjà là, il s’agit maintenant de légiférer. Cette loi c’est pour nous protéger contre les effets indésirables et non pour l’introduction des OGM. Aucune étude scientifique n’a démontré que les aliments génétiquement modifiables ont un danger sur l’organisme humain”, a déclaré le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement.

La loi est adoptée, il faut maintenant l’appliquer. Comme on le dit, le vin est tiré il faut le boire. La balle est maintenant dans le camp de nos scientifiques et autres chercheurs. Ils doivent être capables de dissiper les inquiétudes et les menaces sur notre souveraineté et notre sécurité alimentaire.
Daba Balla KEITA

Contre l’adoption de la loi sur les OGM :

La CNOP mène un sit-in

Les élus de la Nation étaient appelés à se prononcer sur un projet de loi sur l’introduction des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) en République du Mali, le jeudi 13 novembre dans la journée. En prélude à la séance, la Coordination National des Organisations Paysannes (CNOP) a organisé un sit-in devant la porte de l’Hémicycle de Bagadadji afin d’influencer les honorables députés pour un rejet du projet en question.

Sur les banderoles on pouvait noter: LA PROBLEMATIQUE DES OGM

Depuis quelques temps, la privatisation et les manipulations génétiques du vivant sont devenues des enjeux capitaux dans des stratégies d’enrichissement de certains individus et societés multinationales. Les ressources génétiques qui appartenaient autrefois à toute l’humanité, deviennent de plus en plus des propriétés privées.

Cette privatisation du vivant s’accentue sous la poussée de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui oblige les Etats à légiférer prioritairement pour protéger les Droits de Propriété Intellectuelle (DPI) des individus et surtout des sociétés multinationales. Il ne fait aucun doute que ces dernières qui occupent le devant de la scène de la privatisation tous azimuts, n’agissent avant tout que pour l’accumulation du profit.

La généralisation des cultures de plantes transgéniques depuis ces dernières années, pose la question centrale du contrôle politique de l’agriculture et de l’alimentation dans le projet actuel de globalisation de l’économie. Les OGM posent de sérieux problèmes environnementaux liés à l’agriculture, des problèmes d’ordre économique, politique, sanitaire tant pour les hommes que pour les animaux, les problèmes d’ordre culturel et des problèmes d’éthique.

Le flux de gènes, la généralisation de la culture des OGM présentent des risques importants de pollution génétique. En effet, les gènes artificiels introduits dans les plantes cultivées peuvent se répandre dans le patrimoine génétique des variétés traditionnelles et des espèces sauvages ou apparentées aux OGM.
Bien que les plantes transgéniques ne soient cultivées à grande échelle que depuis une dizaine d’années, les premiers problèmes de pollution génétique commencent à se manifester dans plusieurs pays. Il s’agit entre autres de mauvaises herbes tolérant les herbicides, apparition d’insectes ravageurs résistants aux toxines des plantes insecticides, de pollution génétique avec le cas bien connu de l’agriculteur Canadien Percy Schmeiser qui a été traduit en justice par une multinationale Monsanto après que son champ ait été contaminé par les semences transgéniques du voisin.

DES INQUIETUDES FACE AU PROJET DE LOI

Le document qui se trouvait sur la table de l’Assemblée nationale s’intitule <>. A la lumière des différents traités, Accords et conventions signés par l’Etat malien, et en conformité avec les dispositions de la Loi d’Orientation Agricole, il urge pour le Mali de créer un cadre d’élaboration participative d’un document de loi sur la Biosécurité qui prendrait en compte les préoccupations des populations en la matière.

Dans le cas spécifique du Mali, face à la précipitation d’une minorité de chercheurs et avec l’appui de Monsanto, Syngeta et l’USAID, un avant-projet de loi de biosécurité a été élaboré et soumis par le gouvernement à l’Assemblée Nationale. Ce document a été élaboré avec la participation de façade d’une partie de la société civile.

Par ailleurs, le projet de loi de biosécurité que le gouvernement du Mali vient de soumettre à l’Assemblée Nationale et qui a été voté présente selon la CNOP plusieurs incohérences par rapport aux aspirations du peuple en matière de biosécurité.

LA SUSPENSION DU PROCESSUS DEMANDEE PAR LE CNOP

Face à cette situation, la CNOP a demandé entre autres la suspension du processus d’études et de vote du projet de loi sur la biosécurité soumis par le gouvernement du Mali pour permettre d’élaborer un nouveau document avec la participation effective de tous les acteurs concernés notamment la COPAGEN (Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique du Mali) et ses membres.

L’engagement des processus concertés d’élaboration, d’adoption et d’application effective des textes de lois et règlement nécessaires s’inspirant des lois modèles de l’Union Africaine sur les droits des agriculteurs et des communautés locales et sur la biosécurité.

La prise de dispositions nécessaires en collaboration avec des organisations citoyennes intéressées pour mieux informer toute la population malienne sur les enjeux et les défis liés aux OGM en accord avec héritage. La mise en place d’un moratoire de 5 ans au moins sur les OGM afin de se donner le temps d’informer la population pour mieux approfondir les connaissances sur la question et prendre des décisions concertées conformément à un principe majeur de la convention sur la biodiversité et du protocole de Carthagéna.

Le renforcement des systèmes nationaux de recherche particulièrement dans le domaine des biotechnologies afin d’assurer l’autonomie de notre pays en terme de connaissance, de contrôle et de choix des produits issus de la biotechnologie. Et d’assurer l’indépendance financière de la recherche en matière de biotechnologie notamment par la mise en place d’une plate forme multi-bailleurs.

L’ADOPTION DU PROJET DE LOI SERAIT UN PARADOXE

Le président du CNOP, Ibrahima Coulibaly, dans sa déclaration, a souligné que le projet de loi est très controversé, puisque déjà son article premier stipule que la loi s’applique à l’importation, l’exportation, le transit, l’utilisation confinée, la libération ou la mise sur le marché de tout Organisme Génétiquement Modifié, qu’il soit destiné à être libéré dans l’environnement ou utilisé comme denrée alimentaire, aliment pour bétail ou produit de transformation, produit dérivé d’organisme génétiquement modifié.

Elle s’applique également aux OGM à double fonction pharmaceutique et alimentaire d’intérêt agricole. Ce qui ne se fait dans aucun pays, même les pays qui détiennent la biotechnologie “Si ce projet de loi est voté, ce sont trois engagements majeurs du Mali qui seront violés à savoir: la Convention de Carthagena, la Convention sur la Biodiversité et surtout la Loi d’Orientation Agricole.

Si les OGM entrent dans notre pays, cela constituerait un système d’esclavage pour les paysans, qui dépendront des multinationales, même si la loi est votée, nous ne seront jamais d’accord”, avait ajouté le président du CNOP.
Au finish, les élus de la nation ont adopté le projet de loi à une majorité écrasante, soit 108 pour, 20 contre et zéro abstention. Ce qui signifie que le desiderata de la CNOP pour l’adoption de ce projet de loi sera maintenu.

Le vin est tiré, il faut le boire. Mais les élus de la nation n’auraient pas dû adopter une telle loi et pour cause : cela accroîtra la dépendance de nos paysans vis-à-vis des multinationales transgéniques et compomettra la santé publique. En plus, le risque de dégradation de l’écosystème sera encore plus élevé.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire, Nouvel Horizon

Source: Nouvel Horizon, est seul responsable du contenu de cet article

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LE MALI VOTE LA LOI EN FAVEUR DES OGM

Loi sur la sécurité en biotechnologie : L’Assemblée Nationale adopte les OGM malgré l’opposition des paysans

Le 13 novembre 2008, l’Assemblée nationale du Mali a voté le projet de loi sur la sécurité en biotechnologie, avec une majorité de 108 députés pour et 20 députés contre.

Désormais, plus rien ne pourra empêcher l’envahissement du territoire malien par les organismes génétiquement modifiés. Sous le prétexte de doter le pays d’une législation sur la sécurité en biotechnologie, le gouvernement du Mali à travers l’Assemblée nationale, vient d’ouvrir toutes les vannes à l’introduction des OGM au Mali. Par 108 députés pour et 20 députés contre, la loi portée par Alassane Ag Agatham, malgré une forte opposition de la majorité des paysans et des acteurs de la société civile, est passée comme courrier à la poste.

Dès la présentation du rapport de la commission du développement rural, l’on pouvait déjà s’imaginer ce qu’allait être le sort de ce projet de loi. Surtout que le rapport de la commission de la santé, du développement social et de la solidarité, saisie pour avis, n’a pas mieux fait que la commission saisie pour l’étude de la loi. Les deux commissions ont demandé à l’Assemblée nationale d’adopter le projet de loi. Le débat qui s’en est suivi a été très houleux. Mais, rapidement le clivage opposition et mouvance présidentielle s’est dessiné dans la salle.

Le député Yaya Haïdara a demandé au gouvernement d’être clair sur l’objectif de la loi. Il a voulu savoir si la loi vise à préparer le terrain pour l’introduction des OGM au Mali. Dans l’affirmative, il a souhaité que le gouvernement apaise les paysans sur le schéma qu’il compte mettre en place pour l’approvisionnement des paysans en semences, car rares sont les paysans maliens qui ont la capacité d’acheter des semences OGM. Pour la plupart des députés de la mouvance présidentielle qui ont pris la parole dans la salle, il est plus qu’urgent pour notre pays de se doter d’une loi sur la sécurité biologique pour combler un vide et au-delà de se protéger.Bréhima Bérédogo, député de l’opposition, a d’abord tenu à dénoncer la présence d’une meute de policiers devant l’Assemblée nationale.

«Cela est inacceptable, parce que cette présence vise à empêcher à des Maliens l’exercice d’un droit reconnu par la constitution : le droit de manifester», a-t-il déclaré. En ce qui concerne la loi qui est à l’ordre du jour, il a estimé qu’elle prépare le terrain à l’introduction des OGM au Mali. M. Bérédogo a indiqué que la loi portée par le ministre de l’Environnement est «anti-environnementale», car portant atteinte à la diversité biologique. «En Afrique, en dehors du Burkina Faso et de l’Afrique du Sud, aucun pays africain n’a légiféré sur les OGM et tous attendent de voir clair avant de s’aventurer», a-t-il déclaré.

Avant de rappeler qu’avec les OGM, les paysans seront obligés de payer régulièrement les semences et comme le Mali, à l’état actuel, n’a pas la capacité de les produire, il va falloir s’approvisionner quelque part. Il a aussi estimé que les risques liés aux OGM ne sont pas maîtrisés. Pire, le député a démontré que notre pays n’a pas les capacités techniques et scientifiques de contrôle. Pour toutes ces raisons, il a demandé à l’Assemblée nationale de rejeter la loi et d’amener le gouvernement à organiser une large consultation autour du futur projet.

Les paysans maliens ont d’autres préoccupations

Pour sa part, le député Oumou Coulibaly de l’opposition, dans une démarche exceptionnelle qui fait la part belle aux proverbes, a amené les députés à comprendre que, loin des OGM, les paysans maliens ont d’autres préoccupations, comme les difficultés de terres cultivables. Selon elle, au lieu de perdre le temps à un débat sur les OGM, le gouvernement et les députés devaient plutôt réfléchir sur la stratégie à mettre en place pour que les paysans maliens n’aient plus de problèmes de terres.

Mody N’Diaye, député élu à Baraoueli a estimé que l’absence d’amendement au projet de loi, prouve qu’il est globalement accepté par les députés. Moriba Kéïta, Président du groupe parlementaire RPM, a demandé à ses collègues députés de répondre à la question de savoir, comment on peut assurer la sécurité dans un domaine qu’on ne maîtrise pas. Pour cela et pour tant d’autres arguments, il a demandé le rejet du projet de loi. Pour sa part, le député Drissa Ouattara qui s’est dit longtemps opposé aux OGM a fait un volte face. Il a estimé que ne pas légiférer sur la question est un acte criminel.

Le ministre Alassane Ag Agatham est intervenu pour rassurer les députés que sa démarche n’est pas à assimiler à celle de quelqu’un qui veut introduire les OGM au Mali. Mais, plutôt à doter le pays d’un cadre de biosécurité qui va l’aider à se prémunir contre les risques. Mais, ayant reçu beaucoup d’eau à son moulin, c’est en ministre comblé que Alassane Ag Agatham a regagné son fauteuil. Mais, c’était sans compter avec l’intervention du député Koniba Sidibé de l’opposition qui a forcé l’estime de tous, tant son discours était convaincant.

Plusieurs fois acclamé, Koniba Sidibé a expliqué que cette loi interpelle les Maliens sur deux préoccupations : la préservation de la santé publique et la réalisation de la sécurité alimentaire. Il a rappelé que eu égard à la pertinence du sujet, la majorité mécanique ne devait pas jouer. Selon lui, que ce soit l’opposition ou que ce soit la mouvance présidentielle, personne en principe ne souhaite que le pays court des risques inutiles.

Les risques des OGM ne sont pas maîtrisés

Contrairement aux déclarations du ministre Alassane Ag Agatham, il a déclaré que les risques des OGM sont très élevés. Selon le député aucune source scientifique n’a confirmé la maîtrise des risques. Face à cela, il dira qu’en Europe des nations plus au point techniquement et scientifiquement que la nôtre ont choisi le principe de la précaution, pour ne pas trop s’aventurer. Très en verve, Koniba Sidibé a battu en brèche l’argumentaire du ministre qui a voulu faire comprendre que le Mali a besoin de cette loi pour libérer les chercheurs nationaux.

«Si le projet de loi faisait une part belle à la recherche dans son champ d’application, j’allais demander qu’on le vote. Mais, je suis au regret de constater que la soi-disant loi sur la sécurité biologique au Mali, n’est qu’une licence à l’importation et à la commercialisation des OGM, sans exceptions. Nous ouvrons toutes les vannes, cela n’est pas acceptable», a-t-il déclaré. Avant de démontrer que notre pays n’a pas la masse critique de génies généticiens pour se permettre une aventure comme le veut le projet de loi.

«Les structures maliennes de contrôle sont sous équipées et n’ont pas les moyens de travailler comme il se doit», a-t-il affirmé. Avant de conseiller qu’il n’y a aucune urgence à pousser notre pays à mettre les charrues avant les bœufs. «Il faut d’abord doter le pays d’un cadre de biosécurité fiable, avant de songer à ouvrir nos frontières à une importation massive des OGM», a-t-il estimé. Le député Koniba Sidibé a indiqué que le projet de loi malien a volontairement fait l’amalgame entre la biotechnologie en agriculture et les OGM crées et commercialisés par des grandes firmes internationales. Il a estimé que l’objectif d’augmentation de la production agricole du pays n’est qu’un prétexte.

Le député de l’opposition est plus que convaincu que le pays peut atteindre cet objectif avec des solutions locales, fruits du travail de chercheurs maliens dans les domaines des semences améliorées. Il a révélé que si ce formidable travail des chercheurs maliens n’a pas encore produit l’effet escompté, c’est parce que l’Etat refuse de mettre les moyens à la disposition des services de vulgarisation. «Comment comprendre que ces semences maliennes, fruits du génie des fils du pays, soient utilisées seulement qu’à 26 % par les paysans maliens», s’est-t-il interrogé. Avant de démontrer la contradiction qu’il y a entre la loi d’orientation agricole et le projet de loi sur la sécurité en biotechnologie.

En plus de ne pas être le fruit d’une procédure participative et partagée par l’ensemble des acteurs, Koniba Sidibé a estimé que le projet de loi malien est en contradiction flagrante avec le protocole de Cartagena. Pour toutes ces raisons, il a demandé au gouvernement malien de reprendre sa copie et de la centrer sur les objectifs de la recherche, tout en y interdisant l’importation et la commercialisation des OGM. Les points marqués par Koniba Sidibé, député de l’opposition, ont vraisemblablement poussé Me Kassoum Tapo à sortir de ses gongs. L’éminent avocat malien a surpris plus d’un quand il a soutenu que la loi n’est pas relative aux OGM, mais plutôt à la sécurité sur la biotechnologie. Cette sortie de Me Kassoum Tapo a amené plusieurs journalistes présents dans la salle à se demander si l’avocat ne s’était pas tromper de texte.

En tout cas, le projet de loi sur la sécurité en biotechnologie, dans sa première section consacrée au champ d’application, est très clair. «La présente loi s’applique à l’importation, l’exportation, le transit, l’utilisation confinée, la libération ou la mise sur le marché de tout organisme génétiquement modifié (OGM) qu’il soit destiné à être libéré dans l’environnement ou utilisé comme denrée alimentaire, aliment pour bétail ou produit de transformation, ou d’un produit dérivé d’organisme génétiquement modifié. Elle s’applique également aux OGM à double fonction pharmaceutique et alimentaire d’intérêt agricole», nous révèle l’article premier.

Malgré la précision de ce texte, certains députés de la mouvance présidentielle ont estimé que le texte n’est pas relatif aux OGM. De deux choses l’une : soit ils ont voté un texte sans savoir qu’il était relatif aux OGM, soit ils sont de mauvaise foi. Mais, dans tous les cas, il est malheureux de constater que notre pays est désormais à la merci des multinationales semencières.

Assane Koné

Source: Le Republicain

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Le Républicain, est seul responsable du contenu de cet article

LES OGM ET LE GENOCIDE DES PAYSANS INDIENS


Plus de 150,000 paysans indiens se sont suicidés depuis 2003 suite à l’adoption de la culture des OGM.

Ci-joint un article paru dans le Daily Mail sur ce génocide.

Article de Andrew Malone, paru dans le Daily Mail, le 3 novembre 2008

Lorsque le Prince Charles affirma que des milliers de paysans indiens se suicidaient après avoir utilisé des OGM, il lui fut reproché de jouer sur la peur. En fait, comme le montre cette enquête, c’est encore PIRE que ce que l’on craignait.

Les enfants étaient inconsolables. Prostrés dans le silence, sous le choc, et luttant pour retenir leurs larmes, ils se blottissaient contre leur mère, tandis que les amis et voisins préparaient le corps de leur père pour la crémation sur le bûcher embrasé, situé sur le sol craquelé et nu des champ derrière leur maison.

Tandis que les flammes consumaient le cadavre, l’avenir qui attend Gajanan, 12 ans et Kalpana, 14 ans est très sombre. Alors que Shankara Mandaukar avait espéré que son fils et sa fille auraient une vie meilleure grâce au boom économique que connaît l’Inde, ce qui les attend, c’est un travail d’esclave pour quelques centimes par jours. Désormais sans terre et sans toit, ils feront partie des plus pauvres, parmi les pauvres.

Shankara était un paysan respecté, un bon mari et un bon père, mais il s’est suicidé. Moins de 48 heures auparavant, et confronté à la perte de ses terres pour cause de dettes, il a bu un pesticide chimique.

Dans l’incapacité de payer l’équivalent de deux années de revenus, il était désespéré et ne voyait plus aucune issue

Sur le sol, on pouvait encore voir les traces qu’il avait laissées lorsqu’il se tordait, agonisant. D’autres paysans avaient regardé - sachant par expérience que toute intervention serait vaine - plié en deux sur le sol, hurlant de douleurs et vomissant.

Gémissant, il avait rampé jusque sur un banc devant sa petite maison située à 180 km de Nagpur en Inde Centrale. Une heure plus tard, tout son cessa et sa respiration s’est arrêtée. A 5 heures, ce dimanche la vie de Shandakar Mandaukar avait cessé.

Alors que les voisins se rassemblaient pour prier devant la maison familiale, Nirmanan Mandaukar, 50 ans, leur raconta comment elle était revenue précipitamment des champs pour trouver son mari mort. « C’était un mari aimant et attentionné » dit elle en pleurant. « Mais il n’en pouvait plus. L’angoisse psychologique était trop forte. Nous avons tout perdu. »

La récole de Shankara a été mauvaise deux fois. Bien sûr la famine et les épidémies font partie de la vieille histoire de l’Inde. Mais la mort de ce paysan respecté est due à quelque chose de bien plus moderne et sinistre : les plantes modifiées génétiquement.

On a promis à Shandakar comme à des millions d’autres paysans comme lui, des récoltes et des rentrées d’argent incroyables, s’il passait de la culture de semences traditionnelles à la culture de semences GM. Séduit par ces promesses de richesses futures, il a emprunté l’argent afin d’acheter des semences transgéniques. Mais les récoltes ne furent pas au rendez-vous et il se retrouva dans la spirale de l’endettement et sans revenu.

Shankara n’est qu’un de ces fermiers – on estime leur nombre à 125 000 - à se suicider à cause de cette offensive brutale qui utilise l’Inde comme champ d’essais pour OGM.

Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

S’adressant par vidéo à une conférence qui se tenait dans la capitale indienne New Delhi, il provoqua la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause… l’échec de nombreuses variétés d’OGM ».

En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l’agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir « l’avenir » et suivre cet exemple.

Alors qui dit la vérité ? Pour le savoir, je suis allé dans la « ceinture des suicides », dans l’état de Maharashtra.

Ce que j’ai découvert est extrêmement dérangeant et a de profondes implications pour les pays – y compris la Grande-Bretagne – où l’on débat pour savoir si on autorise ou pas la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature

Car même les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

Des petites gens de zones rurales, qui meurent dans une lente agonie. La plupart ingurgite de l’insecticide – une substance bon marché dont on leur avait pourtant promis lorsqu’ils furent obligés de cultiver des plantes GM coûteuses, qu’ils n’en auraient plus besoin.

Il apparaît qu’ils sont très nombreux à être endettés massivement auprès des prêteurs de fonds locaux, après avoir sur-empruntés pour acheter les semences OGM.

Pour les pro-OGM, les vraies raisons de ce chiffre épouvantable sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le « désespoir agraire ».

Mais comme j’ai pu le découvrir lors de mon voyage de 4 jours dans l’épicentre de la catastrophe, ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Dans un petit village que je visitais, 18 paysans s’étaient suicidés après avoir été engloutis dans les dettes dues aux OGM. Dans certains cas, les femmes ont repris le ferme de leur mari défunt, mais pour finalement se suicider elles-mêmes.

Latta Ramesh, 38 ans but de l’insecticide, après une mauvaise récolte – deux ans après que son mari ne disparaisse lorsque les dettes OGM étaient devenues trop importantes. Elle a laissé un fils de 10 ans, Rashan, confié à des parents. La tante de la défunte, assise sans énergie à l’ombre près des champs, raconte « qu’il pleure lorsqu’il pense à sa mère ».

Village après village, des familles me racontent comment elles se sont endettées après qu’on les ait convaincues d’acheter des semences GM au lieu des semences de coton traditionnelles. La différence de prix est vertigineuse : 15 euros pour 100 grammes de semences OGM, par rapport à moins de 15 euros pour 100 kilos fois de semences traditionnelles

Mais les vendeurs ainsi que les représentants du gouvernement avaient promis aux paysans qu’il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleurs plantes, sans parasites ni insectes.

En fait, dans une tentative pour promouvoir l’adoption des semences OGM, les variétés traditionnelles ont été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales.

Les autorités avaient un intérêt matériel dans la promotion de cette nouvelle biotechnologie. En essayant désespérément d’échapper à l’extrême pauvreté des années qui succédèrent à l’indépendance, le gouvernement avait accepté d’autoriser les nouveaux géants des biotechnologies comme le numéro un du marché, l’états-unien Monsanto à vendre leur nouvelles créations semencières

Déjà dans les années 80 et 90, l’Inde qui avait autorisé l’accès au marché du second pays le plus peuplé de la planète avec plus d’un milliard d’habitants, s’était vu garantir en contre-partie des crédits du fond Monétaire International, ce qui l’a aidé à lancé une révolution économique

Mais si des villes comme Mumbay et Delhi ont vécu un boum économique, la vie des paysans est retombée dans une période sombre.

Bien que la surface indienne plantée en OGM ait doublé en 2 ans – passant à 17 millions d’ha – pour de nombreux paysans, le prix à payer est terrible.

Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites, se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace.

On n’avait pas prévenu les paysans non plus que ces variétés nécessitaient deux plus d’eau. C’est ce qui a fait la différence entre la vie et la mort. Avec l’absence de pluie, ces deux dernières années, les plantes GM ont tout simplement séché et sont mortes, laissant les paysans paralysés par les dettes et sans moyen pour les rembourser.

Comme l’argent a été emprunté à des prêteurs locaux à des taux d’usuriers, des centaines de milliers de petits paysans se sont vus perdre leurs terres lorsque les semences coûteuses ont été un échec.

Dans le passé, lorsqu’une récolte était mauvaise, les paysans pouvaient toujours conserver des graines et les replanter l’année suivante.

Par contre cela n’est pas possible avec les semences GM qui contiennent la technologie « Terminator », ce qui signifie qu’elles ont été modifiées génétiquement afin que la plante ne puisse plus produire de semences viables.

De ce fait, les paysans doivent chaque année acheter de nouvelles semences au même prix exorbitant. Pour certains il s’agit là aussi de la différence entre la vie et la mort.

Prenez le cas de Suresh Bhalasa, un autre paysan qui était incinéré cette semaine, laissant derrière lui une femme et deux enfants.

Lorsque la nuit fut tombée après la cérémonie et que les voisins se regroupèrent dehors, tandis que les vaches sacrées étaient ramenées des champs, il ne faisait aucun doute pour sa famille que tous les ennuis avaient commencé au moment où on les avait encouragés à acheter du coton Bt, une plante modifiée génétiquement par Monsanto.

« Nous sommes ruinés maintenant » dit la femme du défunt, âgée de 38 ans. « Nous avons acheté 100g de coton Bt. Notre récolte a été mauvaise deux fois. Mon mari est devenu dépressif. Il est parti dans les champs, s’est allongé et a bu de l’insecticide. »

Les villageois le mirent sur un rickshaw et se dirigèrent sur des chemins ruraux cahoteux, vers l’hôpital. Alors que sa famille et les voisins s’amassaient dans la maison pour lui rendre un dernier hommage, elle racontait : « Il a crié qu’il avait pris de l’insecticide et qu’il était désolé ».

Interrogée pour savoir si le défunt était un ivrogne ou souffrait de « problèmes sociaux » comme l’affirment les responsables pro-OGM, cette assemblée calme et digne explosa de colère. Un des frères du défunt nous expliqua « Non ! Non ! Suresh était un brave homme. Il envoyait ses enfants à l’école et payait ses impôts ».

« Ce sont ces semences magiques qui l’ont étranglé. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ca nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Monsanto a reconnu que la croissance de la dette était « un facteur de cette tragédie ». Mais, en pointant sur le fait que la production de coton avait doublé ces 7 dernières années, un porte-parole ajoutait qu’il y a d’autres raisons pour la crise récente, comme « des pluies au mauvais moment » ou des sécheresses, soulignant que les suicides avaient toujours fait partie de la vie de l’Inde rurale.

Les responsables soulignaient aussi le fait que de nombreuses études d’opinions montraient que les paysans indiens voulaient des semences GM – sans aucun doute encouragés qu’ils sont par des stratégies de marketing agressive

Durant le cours de mes enquêtes au Maharashtra, je rencontrai trois observateurs « indépendants » parcourant les villages pour se renseigner sur les suicides. Ils insistèrent sur le fait que les semences GM n’étaient que 50% plus chères – mais admettaient plus tard que la différence était de 1000%.

(Un porte-parole de Monsanto insistait ensuite, affirmant que leurs semences ne coûtaient que le double du prix « officiel » des semences traditionnelles, mais admettait que la différence pouvait être beaucoup plus grande, si les semences traditionnelles étaient vendues par des marchands « sans scrupules » qui vendent souvent aussi de « fausses » semences GM qui sont sujettes aux maladies.)

Alors qu’il y des rumeurs comme quoi le gouvernement proposerait de façon imminente des compensations pour stoper la vague de suicides, de nombreux paysans disaient qu’ils ont un besoin désespéré de toute forme d’assistance. « Nous voulons juste nous sortir de nos problèmes. Nous voulons de l’aide pour que plus aucun d’entre nous ne doive mourir ».

Le Prince Charles était si frappé par la détresse des paysans qui se sont suicidés qu’il a lancé une association caritative, la Fondation Bhumi Vaardan, pour aider ceux qui sont touchés et afin de promouvoir des plantes biologiques indiennes au lieu des OGM.

Les paysans indiens commencent aussi à se battre. Alors qu’ils ont pris en hôtage des distributeurs de semences et organisé des protestations de masse, un gouvernement attaque Monsanto en justice à cause du prix exorbitant de ses semenes.

Tout cela arrive trop tard pour Shandakar Mandaukar qui devait 80 000 roupies (1 500 euros) lorsqu’il s’est suicidé. « Je lui ai dit que nous pouvons survivre » nous dit sa veuve, ses deux enfants toujours à ses côtés, alors que la nuit tombe. « Je lui ai dit qu’on trouverait un moyen de s’en sortir. Il a juste répondu qu’il valait mieux qu’il meure ».

Mais la dette ne meurt pas avec lui : à moins qu’elle ne trouve un moyen de la rembourser, elle ne pourra plus payer l’éducation des enfants. Ils vont perdre leur terre et rejoindre les hordes que l’ont voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays immense et chaotique.

Il est cruel de voir que ce sont les jeunes qui souffrent le plus de ce « génocide OGM », cette même génération censée pouvoir sortir de cette vie dure et miséreuse, grâce aux « semences magiques ».

Ici, dans la ceinture indienne des suicides, le coût de l’avenir modifié génétiquement est meurtrièrement élevé.

Source de l'article: www.amisdelaterre.org/Le-genocide-OGM.html

Sunday, March 01, 2009

OGM: GENOCIDE ECONOMIQUE, SOCIAL ET ECOLOGIQUE DE l'AFRIQUE ET DE L'HUMANITE


APERCU DES ENJEUX DES OGM

La terre n’appartient pas à l’Homme.
C’est l’Homme qui appartient à la terre.



I. Enjeux et conséquences du coton Bt de Monsanto sur la filière cotonnière au Mali et dans la sous-région.

Le coton Bt génétiquement modifié (GM) de Monsanto

• Le dernier clou dans le cercueil des cotonculteurs et le cheval de Troie des multinationales de biotechnologie (Monsanto, Syngeta, Dow Agro Science, Bayer, etc.) pour le contrôle total de la filière et de toute l’agriculture vivrière au Mali et dans la sous-région.

Comme écrit GRAIN dans son rapport sur l’introduction du coton GM au Mali et dans la sous-région :

« Le coton Bt ( de Monsanto) est le cheval de Troie des multinationales ; leur porte d’entrée en Afrique de l’Ouest, pour assurer leur mainmise sur les semences cotonnières, et, éventuellement, pour contrôler toute l’agriculture de la sous-région. Le but est d'introduire en Afrique de l'Ouest les cultures génétiquement modifiées brevetée. »

Source : www.grain.org

Enjeux socio-économiques :

SPIRALE D’ENDETTEMENT ET FAILLITES DES COTONCULTEURS

• Culture de coton GM non-rentable pour les petits producteurs de coton en Afrique et dans les pays du Sud.

Coûts de production

• Coûts de production du coton GM largement supérieurs au coton bio et au coton conventionnel

• Coûts des semences largement supérieurs aux prix de semences bio et conventionnelles. (coût des semences Bt varie en fonction des pays)

a) Ex : Coûts des semences du coton Bt de Monsanto (Inde):

• OGM : 45 euro/ha
• Bio : 6 Euro/ha
• Conventionnel : 1.5 euro/ha

b) Coûts d’utilisation liés au brevet : (Bollgard 2: $100/ha = 45000- 50,000 FCFA/ha)

• Pas de réduction significative dans l’utilisation et dans le coût des insecticides:

• coût des semences GM (29,500 fcfa/ha) + coût du brevet du coton bt de Monsanto (45,000-50,000 fcfa/ha) largement supérieurs au cout des insecticides au Mali : 30,000-35,000 fcfa/ha

• Coton Bt ne combat pas tous les insectes ravageurs du coton, notamment les principaux qui prolifèrent au Mali et dans la sous-région.

• Requis 2 fois plus d’eau! En cas de sécheresse, faillite des cotonculteurs!

Rendement:

• Rendement inférieur au coton conventionnel : -35% en Inde ; 50 capsules contre 100 capsules pour le coton conventionnel.
• Les semences de coton Bt n’ont pas été génétiquement modifiées pour accroître les rendements.

Qualité

Qualité médiocre de la semence, de la graine de coton et de la fibre

• Témoignage publique de *William Dunavant ( *Président de la plus grande entreprise américaine de négoce du coton): « Je suis d’avis que la semence du coton bt est un problème très sérieux et beaucoup de gens partagent mon avis. »

Prix de vente

• Prix du coton Bt inférieur au prix du coton conventionnel à cause de la qualité inferieure de la fibre.
• Prix dicté par le marché mondial, manipulé par les spéculateurs et les multinationales en leur faveur (mécanisme économique et politique favorisant la surproduction) et influencé de manière préjudiciable par les subventions.

Coton GM ne résout pas le fond du problème de la filière:

• Subventions EU/UE => surproductions = chute des cours de la fibre
• Dévaluation du $US (conséquence de la politique monétaire frauduleuse de la Banque Fédérale Américaine (FED))
• Augmentation constante et exponentielle du coût des intrants.
• Conjugaison de ces facteurs (exogènes) est à la source de l’effondrement du secteur.
• Au contraire, le coton Bt de Monsanto ACCENTUE le problème en proposant comme solution à l’effondrement du secteur d’augmenter les rendements, dans un contexte de surproduction qui fait chuter les cours et qui est à la source de l’effondrement du secteur!

Perte et destruction de marché

• Perte et destruction des marchés dans les pays importateurs (UE, etc.) interdisant les produits OGM (ex: coton, café, cacao, etc. = principales cultures d’exportations de l’Afrique vers l’UE)

CONTAMINATION ET BREVETAGE DES SEMENCES

• Contamination génétique de toutes les semences cotonnières conventionnelles, bio, variétés sauvages, etc. = contrôle de toute la filière cotonnière au Mali et dans toute la sous-région à travers la contamination et la disparation progressive et la confiscation des semences traditionnelles contaminées à travers le mécanisme de brevetages des semences.
• Cotonculteurs interdits de sauvegarder et de replanter les semences l’année suivante :
• Légalement contraint d’acheter chaque année les semences et les produits phytosanitaires auprès de la multinationale qui détient le brevet sur les semences GM (Monsanto).
• Dépendance imposée par le biais du mécanisme de la semence « Terminator Seed» qui a été génétiquement manipulée pour devenir stérile après la première récolte.

Résultat:

• Dépendance totale des cotonculteurs auprès de Monsanto qui contrôle la semence GM, les produits phytosanitaires, et le prix d’achat du coton. Le cercle de la dépendance totale est bouclé.
• Spirale de l’endettement, faillite économique, saisi et privatisation des terres.
• Exemples: Suicides de + 150,000 cotonculteurs en Inde qui ont semés les « graines de la mort » depuis 2003.

Enjeux sanitaires et Ecologiques

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• Ignorances et incertitudes scientifiques absolues sur les conséquences de la manipulation génétique des organismes vivants et des semences sur la santé humaine, les animaux, l’environnement et sur l’ensemble de la biodiversité.
• Modifications des Lois de la Nature et de la Vie…: avec quelles conséquences…???
• Irréversibilité: flux de gènes bt dans l’environnement irréversibles!

CONFISCATION ET PRIVATISATION DES TERRES

Confiscation et privatisation des terres des paysans à travers 2 mécanismes :

1) Endettement et faillite économique des cotonculteurs:

• contrôle et coût exorbitant du prix des semences et des intrants + prix d’achat non-rémunérateur du coton fibre = non-rentabilité des paysans = endettement, faillite économique => saisis des terres.

2) Poursuites judiciaires

• Poursuites et actions juridiques contre des paysans - dont les champs et les cultures ont été involontairement et à leur insu contaminés par un flux de gènes Bt - pour violation des clauses juridiques relatives à l’utilisation du droit de brevet détenu par Monsanto sur la semence Bt. ( ex ; Pershey contre Monsanto, Court Suprême du Canada, $200,000 amendes!)

MONOPOLE DE LA CULTURE INDUSTRIELLE DU COTON AU MALI ET EN AFRIQUE PAR MONSANTO

• Contrôle total de la filière : les semences, les intrants, les terres, l’égrenage (privatisation sociétés cotonnières : ex-CMDT), et le prix et la vente de la fibre.

Conséquences :

• Cotonculteurs dépossédés de leurs terres, sans semences, sans emplois, sans revenus et sans avenir. (+ 10 millions en Afrique)

CONSEQUENCES PROBABLES DU MONOPOLE DE LA CULTURE DU COTON EN AFRIQUE PAR MONSANTO:

PLANTATIONS DE COTON CULTIVES AVEC LA MAIN D’ŒUVRE LOCAL

• paysans dépossédés de leurs terres seront recrutés comme travailleurs agricoles pour produire du coton sur les terres saisies.
• OGM: Permettent d’éliminer les subventions cotonnières et agricoles et de conclure l’accord commercial de l’Uruguay Round au sein de l’OMC pour la libéralisation mondiale de l’économie. note: Budget Farm Act 2009: Obama a demandé (en mars 2009) au Congrès américain la suppression des subventions cotonnières… !
• OGM: 1 pierre/2 coups: permet le contrôle de la filière cotonnière et de toute l’agriculture vivrière dans les pays du Sud et la libéralisation du commerce mondial. (OMC/Uruguay Round)

CONSEQUENCES : RETOUR A L’ESCLAVAGE DANS LES PLANTATIONS
DE COTON!

• Les subventions cotonnières américaines avaient remplacées les esclaves africains sur les plantations de coton au Etats-Unis.
• Le coton Bt de Monsanto restitue l’esclavage dans les champs de coton en Afrique, 160 ans après l’abolition (officielle) de l’esclavage !
• L’Histoire se répète tragiquement, avec – une fois de plus – le soutien et la complicité des « dirigeants » africains…

II. Enjeux et conséquences des OGM sur l’agriculture vivrière et sur les populations africaines.

Mécanisme: contamination et brevetages des semences

• Contamination de toutes les semences et cultures vivrières à travers le coton GM et le brevetage des semences contaminées.

Note : les zones cotonnières du Mali et de la sous-région sont en même temps le « grenier » de la production vivrière…

Résultat:

• Contamination de toute l’agriculture vivrière au Mali et dans toute la sous-région à travers le coton Bt par la contamination et la disparation progressive des semences traditionnelles vivrières et de la confiscation et de l’appropriation des semences vivrières contaminées à travers le mécanisme du brevetage des semences.

Conséquences:

• CONTROLE TOTAL DE L’AGRICULTURE VIVRIERE AU MALI, DANS LA SOUS-REGION ET SUR L’ENSEMBLE DU CONTINENT AFRICAIN PAR UNE POIGNEE DE MULTINATIONALE DE BIOTECHNOLOGIE!

• Disparition progressive et totale de toutes les semences vivrières traditionnelles à travers la contamination génétiques.
• Dépendance totale des paysans sur une poignée de multinationales de biotechnologie pour s’approvisionner en semences (5 multinationales détiennent actuellement +90% des semences vivrières génétiquement modifiées dans le monde (OGM))
• Contrôle de toute l’agriculture vivrière et donc de la vie de toutes les populations africaines entre les mains de ces multinationales…
• Contrôle des semences = contrôle de la nourriture = contrôle de la vie!

SAISI & PRIVATISATION DES TERRES

Saisi et privatisation des terres à travers les mécanismes suivants :

• contrôle et augmentation des prix des semences, des intrants, manipulation/baisse du prix d’achat des produits agricoles = non-rentabilité des paysans, endettement, faillite économique, saisis des terres.
• Poursuites et actions juridiques contre des paysans - dont les champs et les cultures ont été involontairement et à leur insu contaminés par un flux de gènes brevetés - pour violation des clauses juridiques relatives à l’utilisation du droit de brevet détenu par les multinationales de biotechnologie.

MONOPOLE ET CONTROLE TOTAL DE L’AGRICULTURE VIVRIERE

• Monopole des semences vivrières + privatisation des terres = contrôle de toute l’agriculture vivrière au Mali, dans la sous-région et sur l’ensemble du continent africain par une poignée de multinationales…

Résultat:

• Des millions de paysans vont se retrouver dépossédés de leurs terres et sans semences...( +80% des populations africaines vivent de la terre = + 700 millions personnes !)
• Comment vont-ils se nourrir… ? Que vont-ils faire pour vivre… ? Ou vont-ils aller… ?
• Dépendance totale de toute la population africaine sur une poignée de multinationales pour manger et donc pour vivre…
• Contrôle absolue sur la vie de millions de personnes en Afrique par une poignée de multinationales…
• Misère et chaos INDESCRIPTIBLE, famines, révoltes, guerres, etc.…

PRODUCTION DE BIO-CARBURANT

Les multinationales de biotechnologies vont privilégier la production de biocarburants sur les terres saisies et privatisées au détriment de la production vivrière pour servir les intérêts géopolitiques des Etats-Unis et des pays du G8:

• indépendance énergétique: Biocarburant.
• « arme alimentaire »: contrôle de la chaine alimentaire mondiale
• réduction des populations jugées « inférieures » et non désirables à travers la famine (politique de l’eugénisme)
• contrôle et accaparement des ressources géostratégiques des pays du Sud, etc. (Rockefeller/Kissinger, NSSM 2000, etc.)

CONSEQUENCES DU COTON GM ET DES OGM EN AFRIQUE ET DANS LE MONDE.

PLUS GRAND GENOCIDE ECONOMIQUE, SOCIAL ET ECOLOGIQUE DE L’AFRIQUE ET DE L’HUMANITE !

Saturday, February 07, 2009

THE GM COTTON GENOCIDE IN THE "SUICIDE BELT" OF INDIA


The GM genocide: Thousands of Indian farmers are committing suicide after using genetically modified crops

By Andrew Malone, Daily Mail.

Article source: www.dailymail.co.uk/news/worldnews/article-1082559/The-GM-genocide-Thousands-Indian-farmers-committing-suicide-using-genetically-modified-crops.html

When Prince Charles claimed thousands of Indian farmers were killing themselves after using GM crops, he was branded a scaremonger. In fact, as this chilling dispatch reveals, it's even WORSE than he feared.

The children were inconsolable. Mute with shock and fighting back tears, they huddled beside their mother as friends and neighbours prepared their father's body for cremation on a blazing bonfire built on the cracked, barren fields near their home.

As flames consumed the corpse, Ganjanan, 12, and Kalpana, 14, faced a grim future. While Shankara Mandaukar had hoped his son and daughter would have a better life under India's economic boom, they now face working as slave labour for a few pence a day. Landless and homeless, they will be the lowest of the low.

Human tragedy: A farmer and child in India's 'suicide belt'

Shankara, respected farmer, loving husband and father, had taken his own life. Less than 24 hours earlier, facing the loss of his land due to debt, he drank a cupful of chemical insecticide.

Unable to pay back the equivalent of two years' earnings, he was in despair. He could see no way out.

There were still marks in the dust where he had writhed in agony. Other villagers looked on - they knew from experience that any intervention was pointless - as he lay doubled up on the ground, crying out in pain and vomiting.

Moaning, he crawled on to a bench outside his simple home 100 miles from Nagpur in central India. An hour later, he stopped making any noise. Then he stopped breathing. At 5pm on Sunday, the life of Shankara Mandaukar came to an end.

As neighbours gathered to pray outside the family home, Nirmala Mandaukar, 50, told how she rushed back from the fields to find her husband dead. 'He was a loving and caring man,' she said, weeping quietly.

'But he couldn't take any more. The mental anguish was too much. We have lost everything.'

Shankara's crop had failed - twice. Of course, famine and pestilence are part of India's ancient story.

But the death of this respected farmer has been blamed on something far more modern and sinister: genetically modified crops.

Shankara, like millions of other Indian farmers, had been promised previously unheard of harvests and income if he switched from farming with traditional seeds to planting GM seeds instead.

Prince Charles has set up charity Bhumi Vardaan Foundation to address the plight of suicide farmers

Beguiled by the promise of future riches, he borrowed money in order to buy the GM seeds. But when the harvests failed, he was left with spiralling debts - and no income.

So Shankara became one of an estimated 125,000 farmers to take their own life as a result of the ruthless drive to use India as a testing ground for genetically modified crops.

The crisis, branded the 'GM Genocide' by campaigners, was highlighted recently when Prince Charles claimed that the issue of GM had become a 'global moral question' - and the time had come to end its unstoppable march.

Speaking by video link to a conference in the Indian capital, Delhi, he infuriated bio-tech leaders and some politicians by condemning 'the truly appalling and tragic rate of small farmer suicides in India, stemming... from the failure of many GM crop varieties'.

Ranged against the Prince are powerful GM lobbyists and prominent politicians, who claim that genetically modified crops have transformed Indian agriculture, providing greater yields than ever before.

The rest of the world, they insist, should embrace 'the future' and follow suit.

So who is telling the truth? To find out, I travelled to the 'suicide belt' in Maharashtra state.

What I found was deeply disturbing - and has profound implications for countries, including Britain, debating whether to allow the planting of seeds manipulated by scientists to circumvent the laws of nature.

For official figures from the Indian Ministry of Agriculture do indeed confirm that in a huge humanitarian crisis, more than 1,000 farmers kill themselves here each month.

Simple, rural people, they are dying slow, agonising deaths. Most swallow insecticide - a pricey substance they were promised they would not need when they were coerced into growing expensive GM crops.

It seems that many are massively in debt to local money-lenders, having over-borrowed to purchase GM seed.

Pro-GM experts claim that it is rural poverty, alcoholism, drought and 'agrarian distress' that is the real reason for the horrific toll.

But, as I discovered during a four-day journey through the epicentre of the disaster, that is not the full story.

In one small village I visited, 18 farmers had committed suicide after being sucked into GM debts. In some cases, women have taken over farms from their dead husbands - only to kill themselves as well.

Latta Ramesh, 38, drank insecticide after her crops failed - two years after her husband disappeared when the GM debts became too much.

She left her ten-year-old son, Rashan, in the care of relatives. 'He cries when he thinks of his mother,' said the dead woman's aunt, sitting listlessly in shade near the fields.

Village after village, families told how they had fallen into debt after being persuaded to buy GM seeds instead of traditional cotton seeds.

The price difference is staggering: £10 for 100 grams of GM seed, compared with less than £10 for 1,000 times more traditional seeds.

But GM salesmen and government officials had promised farmers that these were 'magic seeds' - with better crops that would be free from parasites and insects.

Indeed, in a bid to promote the uptake of GM seeds, traditional varieties were banned from many government seed banks.

The authorities had a vested interest in promoting this new biotechnology. Desperate to escape the grinding poverty of the post-independence years, the Indian government had agreed to allow new bio-tech giants, such as the U.S. market-leader Monsanto, to sell their new seed creations.

In return for allowing western companies access to the second most populated country in the world, with more than one billion people, India was granted International Monetary Fund loans in the Eighties and Nineties, helping to launch an economic revolution.

But while cities such as Mumbai and Delhi have boomed, the farmers' lives have slid back into the dark ages.

Though areas of India planted with GM seeds have doubled in two years - up to 17 million acres - many famers have found there is a terrible price to be paid.

Far from being 'magic seeds', GM pest-proof 'breeds' of cotton have been devastated by bollworms, a voracious parasite.

Nor were the farmers told that these seeds require double the amount of water. This has proved a matter of life and death.

With rains failing for the past two years, many GM crops have simply withered and died, leaving the farmers with crippling debts and no means of paying them off.

Having taken loans from traditional money lenders at extortionate rates, hundreds of thousands of small farmers have faced losing their land as the expensive seeds fail, while those who could struggle on faced a fresh crisis.

When crops failed in the past, farmers could still save seeds and replant them the following year.

But with GM seeds they cannot do this. That's because GM seeds contain so- called 'terminator technology', meaning that they have been genetically modified so that the resulting crops do not produce viable seeds of their own.

As a result, farmers have to buy new seeds each year at the same punitive prices. For some, that means the difference between life and death.

Take the case of Suresh Bhalasa, another farmer who was cremated this week, leaving a wife and two children.

As night fell after the ceremony, and neighbours squatted outside while sacred cows were brought in from the fields, his family had no doubt that their troubles stemmed from the moment they were encouraged to buy BT Cotton, a geneticallymodified plant created by Monsanto.

'We are ruined now,' said the dead man's 38-year-old wife. 'We bought 100 grams of BT Cotton. Our crop failed twice. My husband had become depressed. He went out to his field, lay down in the cotton and swallowed insecticide.'

Villagers bundled him into a rickshaw and headed to hospital along rutted farm roads. 'He cried out that he had taken the insecticide and he was sorry,' she said, as her family and neighbours crowded into her home to pay their respects. 'He was dead by the time they got to hospital.'

Asked if the dead man was a 'drunkard' or suffered from other 'social problems', as alleged by pro-GM officials, the quiet, dignified gathering erupted in anger. 'No! No!' one of the dead man's brothers exclaimed. 'Suresh was a good man. He sent his children to school and paid his taxes.

'He was strangled by these magic seeds. They sell us the seeds, saying they will not need expensive pesticides but they do. We have to buy the same seeds from the same company every year. It is killing us. Please tell the world what is happening here.'

Monsanto has admitted that soaring debt was a 'factor in this tragedy'. But pointing out that cotton production had doubled in the past seven years, a spokesman added that there are other reasons for the recent crisis, such as 'untimely rain' or drought, and pointed out that suicides have always been part of rural Indian life.

Officials also point to surveys saying the majority of Indian farmers want GM seeds - no doubt encouraged to do so by aggressive marketing tactics.

During the course of my inquiries in Maharastra, I encountered three 'independent' surveyors scouring villages for information about suicides. They insisted that GM seeds were only 50 per cent more expensive - and then later admitted the difference was 1,000 per cent.

(A Monsanto spokesman later insisted their seed is 'only double' the price of 'official' non-GM seed - but admitted that the difference can be vast if cheaper traditional seeds are sold by 'unscrupulous' merchants, who often also sell 'fake' GM seeds which are prone to disease.)

With rumours of imminent government compensation to stem the wave of deaths, many farmers said they were desperate for any form of assistance. 'We just want to escape from our problems,' one said. 'We just want help to stop any more of us dying.'

Prince Charles is so distressed by the plight of the suicide farmers that he is setting up a charity, the Bhumi Vardaan Foundation, to help those affected and promote organic Indian crops instead of GM.

India's farmers are also starting to fight back. As well as taking GM seed distributors hostage and staging mass protests, one state government is taking legal action against Monsanto for the exorbitant costs of GM seeds.

This came too late for Shankara Mandauker, who was 80,000 rupees (about £1,000) in debt when he took his own life. 'I told him that we can survive,' his widow said, her children still by her side as darkness fell. 'I told him we could find a way out. He just said it was better to die.'

But the debt does not die with her husband: unless she can find a way of paying it off, she will not be able to afford the children's schooling. They will lose their land, joining the hordes seen begging in their thousands by the roadside throughout this vast, chaotic country.

Cruelly, it's the young who are suffering most from the 'GM Genocide' - the very generation supposed to be lifted out of a life of hardship and misery by these 'magic seeds'.

Here in the suicide belt of India, the cost of the genetically modified future is murderously high.