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Tuesday, July 21, 2009

MONSANTO A L'ASSAUT DU BURKINA FASO


Source : http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article387

Alternatives, par Françoise Gérard

le 2 juin 2009

Petit Etat parmi les plus pauvres du monde, le Burkina Faso s’est discrètement lancé dans la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM), en l’occurrence le coton Bt [1]. Révélé au grand public en 2003, le partenariat de Ouagadougou avec le semencier américain Monsanto suscite d’autant plus la controverse parmi les paysans et les associations locales qu’il représente un test pour le développement des OGM dans toute l’Afrique de l’Ouest. Comment le Burkina Faso en est-il venu à travailler avec une entreprise célèbre pour son herbicide Roundup et son « agent orange » [2] ? La sacro-sainte « lutte contre la pauvreté » à laquelle les OGM apporteraient leur contribution en dynamisant l’agriculture burkinabé semble avoir bon dos, et les motivations réelles des partenaires commencent seulement à se faire jour sous la pression des associations...

C’est dans le plus grand secret que les premiers essais de coton Bt ont démarré au Burkina Faso, en 2001, en violation de la convention sur la diversité biologique de 1992 et le protocole de Carthagène sur la biosécurité de 2000. Ces traités internationaux stipulent que les pays concernés doivent se munir d’un cadre législatif et prendre les plus grandes précautions avant de commencer la culture d’OGM. En outre, les signataires s’engagent à informer la population des dangers et à ne prendre aucune décision sans une large concertation publique.

Pourtant, ce n’est qu’en 2003, lors d’un atelier sur la biosécurité à Ouagadougou, que la Ligue des consommateurs apprit l’existence de ces essais et divulgua ce que l’Institut de l’environnement et de la recherche agricole (Inera) avait dissimulé. Monsanto prétendit que les essais étaient effectués dans des « espaces confinés ». En réalité, il s’agissait de parcelles entourées de filets déchirés.

C’est donc « après coup » que le Burkina Faso se mit en règle, faisant ratifier par le Parlement, en avril 2006, le régime de sécurité en biotechnologie. Les soixante-quinze articles de cette loi auraient pu rassurer les opposants aux OGM, s’il n’était stipulé que son but est « de garantir la sécurité humaine, animale et végétale, et la protection de la diversité biologique et de l’environnement » (art. 22), l’Agence nationale pour la biosécurité (ANB) étant chargée de l’évaluation des risques. Or, d’après leurs opposants, c’est précisément parce que les risques sont incontrôlables que les cultures OGM sont contestées [3]...

Si Monsanto a choisi le Burkina Faso, c’est d’abord parce qu’il est le plus gros producteur de coton d’Afrique de l’Ouest, devant le Mali, le Bénin et la Côte d’Ivoire. En outre, sa situation géographique en fait le cheval de Troie des biotechnologies dans la région. Les frontières sont poreuses : on sait que les usines d’égrenage favorisent des échanges involontaires. La contamination « accidentelle » des plantes par les OGM profite aux firmes conquérantes, une plante contaminée ne pouvant revenir à son état antérieur et rien ne distinguant à l’œil nu une plante génétiquement modifiée d’une autre.

De plus, les contrôles techniques, très coûteux, ne sont pas à la portée des communautés rurales. Tout doucement, les OGM sont donc en train de s’imposer à l’insu des citoyens. Si le Bénin a renouvelé pour cinq ans un moratoire sur les OGM, le Mali vient de céder à la pression et d’autoriser les essais de coton Bt.

Le Burkina Faso était le maillon faible de la région : son président Blaise Compaoré cherchait à renouer avec la « communauté internationale » après avoir soutenu activement l’ancien président du Liberia, M. Charles Taylor [4], pendant la très meurtrière guerre civile dans les années 1990. Il était soupçonné d’avoir alimenté le trafic d’armes et de diamants dans la sous-région. En quelques années, son pays est devenu un élève modèle des institutions financières internationales et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le partenariat avec Monsanto a ainsi constitué un geste politique envers les Etats-Unis, très mécontents de l’attitude de M. Compaoré.

A partir de 2003, le ministre de l’agriculture Salif Diallo fit du coton OGM son cheval de bataille. L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), dirigée par M. François Traoré, après avoir manifesté ses inquiétudes, modifia ses positions en échange de 30 % des parts de la Société des fibres textiles (Sofitex), la principale société cotonnière burkinabé, privatisée à la demande de la Banque mondiale. Des paysans dissidents créèrent alors, en 2003, le Syndicat national des travailleurs de l’agropastoral (Syntap), farouchement opposé aux OGM. Un leader paysan, M. Ousmane Tiendrébéogo, s’insurge : « Chez nous, il n’y a que l’agriculture ; on n’a pas le droit de jouer à la roulette russe avec notre avenir. »

Face à l’UNPCB se trouvent trois sociétés cotonnières : la Sofitex, dans la région Ouest, la Société cotonnière du Gourma (Socoma, ex-Dagris), dans la région Est, et Faso Coton, dans la région Centre. Elles fixent avec l’UNPCB le prix annuel : 165 francs CFA (0,25 euro) le kilo de coton « premier choix » pour 2008. Elles fournissent — à crédit — les intrants, les insecticides et les herbicides nécessaires puis, quand la récolte est faite, viennent la collecter dans les champs pour l’amener à l’usine d’égrenage.

Cette « prise en charge » héritée du système colonial est à double tranchant, car elle ne laisse guère d’autonomie au producteur. Propriétaire de sa parcelle, il peut théoriquement abandonner le coton s’il estime le bénéfice insignifiant, et adopter une autre culture de rente, comme le sésame [5]. Mais, en réalité, son endettement, son faible niveau d’instruction ainsi que les produits fournis par les sociétés cotonnières le rendent très dépendant du système. M. Yezuma Do, producteur, raconte : « Ils sont venus avec les autorités et les gendarmes pour nous dire que l’année prochaine nous ferons tous du Bt, parce que c’est mieux pour nous. Mais ils ne nous disent pas le prix des semences. Et si nous refusons, l’UNPCB nous prévient que nous ne pourrons pas égrener notre coton conventionnel dans la région. » De guerre lasse, M. Do envisage, avec de nombreux voisins, de renoncer à la culture du coton.

L’UNPCB et les sociétés cotonnières se sont constituées en Association interprofessionnelle du coton au Burkina (AICB). En concertation avec les chercheurs de l’Inera et Monsanto, l’AICB supervise la formation des techniciens et des producteurs. C’est elle qui fixera le prix de la semence Bt pour 2009... La boucle est bouclée. En 2008, douze mille hectares de coton Bt, type Bollgard II, ont été mis en culture afin de procurer les semences pour trois cent mille à quatre cent mille hectares, l’ANB ayant autorisé la production commerciale du coton Bt pour 2009.

Qu’en sera-t-il réellement ? Si la semence de coton conventionnel prélevée sur la récolte ne coûte que 900 francs CFA (1,37 euro) l’hectare, en revanche les droits de propriété intellectuelle (DPI) dus à Monsanto risquent de dépasser les 30 000 francs CFA (45 euros) à l’hectare [6]. On se contente de rassurer les paysans en leur promettant que le prix n’excédera pas leurs moyens.

Un front anti-OGM

Un front anti-OGM rassemblant des associations s’est constitué : la Coalition pour la conservation du patrimoine génétique africain (Copagen). Des groupements de pays voisins en font partie (Bénin, Mali, Côte d’Ivoire, Niger, Togo et Sénégal). Bien que ses capacités financières soient restreintes, la Copagen a organisé en février 2007 une caravane à travers la sous-région afin de sensibiliser et d’informer les populations du danger qui les menace. Cette manifestation s’est achevée par une marche de protestation dans les rues de Ouagadougou. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Non au diktat des multinationales » ; « Cultiver bio, c’est véritablement protéger notre environnement » ; « Les accords de partenariat économiques [7] et les OGM ne sont pas des solutions pour l’Afrique, ils sont même contre nous : stop-réfléchis-résiste ».

Un participant résumait ainsi le problème : « Si c’est ça les OGM, nous n’en voulons pas ! Est-ce que nos responsables travaillent vraiment pour notre bien ? Il faut dès à présent introduire partout l’information et la sensibilisation sur les OGM ; ils ne passeront jamais par l’Afrique... » Et de s’inquiéter des effets de la « propagande » des partisans du coton transgénique.

Il vrai que le front pro-OGM ne lésine pas sur la dépense, bénéficiant du soutien du gouvernement : conférences de presse, voyages d’études entièrement payés, sorties sur le terrain, films d’« information »... Les dépliants sur papier glacé de Monsanto décrivent un monde idyllique à l’aide des statistiques de l’Inera. Ils prétendent que les semences OGM Bollgard II apporteront : une augmentation moyenne de rendement de 45 %, une réduction des pesticides de six à deux passages, une réduction des coûts de 62 %, d’où une économie de 12 525 francs CFA par hectare (soit 20 euros) et, par conséquent, un bienfait pour la santé des cultivateurs et pour l’environnement.

Or rien ne paraît plus aléatoire que le « rendement moyen » dans un pays soumis à une pluviométrie capricieuse. S’il ne pleut pas, il arrive que les paysans soient obligés de procéder jusqu’à deux ou trois semis successifs. Lorsque le prix des semences est négligeable, il s’agit « seulement » d’un surcroît de travail. Mais, si on doit acquitter les DPI, à combien reviendra un hectare de coton ? En outre, il s’avère que le gène miraculeux reste sensible à la sècheresse et qu’il dégénère à mesure que la plante croît. Dernière déconvenue : lors d’un atelier animé par l’Union européenne auquel participait M. Traoré, on a enjoint aux producteurs de coton de garder un stock de pesticides de sécurité « au cas où ». Ce qui signifie que le recours aux produits chimiques ne diminue pas à coup sûr.

En effet, deux phénomènes peuvent se produire : l’apparition de chenilles résistantes au gène (en quatre ou cinq ans) et de ravageurs secondaires non maîtrisés par le gène. Les Etats-Unis et l’Inde ont été confrontés à ce problème. Curieusement, si le Comité consultatif international du coton (CCIC) [8], réuni à Ouagadougou du 17 au 21 novembre 2008, a vanté la réussite spectaculaire du coton Bt indien (six années consécutives de rendements croissants), aucune mention n’a été faite de la vague de suicides chez les petits producteurs ruinés par une production bien inférieure à ce qu’on leur avait fait miroiter.

Quant à la réduction des coûts, il est bien hasardeux d’avancer un chiffre alors que Monsanto garde jalousement le secret du prix des DPI, qui s’ajoutera à celui des intrants et des herbicides. A supposer que les rendements soient meilleurs [9], la différence ne permettra guère plus que d’éponger le surcoût des DPI.

L’argument auquel les cultivateurs sont le plus sensibles reste la diminution des pesticides que Monsanto fait miroiter. En effet, pendant les jours d’épandage, il est fréquent que les agriculteurs dorment dans leurs champs avec toute leur famille, s’exposant ainsi à la toxicité importante de ces produits. Or on peut utiliser un insecticide naturel tiré du margousier, un arbre courant en Afrique de l’Ouest. Un encadrement technique suffit, comme le montrent des expériences menées au Mali sur 10 % des surfaces cotonnières par la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). En 2001, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a, de son côté, lancé un projet de gestion intégrée de la production et des déprédateurs (GIPD) visant à réduire, voire à supprimer, l’utilisation des pesticides. Cependant, rien n’est fait pour que ce programme GIPD dépasse le stade des essais pilotes. De plus, « l’UNPCB se comporte comme une milice au sein du monde paysan en renforçant la politique de la Sofitex qui nous impose des intrants et des insecticides, sans nous donner la possibilité de les refuser », proteste M. Do.

Parmi les solutions de rechange aux OGM, il existe le coton bio et équitable que l’association Helvetas a lancé au Mali en 2002, au Burkina Faso en 2004 : aucun produit chimique, fumure organique (gratuite), récolte de première qualité... Le sol se régénère au lieu de se dégrader. Le kilo de coton est payé 328 francs CFA (0,50 euro) au producteur, contre 165 francs CFA (0,25 euro) pour le coton conventionnel. La filière regroupe déjà quelque cinq mille petits producteurs sur environ sept mille hectares répartis sur les trois régions, Ouest, Centre et Est, du Burkina. Mais plusieurs facteurs semblent freiner son expansion : outre les interventions sonnantes et trébuchantes de Monsanto, allié aux institutions financières internationales, le transport du fumier organique nécessite un âne et une charrette. Rares sont les paysans qui disposent de ces moyens.

Selon M. Abdoulaye Ouédraogo, responsable de la filière coton à Helvetas Burkina, « ici, il n’y a pas d’avenir pour les OGM. D’abord pour des raisons climatiques. Ensuite parce que les petits producteurs n’appliqueront jamais les consignes. Ils se préoccupent d’abord de remplir les greniers pour nourrir la famille : le coton vient seulement après. Ce n’est pas comme aux Etats-Unis, où l’on pratique la monoculture à perte de vue... ».

L’acharnement pro-OGM s’explique alors non seulement par la volonté des transnationales, mais aussi par l’enrichissement qu’en retire une classe privilégiée au détriment de l’intérêt du pays.

[1] Le coton Bt est une variété locale à laquelle on a ajouté un gène tiré d’une bactérie du sol, Bacillus thuringiensis, mortelle pour certains ravageurs du coton.

[2] Surnom donné à l’herbicide — extrêmement toxique pour l’être humain — le plus employé par l’armée des Etats-Unis au Vietnam afin de détruire les récoltes et de défolier les forêts. Lire Francis Gendreau, « Au Vietnam, l’“agent orange” tue encore », Le Monde diplomatique, janvier 2006.

[3] Lire Aurélien Bernier, « La poudre aux yeux de l’évaluation des OGM », Le Monde diplomatique, novembre 2006.

[4] M. Taylor est actuellement jugé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, pour avoir soutenu, dans ce pays, le Front révolutionnaire uni (RUF), mouvement rebelle responsable de crimes contre l’humanité.

[5] Une association italienne avait lancé un programme pour l’exportation très avantageux pour les producteurs. Craignant la concurrence avec le coton, les autorités l’ont fait échouer.

[6] Voir le site de l’association Grain, qui dispose d’une documentation très complète.

[7] Les accords de partenariat économique (APE) sont des accords commerciaux par lesquels l’Union européenne tente de développer le libre-échange avec les pays du Sud. Compte tenu de l’opposition manifestée par la population et de nombreuses associations, les négociations, entamées en 2000, n’ont pas pu aboutir avec tous les pays. Cf. la page « Stop APE » sur le site de l’Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens (Attac).

[8] Le CCIC réunit tous les ans les plus grands producteurs du monde et leurs partenaires. Ses prévisions pour 2009 sont pessimistes.

[9] M. Diallo, le ministre de l’agriculture, promettait des rendements de trois tonnes à trois tonnes et demi à l’hectare... Les meilleurs essais OGM n’ont donné qu’une moyenne d’une tonne trois cents kilos à l’hectare.

Pour vos réactions, rendez-vous
sur le blog de Marie-Monique Robin

Monday, July 20, 2009

LES "DIRIGEANT" OUEST AFRICAINS A LA SOLDE DU LOBBY OGM


L’Afrique s’offre au coton transgénique

par Colette Thomas

source: http://www.rfi.fr/actufr/articles/078/article_44575.asp

A l’occasion d’un séminaire à Ouagadougou, huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, annoncent qu’ils vont se lancer dans la culture de coton transgénique. Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana et Togo veulent diversifier leur production. L’idée est également de travailler à l’échelle régionale dans le domaine de la recherche.

Les ministres du Commerce et de l’Agriculture du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Tchad ont assisté à ce séminaire à Ouagadougou ainsi que des représentants du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo. Tous ont un secteur cotonnier important. Cette réunion était organisée par la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour parler de la filière et chercher à renforcer ses atouts. Il a été notamment décidé de passer, en partie, au coton génétiquement modifié.

Un centre régional de biotechnologie sera créé dans l’un de ces pays producteurs ainsi qu’un observatoire régional des intrants agricoles, c’est-à-dire des additifs utilisés tout à la fois pour augmenter les rendements et supprimer les parasites et les mauvaises herbes. Une des recommandations adoptées à l’occasion de ce séminaire indique qu' « en plus des engrais, il y a lieu d’intégrer la question des semences et le passage aux OGM (organismes génétiquement modifiés) ». Le centre permettra donc d’observer l’évolution de la qualité des terres et la productivité. Ce centre de recherches étudiera toutes les pratiques agricoles en allant des plus traditionnelles utilisant des produits chimiques jusqu’aux plus novatrices utilisant des plants de coton transgéniques.

La possibilité de mener ces études agronomiques séduira probablement bien des chercheurs africains souvent tentés de partir dans les pays du Nord pour progresser dans leurs travaux. Pourtant, ce futur centre de recherche représente probablement la contrepartie offerte par les bailleurs de fonds aux pays producteurs de coton pour qu’ils se lancent dans la culture de coton génétiquement modifié.

L’exception du Burkina Faso

Jusqu’à présent, de tous ces pays, seul le Burkina Faso a commencé, en 2003, des cultures expérimentales de coton transgénique en collaboration avec le groupe américain Monsanto. D’autres pays producteurs se sont interrogés, comme le Mali. Pour commencer, Bamako a regardé l’expérience sud-africaine. Dans ce pays d’Afrique australe, les quatre-cinquièmes de la production de coton sont d’origine OGM. Et c’est Monsanto, l’un des rares groupes mondiaux à avoir mis au point des semences OGM, qui a convaincu le gouvernement de passer aux organismes génétiquement modifiés. Car l’Afrique du Sud plante également du soja et du maïs transgéniques en moins grande proportion.

A part le Burkina Faso, aucun des autres pays présents à cette réunion de Ouagadougou n’avait donc fait le pas. Lors d’une précédente réunion il y a tout juste deux ans, toujours à Ouagadougou, quatre chefs d’Etat ouest-africains s’étaient déclarés « favorables » à l’utilisation des organismes génétiquement modifiés dans leur agriculture, tout en voulant d’abord s’assurer que cette technologie agricole ne représente « aucun danger pour les populations et l’environnement ». Amadou Toumani Touré du Mali, John Kufuor du Ghana, Mamadou Tandja du Niger et Blaise Compaoré du Burkina Faso avaient donc dit « oui mais » à l’occasion de cette réunion organisée par le gouvernement américain. John Penn, le vice-ministre de l’Agriculture, était venu en personne présenter aux leaders africains « les avantages » de la biotechnologie.

Le Niger n’est pas venu au tout dernier rendez-vous. Lors du précédent, celui de 2004, le président Tandja avait déclaré : « C’est la vérité que la biotechnologie a révolutionné l’agriculture et pourrait tout aussi bien être utilisée pour améliorer les performances de l’agriculture africaine. Mais il me paraît fondamental que soient minutieusement étudiés et mis en exergue tous les contours de cette délicate question afin de nous édifier sur les impacts environnementaux, économiques et sociaux de cette matière encore peu connue de nos pays ».

Aller de l’avant

Un collectif d’organisations non gouvernementales burkinabé avait, il y a deux ans, présenté les OGM comme un « danger » pour l’Afrique, demandant un moratoire de cinq ans avant l’introduction de cette technologie agricole dans leur pays. Aujourd’hui le ministre de l’Agriculture du Burkina Salif Diallo souligne qu’« il est urgent d’aboutir à des décisions rapides et courageuses pour éviter de tomber dans le paradoxe des débats interminables ».

Car au-delà du choix des OGM, la filière africaine du coton a du mal à s’en sortir. Comme dans les autres secteurs économiques, le prix du baril de pétrole augmente les coûts. Et les producteurs américains et européens sont encore trop subventionnés, ce qui empêche les Africains de trouver leur place sur le marché mondial. Le ministre burkinabé de l’Agriculture a donc appelé de ses vœux la création d’un fonds de « lissage », demandant aux Etats-Unis et à l’Union européenne de prendre une part active à la création de ce fonds. Son objectif serait de « permettre au petit paysan de maintenir un prix acceptable pour son coton, de ne pas mourir avant que les négociations (à l’Organisation mondiale du commerce) ne se terminent ».

Plusieurs pays africains se sont depuis peu lancés dans le coton labellisé Max Havelaar, donc presque bio, le respect de l’environnement faisant partie des critères de labellisation du commerce équitable. Les producteurs sont donc en train de faire le grand écart entre une agriculture à connotation sociale et une autre, la plus technologique qui soit.

Monday, June 08, 2009

OGM: "L'ARME" MALTHUSIENNE DES EUGENISTES...




James Watson, le découvreur de la structure en double hélice de l'ADN, a déclaré "si l'on peut faire de meilleurs humains en ajoutant des gènes, pourquoi ne devrions-nous pas le faire ?". Enfin, Francis Fukuyama, de l'Institut for Public Policy à l'Université Georges Mason, et auteur du livre la fin de l'Histoire", a déclaré : "La biotechnologie sera capable d'accomplir ce que les idéologies du passé n'ont pas réussi à faire : créer un nouveau type d'humain... dans deux générations, nous aurons définitivement terminé avec l'Histoire humaine, parce que nous aurons aboli les humains en tant que tel. Alors, une nouvelle histoire post-humaine commencera."


Malthus et la petite graine


Le 25 mai 2009 par Simon Guibert

source: http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1200

Tout commence le 14 février 1766 dans le Surrey, contrée de la verte Angleterre. Thomas Robert Malthus est la sixième graine plantée par son géniteur, chef d’une famille fortunée et éclairée. C’est un ami personnel de David Hume et l’un des correspondants de Jean-Jacques Rousseau… Le petit Malthus étudie à l’université de Cambridge où il obtient une chaire en 1793. Puis il devient pasteur anglican en 1797. Cultivé et religieux, donc. L’année suivante, il publie Essai sur le principe de population, qui connaît un immense succès et déclenche de nombreuses polémiques. Il prédit que la population augmente de façon exponentielle (1, 2, 4, 8, 16...) tandis que les ressources progressent arithmétiquement (1, 2, 3, 4, 5...). Il n’y aura jamais assez de grains pour tout ce monde. On cours à la catastrophe ! Pour éviter de grands malheurs, il propose de contrôler les naissances.

L’Europe vient de prendre conscience de la délicate équation planétaire qui associe populations et ressources. Après la mort de Malthus en 1834, son Essai sur le principe de population qu’il avait réédité et retravaillé à de nombreuses reprises devint la bible d’un premier courant de pensée qui nous intéresse particulièrement. Le « malthusianisme » du XIXe siècle, entre les mains d’un groupe puissant, répandit l’idée que la reproduction des classes les plus favorisées n’était pas un problème, contrairement à celle des classes pauvres et des indigents. Fallait-il stériliser les masses laborieuses de la révolution industrielle ?

Par la suite, les choses évoluèrent et la petite graine tant questionnée par Malthus un siècle plus tôt trouva d’autres jardiniers pour se pencher sur sa croissance. A la fin du XIX° siècle, quelques esprits libertaires s’éprirent de « néo-malthusianisme ». C’était pour eux le meilleur moyen de ne pas fournir la chair à canon des conflits qui s’annonçaient. C’était également le moyen de réfléchir le corps et la dignité des classes laborieuses et de revendiquer, pour les femmes, le droit à l’avortement.

Durant tout le XX° siècle, on a entrevu des malthusiens ici et ailleurs, d’une obédience ou d’une autre. Et, pendant ce temps, l’équation planétaire populations / ressources mise en lumière par Malthus prenait une acuité toute particulière. Ni le « Péril jaune » ni la « bombe démographique » que nous prédisaient les démographes de la seconde moitié du XX° siècle n’ont finalement bouleversé la population mondiale. Aujourd’hui, les analystes avancent que le nombre de terriens continuera certes d’augmenter pour atteindre environ 9 milliards en 2050. Mais, à partir de la seconde moitié du siècle, elle amorcera une décrue spectaculaire. En fait, un nouveau phénomène dont nous allons beaucoup entendre parler est déjà à l’œuvre dans plusieurs pays : la dépopulation. Ce phénomène va modifier de fond en comble le monde dans lequel nous vivons, depuis la taille et la puissance des nations jusqu’aux facteurs de croissance économique, en passant par notre qualité de vie. C’est ainsi que la discrimination sociale par le contrôle des naissances a perdu son sens ontologique. Une partie de l’équation de Malthus rencontre une solution mais quid de l’accroissement des ressources ? La Terre pourra-t-elle nourrir neuf milliards d’êtres humains ?

Aujourd’hui, la nourriture est un marché. L’Organisation des Nations Unies, avec la Food and Agricultural Organization, la FAO et surtout le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est un acteur du marché. L’alimentation de l’Humanité est un enjeu planétaire, comme le contrôle des naissances, l’eau ou l’énergie. L’historien Emmanuel Le Roy Ladurie faisait récemment remarquer que les difficultés d’approvisionnement, les disettes, la cherté des denrées de première nécessité, et pour finir, les crises alimentaires, accompagnent les situations prérévolutionnaires. En d’autres termes, quand les peuples ont faim, les gouvernements sautent. On comprend pourquoi n’y a pas grand monde pour appeler la Révolution de ses vœux. C’est pour cela que l’on nourrit les indigents. Et, de là à penser que l’on nourrit les bouches affamées parce qu’elles sont potentiellement dangereuses, il n’y a qu’un pas…

On connaissait les crises alimentaires conséquences des catastrophes climatiques, des guerres et des tensions politiques. Voici la crise alimentaire globalisée, en proie aux marchés et à une violente déréglementation voulue par l’Organisation Mondiale du Commerce. Voici le temps de l’agriculture sans agriculteurs, comme en Argentine où les paysans et les sociétés rurales du cône sud ont été repoussées aux marges pampéennes, loin de leurs terres. Le soja transgénique a tout envahi. Des lots de milliers d’hectares sont proposés, le temps d’une récolte, sur les grandes places boursières du monde. On achète pour six mois cette terre et sa production comme un produit financier. On spécule sur la nourriture du monde. Voici le temps ou les fruits et les légumes qui poussent hors-sol sont disponibles en toute saison. Voici le temps ou la Corée se propose d’acheter un million cinq cent milles hectares à Madagascar pour assurer ses approvisionnements en riz. Le temps où l’on prévoit qu’en 2048, les pêcheurs ne remonteront plus que des méduses du fond des mers dévastées par une surpêche chronique … Voici l’impérieux moment où nous devons résoudre la seconde partie de l’équation de Malthus : la question des ressources. De la crise alimentaire que nous vivons devra sortir la réponse à deux questions qui engagent l’avenir de l’Humanité : comment nourrir les 9 milliards que nous seront en 2050 et avec quelle qualité, quel type de nourriture ? Encore les graines…

La suite est l’histoire de ce que nous mangeons, de la discrimination dont sont victimes ceux qui ne mangent pas et de la bêtise de ceux qui mangent trop. Ainsi, le professeur John Peterson Myers, chercheur en sciences pour la santé environnementale, présente les choses de la manière suivante lorsqu’il s’exprime en public : « Si vous pensez à votre famille et à vos amis proches, combien d’entre eux ont été directement ou indirectement atteint d’un cancer ? Levez la main… Atteint d’un diabète ?... Des parents ou des amis stériles ?... Maintenant, j’aimerais que tous ceux qui ont levé la main au moins une fois lèvent la main de nouveau. » Les trois quarts du public ont la main en l’air. « Regardez autour de vous, vous verrez qu’un pourcentage important de gens qui habitent notre planète est atteint d’une maladie que la science croit liée aux facteurs environnementaux. Un scientifique américain a constaté le printemps dernier que la nouvelle génération d’enfants est la première de l’histoire moderne à être en moins bonne santé que ses parents ! » Les populations des pays riches ont des problèmes de fertilité à cause de la qualité dégradée de leur alimentation : les malthusiens qui prônaient la stérilisation des pauvres doivent se retourner dans leurs tombes !

La première « révolution verte », celle de l’après Seconde Guerre mondiale, était dirigé par le secteur public. Les institutions publiques et les gouvernements contrôlaient la recherche, le développement agricole et les politiques agraires. La seconde « révolution verte », celle des biotechnologies et des Organismes Génétiquement Modifiés, est dirigée par une firme privée américaine : Monsanto. Premier semencier du monde, premier fournisseur de graines… La première « révolution verte » était bâtie sur l’utilisation massive de produits chimiques et d’équipements motorisés, mais son objectif ultime était tout de même de fournir plus de nourriture et d’assurer la sécurité alimentaire de la planète. Aujourd’hui, le bilan est là. Pour paraphraser Winston Churchill : « Il est fini le temps des promesses douteuses et des négociations stériles, voici venu le temps des conséquences ». Les sols appauvris, les pollutions massives, la qualité des aliments produits qui s’effondre et, pour finir, de nombreux problèmes de santé dans les populations. Et que dire des agriculteurs, maraîchers et autres viticulteurs atteints de leucémies, de leurs enfants souffrant de malformations congénitales après des années d’exposition familiale aux produits phytosanitaires utilisés massivement ?

La seconde « révolution verte » est dirigée par Monsanto, le roi de la graine. La seconde « révolution verte » n’a rien à voir avec la sécurité alimentaire. Encore moins avec la souveraineté alimentaire des Etats. Son but ultime est de contrôler le vivant à travers une série de brevets. Les OGM sont un moyen de privatiser la nourriture de l’Humanité et Monsanto est en position de quasi-monopole. « Nous vous possédons, nous possédons tous ceux qui achètent nos produits », déclarait un représentant de Monsanto, lors du procès que la firme intentait à un paysan américain qui refusait payer les royalties de semences qui lui avait été imposées.

Les OGM de Monsanto sont présents dans le monde entier grâce à une politique commerciale particulièrement agressive incluant la corruption de gouvernement (en Indonésie) ou de commission scientifique (au Canada), la falsification de documents (dans le magazine Science) ou l’empoisonnement de population, comme à Anniston, au Texas. Autant de comportements et de méthodes qui rappellent étrangement les politiques coloniales. Ainsi le brevetage du vivant serait une autre forme de colonisation. Selon la physicienne indienne Vandana Shiva, interrogée par Marie-Monique Robin, le brevetage du vivant est dans la continuité de la première colonisation. Le mot « patente » qui signifie « brevet » en anglais, en espagnol ou en allemand, vient de l’époque de la conquête. C’était par une « lettre patente » (du latin patens, ouvert, évident) portant le sceau des souverains d’Europe, que ceux-ci accordaient un droit exclusif à des gens d’armes pour qu’ils conquièrent des terres étrangères en leur nom. Au moment où l’Europe colonisait le monde, les « patentes » visaient une conquête territoriale, tandis que les brevets d’aujourd’hui visent une conquête économique à travers l’appropriation des organismes vivants par les nouveaux souverains que sont les multinationales comme Monsanto. Les brevets d’hier et d’aujourd’hui reposent sur un déni de la vie qui préexistait avant l’arrivée du colonisateur. Lorsque les Européens ont colonisé l’Amérique, les terres du Nouveau Monde ont été déclarées terra nulius, littéralement « terres vides », sous entendu « vides de nous, les colonisateurs ». De la même manière, le brevetage du vivant est fondé sur une hypothèse de « vie vide », car tant que les organismes vivants n’ont pas été modifiés génétiquement en laboratoire, ils n’ont pas de valeur. C’est un déni du travail et du savoir-faire de millions de personnes qui ont entretenu la biodiversité de la vie depuis des millénaires et qui, de surcroît, en vivent.

Ainsi, pour en arriver à ce stade, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on a sélectionné, irradié, défolié, bombardé les graines et les semences afin qu’elles donnent toujours plus. Mais plus de quoi ? Plus de nourriture ou plus de cancers et de diabètes ? En février 2009, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments a rendu un avis favorable à l’introduction du maïs génétiquement modifié pour résister aux insecticides. Les tests ont concerné une génération de rats alors qu’il est avéré que les problèmes de santé induits par les OGM apparaissent après consommation par plusieurs générations…

L’essayiste Naomi Klein me confiait récemment lors d’une interview que ce n’est pas la première fois que nous assistons à ce type de comportement de domination commerciale. Il y a déjà eu de nombreux exemples, et c’est à cela qu’elle fait référence en parlant de « doctrine du choc ». De manière quasiment systématique, au cœur des crises contemporaines, qu’elles soient financières, pétrolières, ou encore alimentaires, et même dans le cas des catastrophes naturelles, on se retrouve face au programme des néo-libéraux. Ce n’est pas un secret, ce n’est pas un complot : il y a une certaine vision du monde prônée par les grandes institutions comme l’Organisation Mondiale du Commerce, ou le Fond Monétaire International. Mais ce modèle n’a pas réussi partout, il y a encore des résistances, des politiques à travers le monde qui ne s’y plient pas, et du coup, ce qui se passe en temps de crise est perçu par ces institutions comme une formidable opportunité d’imposer leur vision néo-libérales du monde. Les vieilles recettes ressurgissent, et en étant simplement reformatées, elles sont proposées comme étant soudainement les réponses à la crise, comme étant les « solutions » à la crise.

Si l’on reprend le problème de la crise alimentaire, du point de vue des attentes néo-libérales, on sait quelles politiques n’ont pas totalement fonctionné. L’une d’entre elles, qui vise tous les pays du monde, est la campagne pour autoriser la modification génétique des aliments. Il y a des pays dans lesquels, à la suite d’une forte mobilisation des agriculteurs, des associations écologiques ont réussi à faire passer des lois pour bloquer l’importation de semences génétiquement modifiées. Cela a créé une très grande frustration chez les grandes firmes agro-alimentaires. Il y a également des pays en voie de développement qui refusent de retirer totalement les moyens de protection qu’ils accordent à leurs industries agricoles nationales, en particulier parce que l’Europe et les Etats-unis continuent à subventionner leurs exportations. Ces protections publiques des agricultures nationales forment LE principal obstacle à la progression des politiques néo-libérales. C’est le grand point de frictions entre les pays africains, l’Inde et les Etats-Unis suivis par l’Europe. Depuis l’échec des négociations de Seattle, lors du sommet de l’OMC, c’est devenu LE problème majeur des néo-libéraux.

Aujourd’hui, dans le contexte actuel de crise alimentaire mondiale, de famine, de panique dû à cette crise, on assiste à un nouvel assaut néo-libéral. Une nouvelle pression de la part des grandes firmes du business agro-alimentaire américain et européen qui tentent d’éliminer les aides indispensables et élémentaires mises en place par certains Etats pour préserver leur souveraineté alimentaire. A la faveur de la crise alimentaire, le FMI, la Banque Mondiale et d’autres institutions internationales exercent de très fortes pressions afin que les Etats qui ont un besoin vital de capitaux lèvent les restrictions concernant l’importation d’OGM, les barrières qui protègent leur agriculture nationale, pour qu’ils libéralisent leurs économies. La complicité des institutions internationales avec cet état de fait a poussé de nombreux gouvernements d’Afrique et d’Amérique Latine a lancer un appel pour défendre le droit à la souveraineté alimentaire qui est réellement menacée. Cet appel revendique l’idée que la nourriture est un droit humain et non une marchandise que l’on peut traiter comme un bien de consommation. En effet, considérer la nourriture comme un simple bien est extrêmement dangereux.

L’une des ripostes au néo-libéralisme à été de relancer le débat sur le droit à la nourriture ; qu’elle ne soit pas considérée comme un produit commercial, mais envisagée comme un droit essentiel de l’Humanité. Les institutions internationales, les Nations Unies, n’ont pas défendu ce droit aussi ardemment qu’elles auraient dû le faire, elles n’ont pas pris la responsabilité qui est la leur, car la nourriture est inscrite en tant que droit fondamental dans la déclaration des Droits de l’Homme des Nations Unies.

La nourriture est en train de devenir un bien de plus en plus précieux, donc une industrie d’autant plus lucrative. Aujourd’hui, les choix politiques des gouvernements occidentaux sont clairs et les populations semblent sous le choc. Cependant, les quelques déclarations d’intentions et la couche de peinture verte passée à la hâte sur la cupidité des grands industriels de l’agro-alimentaire peuvent pousser les populations vers une pensée plus radicale. Une pensée qui amènerait à la possibilité de quitter le modèle agricole actuel. Dans un environnement de changement climatique, de raréfaction de l’eau et de crise, les grands semenciers ont une opportunité formidable d’étendre leur pouvoir sur le monde au détriment d’une nourriture de qualité, de l’environnement et du droit inaliénable de l’Humanité que représente l’accès aux ressources alimentaires. Allons-nous laisser faire ?

Saturday, June 06, 2009

MONSANTO A L'ASSAUT DU BURKINA FASO


L’introduction du coton transgénique provoque la colère des paysans africains

La crise alimentaire de 2008 a relancé le débat sur les biotechnologies, censées accroître la productivité de l’agriculture africaine. Mais, comme leurs homologues altermondialistes occidentaux, les paysans du continent noir se méfient des conséquences sanitaires et sociales des organismes génétiquement modifiés. Le semencier américain Monsanto a donc décidé d’employer les grands moyens pour les imposer, avec l’aide du président burkinabé Blaise Compaoré. La résistance s’organise.

Par Françoise Gérard

Le Monde Diplomatique, Fevrier 2009

Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2009/02/GERARD/16793

Petit Etat parmi les plus pauvres du monde, le Burkina Faso s’est discrètement lancé dans la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM), en l’occurrence le coton Bt (1). Révélé au grand public en 2003, le partenariat de Ouagadougou avec le semencier américain Monsanto suscite d’autant plus la controverse parmi les paysans et les associations locales qu’il représente un test pour le développement des OGM dans toute l’Afrique de l’Ouest. Comment le Burkina Faso en est-il venu à travailler avec une entreprise célèbre pour son herbicide Roundup et son « agent orange » (2) ? La sacro-sainte « lutte contre la pauvreté » à laquelle les OGM apporteraient leur contribution en dynamisant l’agriculture burkinabé semble avoir bon dos, et les motivations réelles des partenaires commencent seulement à se faire jour sous la pression des associations...

C’est dans le plus grand secret que les premiers essais de coton Bt ont démarré au Burkina Faso, en 2001, en violation de la convention sur la diversité biologique de 1992 et le protocole de Carthagène sur la biosécurité de 2000. Ces traités internationaux stipulent que les pays concernés doivent se munir d’un cadre législatif et prendre les plus grandes précautions avant de commencer la culture d’OGM. En outre, les signataires s’engagent à informer la population des dangers et à ne prendre aucune décision sans une large concertation publique.

Pourtant, ce n’est qu’en 2003, lors d’un atelier sur la biosécurité à Ouagadougou, que la Ligue des consommateurs apprit l’existence de ces essais et divulgua ce que l’Institut de l’environnement et de la recherche agricole (Inera) avait dissimulé. Monsanto prétendit que les essais étaient effectués dans des « espaces confinés ». En réalité, il s’agissait de parcelles entourées de filets déchirés.

C’est donc « après coup » que le Burkina Faso se mit en règle, faisant ratifier par le Parlement, en avril 2006, le régime de sécurité en biotechnologie. Les soixante-quinze articles de cette loi auraient pu rassurer les opposants aux OGM, s’il n’était stipulé que son but est « de garantir la sécurité humaine, animale et végétale, et la protection de la diversité biologique et de l’environnement » (art. 22), l’Agence nationale pour la biosécurité (ANB) étant chargée de l’évaluation des risques. Or, d’après leurs opposants, c’est précisément parce que les risques sont incontrôlables que les cultures OGM sont contestées (3)...

Si Monsanto a choisi le Burkina Faso, c’est d’abord parce qu’il est le plus gros producteur de coton d’Afrique de l’Ouest, devant le Mali, le Bénin et la Côte d’Ivoire. En outre, sa situation géographique en fait le cheval de Troie des biotechnologies dans la région. Les frontières sont poreuses : on sait que les usines d’égrenage favorisent des échanges involontaires. La contamination « accidentelle » des plantes par les OGM profite aux firmes conquérantes, une plante contaminée ne pouvant revenir à son état antérieur et rien ne distinguant à l’œil nu une plante génétiquement modifiée d’une autre.

De plus, les contrôles techniques, très coûteux, ne sont pas à la portée des communautés rurales. Tout doucement, les OGM sont donc en train de s’imposer à l’insu des citoyens. Si le Bénin a renouvelé pour cinq ans un moratoire sur les OGM, le Mali vient de céder à la pression et d’autoriser les essais de coton Bt.

Le Burkina Faso était le maillon faible de la région : son président Blaise Compaoré cherchait à renouer avec la « communauté internationale » après avoir soutenu activement l’ancien président du Liberia, M. Charles Taylor (4), pendant la très meurtrière guerre civile dans les années 1990. Il était soupçonné d’avoir alimenté le trafic d’armes et de diamants dans la sous-région. En quelques années, son pays est devenu un élève modèle des institutions financières internationales et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le partenariat avec Monsanto a ainsi constitué un geste politique envers les Etats-Unis, très mécontents de l’attitude de M. Compaoré.

A partir de 2003, le ministre de l’agriculture Salif Diallo fit du coton OGM son cheval de bataille. L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), dirigée par M. François Traoré, après avoir manifesté ses inquiétudes, modifia ses positions en échange de 30 % des parts de la Société des fibres textiles (Sofitex), la principale société cotonnière burkinabé, privatisée à la demande de la Banque mondiale. Des paysans dissidents créèrent alors, en 2003, le Syndicat national des travailleurs de l’agropastoral (Syntap), farouchement opposé aux OGM. Un leader paysan, M. Ousmane Tiendrébéogo, s’insurge : « Chez nous, il n’y a que l’agriculture ; on n’a pas le droit de jouer à la roulette russe avec notre avenir. »

Face à l’UNPCB se trouvent trois sociétés cotonnières : la Sofitex, dans la région Ouest, la Société cotonnière du Gourma (Socoma, ex-Dagris), dans la région Est, et Faso Coton, dans la région Centre. Elles fixent avec l’UNPCB le prix annuel : 165 francs CFA (0,25 euro) le kilo de coton « premier choix » pour 2008. Elles fournissent — à crédit — les intrants, les insecticides et les herbicides nécessaires puis, quand la récolte est faite, viennent la collecter dans les champs pour l’amener à l’usine d’égrenage.

Cette « prise en charge » héritée du système colonial est à double tranchant, car elle ne laisse guère d’autonomie au producteur. Propriétaire de sa parcelle, il peut théoriquement abandonner le coton s’il estime le bénéfice insignifiant, et adopter une autre culture de rente, comme le sésame (5). Mais, en réalité, son endettement, son faible niveau d’instruction ainsi que les produits fournis par les sociétés cotonnières le rendent très dépendant du système. M. Yezuma Do, producteur, raconte : « Ils sont venus avec les autorités et les gendarmes pour nous dire que l’année prochaine nous ferons tous du Bt, parce que c’est mieux pour nous. Mais ils ne nous disent pas le prix des semences. Et si nous refusons, l’UNPCB nous prévient que nous ne pourrons pas égrener notre coton conventionnel dans la région. » De guerre lasse, M. Do envisage, avec de nombreux voisins, de renoncer à la culture du coton.

L’UNPCB et les sociétés cotonnières se sont constituées en Association interprofessionnelle du coton au Burkina (AICB). En concertation avec les chercheurs de l’Inera et Monsanto, l’AICB supervise la formation des techniciens et des producteurs. C’est elle qui fixera le prix de la semence Bt pour 2009... La boucle est bouclée. En 2008, douze mille hectares de coton Bt, type Bollgard II, ont été mis en culture afin de procurer les semences pour trois cent mille à quatre cent mille hectares, l’ANB ayant autorisé la production commerciale du coton Bt pour 2009.

Qu’en sera-t-il réellement ? Si la semence de coton conventionnel prélevée sur la récolte ne coûte que 900 francs CFA (1,37 euro) l’hectare, en revanche les droits de propriété intellectuelle (DPI) dus à Monsanto risquent de dépasser les 30 000 francs CFA (45 euros) à l’hectare (6). On se contente de rassurer les paysans en leur promettant que le prix n’excédera pas leurs moyens.
Un front anti-OGM

Un front anti-OGM rassemblant des associations s’est constitué : la Coalition pour la conservation du patrimoine génétique africain (Copagen). Des groupements de pays voisins en font partie (Bénin, Mali, Côte d’Ivoire, Niger, Togo et Sénégal). Bien que ses capacités financières soient restreintes, la Copagen a organisé en février 2007 une caravane à travers la sous-région afin de sensibiliser et d’informer les populations du danger qui les menace. Cette manifestation s’est achevée par une marche de protestation dans les rues de Ouagadougou. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Non au diktat des multinationales » ; « Cultiver bio, c’est véritablement protéger notre environnement » ; « Les accords de partenariat économiques (7) et les OGM ne sont pas des solutions pour l’Afrique, ils sont même contre nous : stop-réfléchis-résiste ».

Un participant résumait ainsi le problème : « Si c’est ça les OGM, nous n’en voulons pas ! Est-ce que nos responsables travaillent vraiment pour notre bien ? Il faut dès à présent introduire partout l’information et la sensibilisation sur les OGM ; ils ne passeront jamais par l’Afrique... » Et de s’inquiéter des effets de la « propagande » des partisans du coton transgénique.

Il vrai que le front pro-OGM ne lésine pas sur la dépense, bénéficiant du soutien du gouvernement : conférences de presse, voyages d’études entièrement payés, sorties sur le terrain, films d’« information »... Les dépliants sur papier glacé de Monsanto décrivent un monde idyllique à l’aide des statistiques de l’Inera. Ils prétendent que les semences OGM Bollgard II apporteront : une augmentation moyenne de rendement de 45 %, une réduction des pesticides de six à deux passages, une réduction des coûts de 62 %, d’où une économie de 12 525 francs CFA par hectare (soit 20 euros) et, par conséquent, un bienfait pour la santé des cultivateurs et pour l’environnement.

Or rien ne paraît plus aléatoire que le « rendement moyen » dans un pays soumis à une pluviométrie capricieuse. S’il ne pleut pas, il arrive que les paysans soient obligés de procéder jusqu’à deux ou trois semis successifs. Lorsque le prix des semences est négligeable, il s’agit « seulement » d’un surcroît de travail. Mais, si on doit acquitter les DPI, à combien reviendra un hectare de coton ? En outre, il s’avère que le gène miraculeux reste sensible à la sècheresse et qu’il dégénère à mesure que la plante croît. Dernière déconvenue : lors d’un atelier animé par l’Union européenne auquel participait M. Traoré, on a enjoint aux producteurs de coton de garder un stock de pesticides de sécurité « au cas où ». Ce qui signifie que le recours aux produits chimiques ne diminue pas à coup sûr.

En effet, deux phénomènes peuvent se produire : l’apparition de chenilles résistantes au gène (en quatre ou cinq ans) et de ravageurs secondaires non maîtrisés par le gène. Les Etats-Unis et l’Inde ont été confrontés à ce problème. Curieusement, si le Comité consultatif international du coton (CCIC) (8), réuni à Ouagadougou du 17 au 21 novembre 2008, a vanté la réussite spectaculaire du coton Bt indien (six années consécutives de rendements croissants), aucune mention n’a été faite de la vague de suicides chez les petits producteurs ruinés par une production bien inférieure à ce qu’on leur avait fait miroiter.

Quant à la réduction des coûts, il est bien hasardeux d’avancer un chiffre alors que Monsanto garde jalousement le secret du prix des DPI, qui s’ajoutera à celui des intrants et des herbicides. A supposer que les rendements soient meilleurs (9), la différence ne permettra guère plus que d’éponger le surcoût des DPI.

L’argument auquel les cultivateurs sont le plus sensibles reste la diminution des pesticides que Monsanto fait miroiter. En effet, pendant les jours d’épandage, il est fréquent que les agriculteurs dorment dans leurs champs avec toute leur famille, s’exposant ainsi à la toxicité importante de ces produits. Or on peut utiliser un insecticide naturel tiré du margousier, un arbre courant en Afrique de l’Ouest. Un encadrement technique suffit, comme le montrent des expériences menées au Mali sur 10 % des surfaces cotonnières par la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). En 2001, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a, de son côté, lancé un projet de gestion intégrée de la production et des déprédateurs (GIPD) visant à réduire, voire à supprimer, l’utilisation des pesticides. Cependant, rien n’est fait pour que ce programme GIPD dépasse le stade des essais pilotes. De plus, « l’UNPCB se comporte comme une milice au sein du monde paysan en renforçant la politique de la Sofitex qui nous impose des intrants et des insecticides, sans nous donner la possibilité de les refuser », proteste M. Do.

Parmi les solutions de rechange aux OGM, il existe le coton bio et équitable que l’association Helvetas a lancé au Mali en 2002, au Burkina Faso en 2004 : aucun produit chimique, fumure organique (gratuite), récolte de première qualité... Le sol se régénère au lieu de se dégrader. Le kilo de coton est payé 328 francs CFA (0,50 euro) au producteur, contre 165 francs CFA (0,25 euro) pour le coton conventionnel. La filière regroupe déjà quelque cinq mille petits producteurs sur environ sept mille hectares répartis sur les trois régions, Ouest, Centre et Est, du Burkina. Mais plusieurs facteurs semblent freiner son expansion : outre les interventions sonnantes et trébuchantes de Monsanto, allié aux institutions financières internationales, le transport du fumier organique nécessite un âne et une charrette. Rares sont les paysans qui disposent de ces moyens.

Selon M. Abdoulaye Ouédraogo, responsable de la filière coton à Helvetas Burkina, « ici, il n’y a pas d’avenir pour les OGM. D’abord pour des raisons climatiques. Ensuite parce que les petits producteurs n’appliqueront jamais les consignes. Ils se préoccupent d’abord de remplir les greniers pour nourrir la famille : le coton vient seulement après. Ce n’est pas comme aux Etats-Unis, où l’on pratique la monoculture à perte de vue... ».

L’acharnement pro-OGM s’explique alors non seulement par la volonté des transnationales, mais aussi par l’enrichissement qu’en retire une classe privilégiée au détriment de l’intérêt du pays.

BIENTOT DU BLE OGM...


Blé OGM: la bataille reprend

par Annie Morin

source: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13840

3 juin 2009

Québec) Des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le pain, les pâtes alimentaires et le couscous? Des producteurs et des transformateurs de blé du Canada, des États-Unis et de l'Australie estiment que c'est la voie de l'avenir et réclament le développement de variétés transgéniques, actuellement interdites partout dans le monde. Des regroupements d'agriculteurs et des groupes écologistes s'y objectent vertement.

Il y a cinq ans, presque jour pour jour, Monsanto retirait sa demande d'homologation du blé Roundup Ready, capable de résister à l'herbicide le plus utilisé dans le monde, et abandonnait toute recherche portant spécifiquement sur cette céréale, arguant qu'elle n'était pas commercialement rentable. Les groupes de défense des agriculteurs, des consommateurs et de l'environnement défavorables aux OGM avaient crié victoire et croyaient l'histoire du blé transgénique terminée. Mais ce n'était que la fin d'un chapitre...

À la mi-mai, neuf groupes réunissant producteurs de blé, meuneries et agences de promotion du blé du Canada, des États-Unis et de l'Australie ont publié une déclaration conjointe dans laquelle ils font l'apologie des biotechnologies agricoles, plaident pour une reprise de la recherche privée et s'engagent à commercialiser les OGM de façon coordonnée. Aucun des trois pays, parmi les principaux exportateurs de blé sur la planète, n'irait de l'avant sans ses acolytes et sans une surveillance serrée des nouvelles cultures.

«On ne dit pas qu'on est en faveur d'une mise en marché [release] immédiate, mais qu'il faut y regarder de près parce que notre retard sera difficile à rattraper dans quelques années», a expliqué hier Doug Robertson, président des Producteurs de grains du Canada.

Les agriculteurs sont particulièrement intéressés à des variétés résistantes aux maladies - comme la fusariose du blé, répandue partout au Canada - ou capables de pousser dans le froid ou la sécheresse. Cela afin d'améliorer leurs rendements, qui connaissent une faible croissance depuis plusieurs années. L'industrie de la transformation agroalimentaire est plutôt à la recherche d'un blé sans gluten pour accommoder les allergiques.

Cet appel ne laisse pas les grands semenciers indifférents. Trish Jordan, porte-parole de Monsanto Canada, affirme que son employeur écoute «avec attention» les voeux des producteurs et pourrait «réintégrer le marché du blé si les conditions étaient bonnes». «Du strict point de vue de la commercialisation, personne n'est proche du but», ajoute-t-elle cependant, évoquant un horizon de recherche de «8 à 10 ans minimum».

Santé Canada a confirmé hier qu'aucune demande d'homologation de blé OGM n'avait été déposée depuis 2004.

Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec, oppose un non catégorique à la commercialisation du blé transgénique. «Dans notre culture occidentale, le blé est très symbolique. C'est le pain qu'on met sur la table tous les jours, les pâtes alimentaires pour les Italiens, le couscous pour les Arabes. Il est consommé directement par les humains, contrairement au canola et au maïs génétiquement modifiés qui servent à l'alimentation animale», rappelle-t-il.

Greenpeace fait partie de la quinzaine de signataires (du Canada, des États-Unis et de l'Australie) de la déclaration contre le blé OGM, rendue publique hier. Le document réaffirme le caractère sacré de la céréale et condamne toute manipulation transgénique, soutenant que les méthodes d'amélioration traditionnelles sont tout aussi efficaces. Les anti-OGM du monde entier sont invités à signer la déclaration d'ici le 31 août.

En 2004, la Commission canadienne du blé s'était rangée du côté des activistes, craignant que le blé Roundup Ready ne précipite la résistance des mauvaises herbes à l'herbicide et que les clients internationaux ne se détournent du blé canadien de crainte d'y trouver des OGM. Hier, Rhéal Cenerini, conseiller en relations gouvernementales, a expliqué que la position de l'organisme de commercialisation n'avait pas changé : «On ne s'oppose pas au produit en tant que tel, mais il faut qu'il y ait des bénéfices pour les producteurs et il faut s'assurer d'avoir l'appui des consommateurs.»

Le fait que le blé entre dans la fabrication d'une multitude de produits alimentaires et qu'il est cultivé sur de très grandes superficies oblige à la prudence, ajoute M. Cenerini. La commercialisation simultanée d'un blé génétiquement modifié au Canada, aux États-Unis et en Australie placerait plusieurs pays importateurs devant le fait accompli. Sans compter que les agriculteurs, dont les rendements pourraient augmenter, seraient dans l'interdiction de replanter leurs propres grains et devraient payer des redevances aux semenciers.

Sunday, May 31, 2009

LES OGM PAUSE UN GRAVE RISQUE DE SANTE


Un moratoire sur la nourriture génétiquement modifiée aux États-Unis

par William Engdahl

source: www.Mondialisation.ca

22 mai 2009

Une association de médecins demande un moratoire sur la nourriture OGM

L'American Academy of Environmental Medicine (AAEM) vient juste de publier un appel en faveur d’un moratoire immédiat sur la nourriture génétiquement modifiée.

Dans une toute nouvelle monographie sur les denrées OGM, l’AAEM déclare que « la nourriture OGM pose un grave risque de santé » et exige un moratoire sur la nourriture génétiquement modifiée. Citant plusieurs études sur des animaux, l'AAEM conclut qu’« il y a davantage qu'un simple lien fortuit entre les OGM alimentaires et les effets néfastes de santé, » et que « les denrées génétiquement modifiées posent un grave risque sanitaire en matière toxicologique, allergique et immunitaire, pour l’équilibre de la reproduction, métabolique, physiologique et génétique. » Ce rapport est un coup dévastateur contre une industrie agro-alimentaire internationale de plusieurs milliards de dollars, et plus particulièrement contre Monsanto Corporation, le leader mondial des fournisseurs de semences OGM et des herbicides.

Dans un communiqué de presse daté du 19 mai 2009, l'AAEM, qui se décrit comme « une association internationale de médecins et de professionnels divers soucieux d'aborder les aspects cliniques de la santé environnementale, » a appelé à prendre immédiatement les mesures d'urgence suivantes, en ce qui concerne la consommation humaine des OGM :

* Un moratoire sur les OGM ; mise en œuvre immédiate sur le long terme de tests sécuritaires et de l'étiquetage des denrées OGM.

* Les médecins doivent prévenir leurs patients, la communauté médicale et le public, qu’il faut éviter la nourriture OGM.

* Les médecins doivent envisager le rôle des denrées OGM dans le processus pathologique de leurs patients.

* D’autres études scientifiques indépendantes de longue durée doivent commencer à rassembler des données pour étudier le rôle des aliments OGM sur la santé humaine.

Le Dr Amy Dean, président de l’AAEM, constate que « de multiples études animales ont montré que la nourriture OGM endommage divers systèmes de l’organisme. Devant la montée de ces évidences, il est impératif, pour la sécurité de nos patients et la santé publique, d'obtenir un moratoire sur les denrées génétiquement modifiées. » Le président de l'AAEM et le Dr Jennifer Armstrong ont souligné que « les médecins voient sans doute les effets sur leurs patients, mais ont besoin de savoir comment poser les bonnes questions. Les aliments OGM les plus communs en Amérique du Nord, sont le maïs, le soja, l’huile de colza et de graines de coton. » La monographie de l’AAEM sur les OGM peut être trouvée sur aaemonline.org.

Ce document précise par ailleurs que le génie génétique « abroge le processus reproductif naturel, la sélection se faisant au niveau d’une cellule unique, la procédure est extrêmement mutagène et ouvre systématiquement une brèche dans la barrière génétique, et que la technique est utilisée à des fins commerciales depuis 10 ans. »

Le document de l’AAEM précise en outre que plusieurs études sur des animaux montrent de graves risques de santé liés à la consommation des aliments OGM, notamment l'infertilité, le dérèglement de la fonction immunitaire, le vieillissement accéléré, le dérèglement des gènes liés à la synthèse du cholestérol, à la régulation de l’insuline, aux transmissions cellulaires, et à la formation des protéines, et à des altérations du foie, des reins, de la rate et du système gastro-intestinal. »

Il ajoute : « Il y a davantage qu'un simple lien fortuit entre les OGM alimentaires et les effets néfastes de santé. Il y a un lien de causalité, tel que défini par les critères de Hill, en matière de niveau élevé d’associations, de constance, de spécificité, de gradient biologique, et de plausibilité biologique. La constance et le niveau élevé des associations entre les denrées OGM et de la maladie sont confirmés par plusieurs études sur les animaux. »

Les OGM sont toxiques

Le document de l’AAEM doit donner des motifs de remise en cause du quasi laissez-faire dans le contrôle des OGM de la position officielle, pour laquelle la parole solennelle des compagnies semencières, telles que Monsanto, est considérée comme une solide preuve scientifique d’innocuité. L’étude de l’AAEM mérite d'être citée en détail à ce sujet :

La spécificité de l'association des denrées OGM et de processus pathologiques précis est également soutenu. Plusieurs études animales montrent d'importants dérèglements immunitaires, notamment une régulation à la hausse des cytokines associées à l'asthme, à l'allergie et aux inflammations. Les études chez l'animal montrent aussi des altérations structurelles et fonctionnelles du foie, notamment un changement du métabolisme des lipides et des glucides, ainsi que des altérations cellulaires pouvant entraîner l’accélération du vieillissement et peut-être provoquer l’accumulation des radicaux libres (ROS, reactive oxygen species). Des changements dans les reins, le pancréas et la rate ont aussi été documentés. Une récente étude de 2008, reliant le maïs OGM à la stérilité, montre, de manière sensible au cours du temps, une importante diminution de la progéniture et du poids des portées chez les souris nourries de maïs OGM. Cette étude a aussi révélé que plus de 400 gènes ont été découverts s’exprimant différemment chez les souris nourries de maïs OGM. On sait que ces gènes contrôlent la synthèse et la modification des protéines, la transmission cellulaire, la synthèse du cholestérol et le contrôle de l'insuline. Les études montrent aussi des dommages intestinaux chez les animaux nourris d’OGM, notamment la prolifération d’excroissances cellulaires et des perturbations du système immunitaire intestinal.

L'étude de l’AAEM révise les affirmations de l'industrie de la biotechnologie, selon lesquelles les aliments OGM pourraient nourrir le monde grâce à des rendements plus grands. Elle cite la preuve contraire indiquant que l'inverse paraît être vrai, c’est-à-dire que, avec le temps, les récoltes OGM ont produit moins que le rendement conventionnel, et ont exigé avec le temps, plus pas moins, de produits chimiques herbicides hautement toxiques, tels que le glyphosate. Le rapport relève, « Au cours des 20 dernières années, plusieurs milliers d'essais en champs, sur des gènes destinés à augmenter le rendement opérationnel ou intrinsèque (des cultures), montrent l’importance de l’entreprise. Pourtant, aucun de ces essais en champs n’a permis d’améliorer le rendement des récoltes alimentaires et fourragères commercialisées, à l'exception du maïs Bt. » Cependant, le léger gain de rendement du maïs Bt qui a été rapporté était dû largement à l'amélioration de la reproduction traditionnelle, et non pas au génie génétique.

L’AAEM conclue que, puisque les denrées OGM « posent un grave risque sanitaire en matière toxicologique, allergique et immunitaire, pour la santé de la reproduction, métabolique, physiologique et génétique, et sont dénuées d’avantages, il est impératif d'adopter le principe de précaution, qui est l'un des principaux outils de réglementation de la politique de santé et environnementale de l'Union Européenne, et sert de base à plusieurs accords internationaux. La définition la plus communément utilisée est la Déclaration de Rio de 1992, qui stipule : « Afin de protéger l'environnement, des mesures préventives doivent être largement appliquées par les États, en fonction de leurs capacités. Quand il existe des menaces de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique ne doit pas servir de prétexte pour renvoyer à plus tard les mesures économiques rentables destinées à empêcher la dégradation de l'environnement. »

Sous l’intense pression de l'opinion publique, la Ministre allemande de l'Agriculture a récemment publié l’interdiction les plantations de maïs OGM MON810 de Monsanto. Malheureusement, deux semaines plus tard, elle a autorisé les plantations de semences de pomme de terre OGM. Le ministère allemand a annoncé que, Amflora, la pomme de terre génétiquement modifiée, fabriquée par le géant de la chimie BASF (une coentreprise d’OGM, partenaire de Monsanto), ne présente « aucun danger pour la santé humaine ou l'environnement. » Pour justifier sa décision imprudente, le ministère a cité un « examen approfondi » et des entretiens avec des experts scientifiques et économiques.

La publication de la sensationnelle critique des OGM de l'American Academy of Environmental Medicine a été accueillie par un silence de mort par la plupart des grands médias étasuniens et internationaux.

L’intrigue des OGM

Comme je l'ai décrit en détail dans mon livre, OGM : Semences de destruction - L’arme de la faim, les OGM ont été lâchés dans le grand public aux Etats-Unis au début des années 90, après une décision du pouvoir exécutif du Président George Herbert Walker Bush, qui aurait suivi des réunions à huis clos avec les principaux dirigeants de Monsanto. Le Président Bush a décrété l’obligation, pour les agences gouvernementales étasuniennes, de ne faire aucun test de santé et de sécurité particulier, avant la mise en vente des OGM pour la consommation alimentaire. Ce fait est arrivé à être connu en tant que Doctrine de l'Équivalence Substantielle.

Le gouvernement étasunien, sur les conseils pressants de Monsanto et du lobby des OGM, a décidé en outre d’interdire l'étiquetage « sans OGM » des produits alimentaires naturels, en recourant à la « doctrine » vaguement formulée et totalement non-scientifique, proclamée par le Président Bush en 1992, selon laquelle les OGM sont « substantiellement équivalents » aux plantes ordinaires, et n’ont donc pas besoin d’être testés avant d'être mis en vente dans le public.

La Doctrine de l'Équivalence Substantielle, en dépit du fait qu'elle contredit directement la prétention des compagnies en leurs droits de propriété exclusifs sur leurs semences OGM, présentées comme « uniques » et différentes des graines ordinaires, a permis à Monsanto, Dow Chemicals, DuPont et à d'autres détenteurs de brevets OGM de faire proliférer leurs produits sans aucun contrôle. La plupart des Étasuniens croient naïvement que la Food and Drug Administration et le ministère de l'Agriculture des États-Unis sont là pour assurer la totale innocuité des produits alimentaires industriels pour la consommation humaine et animale, avant l'octroi de licences.

De fait, l’interdiction de l'étiquetage des denrées OGM signifie que la plupart des Étasuniens n'ont aucune idée de l’ampleur de la contamination par les OGM de leur ration quotidienne de Corn Flakes, soja, maïs et additifs, dans chaque aliment trouvée dans le commerce sur les étagères des supermarchés.

Aux États-Unis, à la fin des années 90, coïncidant avec l'introduction en masse des OGM dans l'alimentation humaine et animale, ont été signalés chez l'homme à une échelle épidémique, des cas d’allergies, d'étranges maladies et de nombreux autres problèmes de santé. L’interdiction d'étiquetage des produits OGM par la loi fédérale signifie que la plupart des professionnels de santé ne savent même pas que cela pourrait avoir un lien avec la nourriture OGM des millions d'Étasuniens. Depuis la décision de 1992 du Président Bush, une décision confirmée par les présidents Clinton, George W. Bush, et maintenant par Barack Obama et le Secrétaire de l'Agriculture pro-OGM, Tom Vilsack, la population étasunienne est en réalité traitée en cobayes humains dans des expériences de masse avec les substances jamais démontrées sans danger sur le long terme (dix ans ou plus) par des études indépendantes.

Il reste à voir s’il sera accordé l'attention qu'elle mérite à la critique scientifique de l'AAEM.

Rapport original : A Moratorium on Genetically Manipulated (GMO) Foods, publié le 22 mai 2009. source: http://www.examiner.com/x-5148-LA-Environmental-Health-Examiner~y2009m5d19-Doctors-call-for-immediate-moratorium-on-Genetically-Modified-foods

Traduction : Pérus Lombard.

F. William Engdahl est l'auteur de deux livres traduits en français : OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim et Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain. Il peut être contacté depuis sur son site Internet, www.engdahl.oilgeopolitics.net.

Wednesday, April 15, 2009

ENJEUX DES OGM EN AFRIQUE


OGM: GENOCIDE ECONOMIQUE, SOCIAL ET ECOLOGIQUE DE l'AFRIQUE ET DE L'HUMANITE

La terre n’appartient pas à l’Homme.
C’est l’Homme qui appartient à la terre.


I. Enjeux et conséquences du coton Bt de Monsanto sur la filière cotonnière au Mali et dans la sous-région.

Le coton Bt génétiquement modifié (GM) de Monsanto

• Le dernier clou dans le cercueil des cotonculteurs et le cheval de Troie des multinationales de biotechnologie (Monsanto, Syngeta, Dow Agro Science, Bayer, etc.) pour le contrôle total de la filière et de toute l’agriculture vivrière au Mali et dans la sous-région.

Comme écrit GRAIN dans son rapport sur l’introduction du coton GM au Mali et dans la sous-région :

« Le coton Bt ( de Monsanto) est le cheval de Troie des multinationales ; leur porte d’entrée en Afrique de l’Ouest, pour assurer leur mainmise sur les semences cotonnières, et, éventuellement, pour contrôler toute l’agriculture de la sous-région. Le but est d'introduire en Afrique de l'Ouest les cultures génétiquement modifiées brevetée. »

Source : www.grain.org

Enjeux socio-économiques :

SPIRALE D’ENDETTEMENT ET FAILLITES DES COTONCULTEURS

• Culture de coton GM non-rentable pour les petits producteurs de coton en Afrique et dans les pays du Sud.

Coûts de production

• Coûts de production du coton GM largement supérieurs au coton bio et au coton conventionnel

• Coûts des semences largement supérieurs aux prix de semences bio et conventionnelles. (coût des semences Bt varie en fonction des pays)

a) Ex : Coûts des semences du coton Bt de Monsanto (Inde):

• OGM : 45 euro/ha
• Bio : 6 Euro/ha
• Conventionnel : 1.5 euro/ha

b) Coûts d’utilisation liés au brevet : (Bollgard 2: $100/ha = 45000- 50,000 FCFA/ha)

• Pas de réduction significative dans l’utilisation et dans le coût des insecticides:

• coût des semences GM (29,500 fcfa/ha) + coût du brevet du coton bt de Monsanto (45,000-50,000 fcfa/ha) largement supérieurs au cout des insecticides au Mali : 30,000-35,000 fcfa/ha

• Coton Bt ne combat pas tous les insectes ravageurs du coton, notamment les principaux qui prolifèrent au Mali et dans la sous-région.

• Requis 2 fois plus d’eau! En cas de sécheresse, faillite des cotonculteurs!

Rendement:

• Rendement inférieur au coton conventionnel : -35% en Inde ; 50 capsules contre 100 capsules pour le coton conventionnel.
• Les semences de coton Bt n’ont pas été génétiquement modifiées pour accroître les rendements.

Qualité

Qualité médiocre de la semence, de la graine de coton et de la fibre

• Témoignage publique de *William Dunavant ( *Président de la plus grande entreprise américaine de négoce du coton): « Je suis d’avis que la semence du coton bt est un problème très sérieux et beaucoup de gens partagent mon avis. »

Prix de vente

• Prix du coton Bt inférieur au prix du coton conventionnel à cause de la qualité inferieure de la fibre.
• Prix dicté par le marché mondial, manipulé par les spéculateurs et les multinationales en leur faveur (mécanisme économique et politique favorisant la surproduction) et influencé de manière préjudiciable par les subventions.

Coton GM ne résout pas le fond du problème de la filière:

• Subventions EU/UE => surproductions = chute des cours de la fibre
• Dévaluation du $US (conséquence de la politique monétaire frauduleuse de la Banque Fédérale Américaine (FED))
• Augmentation constante et exponentielle du coût des intrants.
• Conjugaison de ces facteurs (exogènes) est à la source de l’effondrement du secteur.
• Au contraire, le coton Bt de Monsanto ACCENTUE le problème en proposant comme solution à l’effondrement du secteur d’augmenter les rendements, dans un contexte de surproduction qui fait chuter les cours et qui est à la source de l’effondrement du secteur!

Perte et destruction de marché

• Perte et destruction des marchés dans les pays importateurs (UE, etc.) interdisant les produits OGM (ex: coton, café, cacao, etc. = principales cultures d’exportations de l’Afrique vers l’UE)

CONTAMINATION ET BREVETAGE DES SEMENCES

• Contamination génétique de toutes les semences cotonnières conventionnelles, bio, variétés sauvages, etc. = contrôle de toute la filière cotonnière au Mali et dans toute la sous-région à travers la contamination et la disparation progressive et la confiscation des semences traditionnelles contaminées à travers le mécanisme de brevetages des semences.
• Cotonculteurs interdits de sauvegarder et de replanter les semences l’année suivante :
• Légalement contraint d’acheter chaque année les semences et les produits phytosanitaires auprès de la multinationale qui détient le brevet sur les semences GM (Monsanto).
• Dépendance imposée par le biais du mécanisme de la semence « Terminator Seed» qui a été génétiquement manipulée pour devenir stérile après la première récolte.

Résultat:

• Dépendance totale des cotonculteurs auprès de Monsanto qui contrôle la semence GM, les produits phytosanitaires, et le prix d’achat du coton. Le cercle de la dépendance totale est bouclé.
• Spirale de l’endettement, faillite économique, saisi et privatisation des terres.
• Exemples: Suicides de + 150,000 cotonculteurs en Inde qui ont semés les « graines de la mort » depuis 2003.

Enjeux sanitaires et Ecologiques

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• Ignorances et incertitudes scientifiques absolues sur les conséquences de la manipulation génétique des organismes vivants et des semences sur la santé humaine, les animaux, l’environnement et sur l’ensemble de la biodiversité.
• Modifications des Lois de la Nature et de la Vie…: avec quelles conséquences…???
• Irréversibilité: flux de gènes bt dans l’environnement irréversibles!

CONFISCATION ET PRIVATISATION DES TERRES

Confiscation et privatisation des terres des paysans à travers 2 mécanismes :

1) Endettement et faillite économique des cotonculteurs:

• contrôle et coût exorbitant du prix des semences et des intrants + prix d’achat non-rémunérateur du coton fibre = non-rentabilité des paysans = endettement, faillite économique => saisis des terres.

2) Poursuites judiciaires

• Poursuites et actions juridiques contre des paysans - dont les champs et les cultures ont été involontairement et à leur insu contaminés par un flux de gènes Bt - pour violation des clauses juridiques relatives à l’utilisation du droit de brevet détenu par Monsanto sur la semence Bt. ( ex ; Persey Scheimer contre Monsanto, Court Suprême du Canada, $200,000 amendes!)

MONOPOLE DE LA CULTURE INDUSTRIELLE DU COTON AU MALI ET EN AFRIQUE PAR MONSANTO

• Contrôle total de la filière : les semences, les intrants, les terres, l’égrenage (privatisation sociétés cotonnières : ex-CMDT), et le prix et la vente de la fibre.

Conséquences :

• Cotonculteurs dépossédés de leurs terres, sans semences, sans emplois, sans revenus et sans avenir. (+ 10 millions en Afrique)

CONSEQUENCES PROBABLES DU MONOPOLE DE LA CULTURE DU COTON EN AFRIQUE PAR MONSANTO:

PLANTATIONS DE COTON CULTIVES AVEC LA MAIN D’ŒUVRE LOCAL

• paysans dépossédés de leurs terres seront recrutés comme travailleurs agricoles pour produire du coton sur les terres saisies.
• OGM: Permettent d’éliminer les subventions cotonnières et agricoles et de conclure l’accord commercial de l’Uruguay Round au sein de l’OMC pour la libéralisation mondiale de l’économie. note: Budget Farm Act 2009: Obama a demandé (en mars 2009) au Congrès américain la suppression des subventions cotonnières… !
• OGM: 1 pierre/2 coups: permet le contrôle de la filière cotonnière et de toute l’agriculture vivrière dans les pays du Sud et la libéralisation du commerce mondial. (OMC/Uruguay Round)

CONSEQUENCES : RETOUR A L’ESCLAVAGE DANS LES PLANTATIONS DE COTON!

• Les subventions cotonnières américaines avaient remplacées les esclaves africains sur les plantations de coton au Etats-Unis.
• Le coton Bt de Monsanto restitue l’esclavage dans les champs de coton en Afrique, 160 ans après l’abolition (officielle) de l’esclavage !
• L’Histoire se répète tragiquement, avec – une fois de plus – le soutien et la complicité des « dirigeants » africains…

II. Enjeux et conséquences des OGM sur l’agriculture vivrière et sur les populations africaines.

Mécanisme: contamination et brevetages des semences

• Contamination de toutes les semences et cultures vivrières à travers le coton GM et le brevetage des semences contaminées.

Note : les zones cotonnières du Mali et de la sous-région sont en même temps le « grenier » de la production vivrière…

Résultat:

• Contamination de toute l’agriculture vivrière au Mali et dans toute la sous-région à travers le coton Bt par la contamination et la disparation progressive des semences traditionnelles vivrières et de la confiscation et de l’appropriation des semences vivrières contaminées à travers le mécanisme du brevetage des semences.

Conséquences:

CONTROLE TOTAL DE L’AGRICULTURE VIVRIERE AU MALI, DANS LA SOUS-REGION ET SUR L’ENSEMBLE DU CONTINENT AFRICAIN PAR UNE POIGNEE DE MULTINATIONALE DE BIOTECHNOLOGIE!

• Disparition progressive et totale de toutes les semences vivrières traditionnelles à travers la contamination génétiques.
• Dépendance totale des paysans sur une poignée de multinationales de biotechnologie pour s’approvisionner en semences (5 multinationales détiennent actuellement +90% des semences vivrières génétiquement modifiées dans le monde (OGM))
• Contrôle de toute l’agriculture vivrière et donc de la vie de toutes les populations africaines entre les mains de ces multinationales…
• Contrôle des semences = contrôle de la nourriture = contrôle de la vie!

SAISI & PRIVATISATION DES TERRES

Saisi et privatisation des terres à travers les mécanismes suivants :

• contrôle et augmentation des prix des semences, des intrants, manipulation/baisse du prix d’achat des produits agricoles = non-rentabilité des paysans, endettement, faillite économique, saisis des terres.
• Poursuites et actions juridiques contre des paysans - dont les champs et les cultures ont été involontairement et à leur insu contaminés par un flux de gènes brevetés - pour violation des clauses juridiques relatives à l’utilisation du droit de brevet détenu par les multinationales de biotechnologie.

MONOPOLE ET CONTROLE TOTAL DE L’AGRICULTURE VIVRIERE

• Monopole des semences vivrières + privatisation des terres = contrôle de toute l’agriculture vivrière au Mali, dans la sous-région et sur l’ensemble du continent africain par une poignée de multinationales…

Résultat:

• Des millions de paysans vont se retrouver dépossédés de leurs terres et sans semences...( +80% des populations africaines vivent de la terre = + 700 millions personnes !)
• Comment vont-ils se nourrir… ? Que vont-ils faire pour vivre… ? Ou vont-ils aller… ?
• Dépendance totale de toute la population africaine sur une poignée de multinationales pour manger et donc pour vivre…
• Contrôle absolue sur la vie de millions de personnes en Afrique par une poignée de multinationales…
• Misère et chaos INDESCRIPTIBLE, famines, révoltes, guerres, etc.…

PRODUCTION DE BIO-CARBURANT

Les multinationales de biotechnologies vont privilégier la production de biocarburants sur les terres saisies et privatisées au détriment de la production vivrière pour servir les intérêts géopolitiques des Etats-Unis et des pays du G8:

• indépendance énergétique: Biocarburant (pourghere/jatropha).
• « arme alimentaire »: contrôle de la chaine alimentaire mondiale
• réduction des populations jugées « inférieures » et non désirables à travers la famine (politique de l’eugénisme)
• contrôle et accaparement des ressources géostratégiques des pays du Sud, etc. (Rockefeller/Kissinger, etc. (lire > NSSM 200, Henry Kissinger)

CONSEQUENCES DU COTON GM ET DES OGM EN AFRIQUE ET DANS LE MONDE.

PLUS GRAND GENOCIDE ECONOMIQUE, SOCIAL ET ECOLOGIQUE DE L’AFRIQUE ET DE L’HUMANITE !

Monday, March 02, 2009

LES OGM ET LE GENOCIDE DES PAYSANS INDIENS


Plus de 150,000 paysans indiens se sont suicidés depuis 2003 suite à l’adoption de la culture des OGM.

Ci-joint un article paru dans le Daily Mail sur ce génocide.

Article de Andrew Malone, paru dans le Daily Mail, le 3 novembre 2008

Lorsque le Prince Charles affirma que des milliers de paysans indiens se suicidaient après avoir utilisé des OGM, il lui fut reproché de jouer sur la peur. En fait, comme le montre cette enquête, c’est encore PIRE que ce que l’on craignait.

Les enfants étaient inconsolables. Prostrés dans le silence, sous le choc, et luttant pour retenir leurs larmes, ils se blottissaient contre leur mère, tandis que les amis et voisins préparaient le corps de leur père pour la crémation sur le bûcher embrasé, situé sur le sol craquelé et nu des champ derrière leur maison.

Tandis que les flammes consumaient le cadavre, l’avenir qui attend Gajanan, 12 ans et Kalpana, 14 ans est très sombre. Alors que Shankara Mandaukar avait espéré que son fils et sa fille auraient une vie meilleure grâce au boom économique que connaît l’Inde, ce qui les attend, c’est un travail d’esclave pour quelques centimes par jours. Désormais sans terre et sans toit, ils feront partie des plus pauvres, parmi les pauvres.

Shankara était un paysan respecté, un bon mari et un bon père, mais il s’est suicidé. Moins de 48 heures auparavant, et confronté à la perte de ses terres pour cause de dettes, il a bu un pesticide chimique.

Dans l’incapacité de payer l’équivalent de deux années de revenus, il était désespéré et ne voyait plus aucune issue

Sur le sol, on pouvait encore voir les traces qu’il avait laissées lorsqu’il se tordait, agonisant. D’autres paysans avaient regardé - sachant par expérience que toute intervention serait vaine - plié en deux sur le sol, hurlant de douleurs et vomissant.

Gémissant, il avait rampé jusque sur un banc devant sa petite maison située à 180 km de Nagpur en Inde Centrale. Une heure plus tard, tout son cessa et sa respiration s’est arrêtée. A 5 heures, ce dimanche la vie de Shandakar Mandaukar avait cessé.

Alors que les voisins se rassemblaient pour prier devant la maison familiale, Nirmanan Mandaukar, 50 ans, leur raconta comment elle était revenue précipitamment des champs pour trouver son mari mort. « C’était un mari aimant et attentionné » dit elle en pleurant. « Mais il n’en pouvait plus. L’angoisse psychologique était trop forte. Nous avons tout perdu. »

La récole de Shankara a été mauvaise deux fois. Bien sûr la famine et les épidémies font partie de la vieille histoire de l’Inde. Mais la mort de ce paysan respecté est due à quelque chose de bien plus moderne et sinistre : les plantes modifiées génétiquement.

On a promis à Shandakar comme à des millions d’autres paysans comme lui, des récoltes et des rentrées d’argent incroyables, s’il passait de la culture de semences traditionnelles à la culture de semences GM. Séduit par ces promesses de richesses futures, il a emprunté l’argent afin d’acheter des semences transgéniques. Mais les récoltes ne furent pas au rendez-vous et il se retrouva dans la spirale de l’endettement et sans revenu.

Shankara n’est qu’un de ces fermiers – on estime leur nombre à 125 000 - à se suicider à cause de cette offensive brutale qui utilise l’Inde comme champ d’essais pour OGM.

Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

S’adressant par vidéo à une conférence qui se tenait dans la capitale indienne New Delhi, il provoqua la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause… l’échec de nombreuses variétés d’OGM ».

En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l’agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir « l’avenir » et suivre cet exemple.

Alors qui dit la vérité ? Pour le savoir, je suis allé dans la « ceinture des suicides », dans l’état de Maharashtra.

Ce que j’ai découvert est extrêmement dérangeant et a de profondes implications pour les pays – y compris la Grande-Bretagne – où l’on débat pour savoir si on autorise ou pas la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature

Car même les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

Des petites gens de zones rurales, qui meurent dans une lente agonie. La plupart ingurgite de l’insecticide – une substance bon marché dont on leur avait pourtant promis lorsqu’ils furent obligés de cultiver des plantes GM coûteuses, qu’ils n’en auraient plus besoin.

Il apparaît qu’ils sont très nombreux à être endettés massivement auprès des prêteurs de fonds locaux, après avoir sur-empruntés pour acheter les semences OGM.

Pour les pro-OGM, les vraies raisons de ce chiffre épouvantable sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le « désespoir agraire ».

Mais comme j’ai pu le découvrir lors de mon voyage de 4 jours dans l’épicentre de la catastrophe, ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Dans un petit village que je visitais, 18 paysans s’étaient suicidés après avoir été engloutis dans les dettes dues aux OGM. Dans certains cas, les femmes ont repris le ferme de leur mari défunt, mais pour finalement se suicider elles-mêmes.

Latta Ramesh, 38 ans but de l’insecticide, après une mauvaise récolte – deux ans après que son mari ne disparaisse lorsque les dettes OGM étaient devenues trop importantes. Elle a laissé un fils de 10 ans, Rashan, confié à des parents. La tante de la défunte, assise sans énergie à l’ombre près des champs, raconte « qu’il pleure lorsqu’il pense à sa mère ».

Village après village, des familles me racontent comment elles se sont endettées après qu’on les ait convaincues d’acheter des semences GM au lieu des semences de coton traditionnelles. La différence de prix est vertigineuse : 15 euros pour 100 grammes de semences OGM, par rapport à moins de 15 euros pour 100 kilos fois de semences traditionnelles

Mais les vendeurs ainsi que les représentants du gouvernement avaient promis aux paysans qu’il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleurs plantes, sans parasites ni insectes.

En fait, dans une tentative pour promouvoir l’adoption des semences OGM, les variétés traditionnelles ont été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales.

Les autorités avaient un intérêt matériel dans la promotion de cette nouvelle biotechnologie. En essayant désespérément d’échapper à l’extrême pauvreté des années qui succédèrent à l’indépendance, le gouvernement avait accepté d’autoriser les nouveaux géants des biotechnologies comme le numéro un du marché, l’états-unien Monsanto à vendre leur nouvelles créations semencières

Déjà dans les années 80 et 90, l’Inde qui avait autorisé l’accès au marché du second pays le plus peuplé de la planète avec plus d’un milliard d’habitants, s’était vu garantir en contre-partie des crédits du fond Monétaire International, ce qui l’a aidé à lancé une révolution économique

Mais si des villes comme Mumbay et Delhi ont vécu un boum économique, la vie des paysans est retombée dans une période sombre.

Bien que la surface indienne plantée en OGM ait doublé en 2 ans – passant à 17 millions d’ha – pour de nombreux paysans, le prix à payer est terrible.

Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites, se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace.

On n’avait pas prévenu les paysans non plus que ces variétés nécessitaient deux plus d’eau. C’est ce qui a fait la différence entre la vie et la mort. Avec l’absence de pluie, ces deux dernières années, les plantes GM ont tout simplement séché et sont mortes, laissant les paysans paralysés par les dettes et sans moyen pour les rembourser.

Comme l’argent a été emprunté à des prêteurs locaux à des taux d’usuriers, des centaines de milliers de petits paysans se sont vus perdre leurs terres lorsque les semences coûteuses ont été un échec.

Dans le passé, lorsqu’une récolte était mauvaise, les paysans pouvaient toujours conserver des graines et les replanter l’année suivante.

Par contre cela n’est pas possible avec les semences GM qui contiennent la technologie « Terminator », ce qui signifie qu’elles ont été modifiées génétiquement afin que la plante ne puisse plus produire de semences viables.

De ce fait, les paysans doivent chaque année acheter de nouvelles semences au même prix exorbitant. Pour certains il s’agit là aussi de la différence entre la vie et la mort.

Prenez le cas de Suresh Bhalasa, un autre paysan qui était incinéré cette semaine, laissant derrière lui une femme et deux enfants.

Lorsque la nuit fut tombée après la cérémonie et que les voisins se regroupèrent dehors, tandis que les vaches sacrées étaient ramenées des champs, il ne faisait aucun doute pour sa famille que tous les ennuis avaient commencé au moment où on les avait encouragés à acheter du coton Bt, une plante modifiée génétiquement par Monsanto.

« Nous sommes ruinés maintenant » dit la femme du défunt, âgée de 38 ans. « Nous avons acheté 100g de coton Bt. Notre récolte a été mauvaise deux fois. Mon mari est devenu dépressif. Il est parti dans les champs, s’est allongé et a bu de l’insecticide. »

Les villageois le mirent sur un rickshaw et se dirigèrent sur des chemins ruraux cahoteux, vers l’hôpital. Alors que sa famille et les voisins s’amassaient dans la maison pour lui rendre un dernier hommage, elle racontait : « Il a crié qu’il avait pris de l’insecticide et qu’il était désolé ».

Interrogée pour savoir si le défunt était un ivrogne ou souffrait de « problèmes sociaux » comme l’affirment les responsables pro-OGM, cette assemblée calme et digne explosa de colère. Un des frères du défunt nous expliqua « Non ! Non ! Suresh était un brave homme. Il envoyait ses enfants à l’école et payait ses impôts ».

« Ce sont ces semences magiques qui l’ont étranglé. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ca nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Monsanto a reconnu que la croissance de la dette était « un facteur de cette tragédie ». Mais, en pointant sur le fait que la production de coton avait doublé ces 7 dernières années, un porte-parole ajoutait qu’il y a d’autres raisons pour la crise récente, comme « des pluies au mauvais moment » ou des sécheresses, soulignant que les suicides avaient toujours fait partie de la vie de l’Inde rurale.

Les responsables soulignaient aussi le fait que de nombreuses études d’opinions montraient que les paysans indiens voulaient des semences GM – sans aucun doute encouragés qu’ils sont par des stratégies de marketing agressive

Durant le cours de mes enquêtes au Maharashtra, je rencontrai trois observateurs « indépendants » parcourant les villages pour se renseigner sur les suicides. Ils insistèrent sur le fait que les semences GM n’étaient que 50% plus chères – mais admettaient plus tard que la différence était de 1000%.

(Un porte-parole de Monsanto insistait ensuite, affirmant que leurs semences ne coûtaient que le double du prix « officiel » des semences traditionnelles, mais admettait que la différence pouvait être beaucoup plus grande, si les semences traditionnelles étaient vendues par des marchands « sans scrupules » qui vendent souvent aussi de « fausses » semences GM qui sont sujettes aux maladies.)

Alors qu’il y des rumeurs comme quoi le gouvernement proposerait de façon imminente des compensations pour stoper la vague de suicides, de nombreux paysans disaient qu’ils ont un besoin désespéré de toute forme d’assistance. « Nous voulons juste nous sortir de nos problèmes. Nous voulons de l’aide pour que plus aucun d’entre nous ne doive mourir ».

Le Prince Charles était si frappé par la détresse des paysans qui se sont suicidés qu’il a lancé une association caritative, la Fondation Bhumi Vaardan, pour aider ceux qui sont touchés et afin de promouvoir des plantes biologiques indiennes au lieu des OGM.

Les paysans indiens commencent aussi à se battre. Alors qu’ils ont pris en hôtage des distributeurs de semences et organisé des protestations de masse, un gouvernement attaque Monsanto en justice à cause du prix exorbitant de ses semenes.

Tout cela arrive trop tard pour Shandakar Mandaukar qui devait 80 000 roupies (1 500 euros) lorsqu’il s’est suicidé. « Je lui ai dit que nous pouvons survivre » nous dit sa veuve, ses deux enfants toujours à ses côtés, alors que la nuit tombe. « Je lui ai dit qu’on trouverait un moyen de s’en sortir. Il a juste répondu qu’il valait mieux qu’il meure ».

Mais la dette ne meurt pas avec lui : à moins qu’elle ne trouve un moyen de la rembourser, elle ne pourra plus payer l’éducation des enfants. Ils vont perdre leur terre et rejoindre les hordes que l’ont voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays immense et chaotique.

Il est cruel de voir que ce sont les jeunes qui souffrent le plus de ce « génocide OGM », cette même génération censée pouvoir sortir de cette vie dure et miséreuse, grâce aux « semences magiques ».

Ici, dans la ceinture indienne des suicides, le coût de l’avenir modifié génétiquement est meurtrièrement élevé.

Source de l'article: www.amisdelaterre.org/Le-genocide-OGM.html